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Publié par Saoudi Abdelaziz

Plus de 20 ans après l'autodissolution du parti communiste italien, un nouvel appel vient d'être lancé par une centaine de responsables politiques, syndicaux et d'intellectuels pour la reconstruction du parti communiste italien. L'appel, qui se revendique notamment de la "contribution de Lenine et de Gramsci", expose les exigences fondamentales révélées par l'expérience collective depuis la dissolution du parti en 1991. Il précise notamment le rapport entre l'urgence de "donner corps à une présence unitaire à gauche" et la nécessité d'une "présence communiste autonome"

 

Deux formations étaient nées à la suite de la dissolution du PCI. D'une part, le parti démocrate de gauche, de tendance social démocrate qui se baptise Les Démocrates de gauche en 1998, puis se dissout en 2007 dans le Parti démocrate actuellement au pouvoir avec le chef du gouvernement Matteo Renzi qui mène la politique d'austérité dictée par la troïka. D'autre part, le parti de la refondation communiste (PRC) issu de l'aile gauche du PCI.

Au début de l'année 2011, plus d’un millier de militants, dirigeants et sympathisants communistes italiens avaient signé un appel sur le même thème de la « reconstruction du Parti communiste italien » après avoir dressé le bilan du parti de la Refondation communiste :

" Le projet initial de Refondation est arrivé au bout. Après la dissolution du PCI n’ont pas été posées les bases saines sur lesquels reconstruire un nouveau parti communiste à la hauteur de notre temps (...). L’absence d’une pensée forte partagée et d’un ciment idéologique suffisamment solide, a empêché ce parti de résister aux pressions causées par les grands tournants de l’histoire. Face aux demandes réitérées d’un changement de cap, le groupe dirigeant semble vouloir toujours répéter les mêmes erreurs fatales (...). Ont ainsi été ignorés les appels de simples adhérents, d’organisations du parti ou d’anciens militants et on a gommé le fait que sur cette question ont été tenues, par en bas, des dizaines et dizaines d’initiatives sur tout le territoire national. Même quand il y a eu un timide rappel lancé par certains à l’unité des communistes, cela était vécu plus comme un problème de nature organisationnelle que politique et, de toute façon, aux déclarations n’ont jamais suivi le moindre acte concret".

 

EXTRAITS DES APPELS

DE 2014

-" Face à la crise structurelle et systémique du capitalisme, la plus profonde depuis celle de 1929, qui a des dimensions mondiales et de graves répercussions également dans notre pays ; et face à l'évolution néo-centriste du Parti démocrate, qui porte l'Italie vers le modèle américain et détruit les fondements de la Constitution républicaine et anti-fasciste, il est encore plus urgent de donner corps à une présence unitaire de la gauche qui rassemble toutes ses composantes (communiste, anti-capitaliste, socialiste et anti-libérale, ainsi que les formations anti-capitalistes présentes de façon importante dans la gauche italienne, bien que non-organisées) sur un programme minimum partagé ; et qu'on reconstruise une représentation politique du monde du travail et des classes subalternes, écrasées par l'offensive de classe déclenchée depuis plus de deux décennies par le capital, national et international;

-Il est indispensable qu'à l'intérieur d'une gauche ainsi rassemblée, sous la forme d'un vaste front structuré et agissant de façon unitaire, se reconstruise et se consolide une présence communiste autonome, qui propose sa réorganisation en parti, qui sache unir dans ce processus toutes les forces communistes avec une culture politique similaire, qui de façon diverse se revendiquent, en l'actualisant, du meilleur du patrimoine politique et idéologique de l'expérience historique du PCI, de la gauche de classe italienne et du mouvement communiste international et de la meilleure tradition marxiste, à partir de la contribution de Lénine et de Gramsci. Avec une position clairement internationaliste et anti-impérialiste ; conscients que, face à un impérialiste qui vise à faire sauter la souveraineté nationale de nombreux pays pour en briser la résistance, la défense de cette souveraineté prend à notre époque une importance particulière, c'est la condition préalable à l'affirmation d'un rôle actif pour les peuples.

 

DE 2011

"Nous nous engageons à ce que soit encouragée une réflexion ouverte sur la signification de la construction du Parti, étant donné l’actuel développement des rapports de classe et internationaux, en travaillant pour rattraper le retard des vingt dernières années. Inévitable pour nous est la question de l’enracinement social et de classe des communistes, et donc d’une organisation structurée à cet effet. Nous nous proposons d’innover et de révolutionner notre façon d’agir et de penser pour affronter ainsi, finalement, des questions politiques essentielles, avant tout celle de la ligne politique et de la stratégie de transition au socialisme dans les conditions de l’ordre impérialiste mondial actuel ; la forme de parti la plus adéquate ; le modèle d’organisation ; l’auto-financement ; la communication ; le rôle des communistes dans les syndicats et dans la ré-organisation d’un syndicalisme de classe".

"Cet engagement ne contredit pas l’exigence juste et ressentie d’une plus large unité d’action de toutes les forces de gauche qui ne renoncent pas au changement, dans et hors de la Fédération de la Gauche. Il n’exclut pas non plus la recherche de convergences utiles pour endiguer la progression des forces les plus ouvertement réactionnaires. C’est dans le cadre de cette exigence d’unité d’action à gauche, certainement pas contre elle, que peut progresser et s’affirmer le processus de reconstruction d’une force communiste unitaire et indépendante. C’est-à-dire : plus un tel effort unitaire sera un succès, plus effectif deviendra le processus de reconstruction du parti communiste".

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