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Publié par Saoudi Abdelaziz

La campagne du Front des Forces socialiste (FFS) en faveur de la construction d'un "nouveau consensus national" se place de plus en plus au centre des débats politiques. Cependant, si la classe politique connaît un coup de chaud, c'est jusqu'ici l'expectative parmi les Algériens aspirant à un changement durable. Le FFS leur a certes lancé un appel à s'engager dans le débat, mais sans accompagner cet appel d'initiatives publiques, au delà des tractations au sommet. Le point sur les premiers avis contradictoires. A suivre.

 

"Par cette action, le FFS fait le jeu du pouvoir" affirmait vendredi 24 octobre Sofiane Djilali, le médiatique membre de la CNLTD, une coordination de partis et personnalités de l'establishment comprenant d'anciens premiers ministres et membres de partis de gouvernement dans les années 90 et 2000. Le CNLTD, qui s'inscrit dans l'option de "transition radicale" inspirée par le "DRS historique", refuse d'associer la Présidence de la république à l'élaboration du consensus national nouveau, comme le préconise le FFS. Le chef de Jil El Jadid pousse loin le bouchon en accusant le FFS de devenir "un instrument de l’Etat'". Il préfère une alternative de rupture, en expliquant que " le collectif de l’opposition est arrivé au stade d’une maturation avérée malgré la diversité de ses courants politiques". El Watan s'empresse de faire la une de ce désaccord : "La CNLTD tourne le dos au FFS La conférence du consensus compromise".

 

Maâmar Farah, ne croit pas à la réalité de cette "maturation" d'une alternative dans son billet du Soir d'Algérie intitulé "Quand le FFS innove",

"Le blocage actuel vient du fait qu'il n'existe pas de solution prête à l'emploi, de formule magique à nos nombreux et inextricables problèmes. Souffler dans le feu de la contestation violente, c'est revenir en arrière et risquer gros (...). Que faire alors ? Il nous faudra peut-être inventer de nouvelles formules, défricher de nouveaux chemins, sonder des espaces inexplorés. En tout cas, il faut abandonner les vieux sentiers. La sortie du FFS peut choquer certains mais elle a justement le mérite d'innover et c'est peut-être par là qu'il faudra passer pour éviter à notre pays de sombrer".

"Vous avez dit «radical» ?" titre l'éditorial de K. Selim dans le Quotidien d'Oran .

"Comment changer ? Il n'existe pas mille possibilités. Il y a l'option radicale qui consiste à imposer ce changement au pouvoir voire de renverser ce dernier. Cela suppose que l'on a la capacité de mobiliser la population pour engager le bras de fer. Objectivement, aucune force ne peut prétendre, aujourd'hui, être en mesure d'engager une mobilisation forte de la population. Le «radicalisme» du discours de certains responsables de la CNLTD est d'ailleurs immédiatement atténué par un discours «responsable» selon lequel on ne prendra pas le risque d'appeler à la confrontation. Retour donc à la case départ : discours radical, oui, mais pas d'action radicale. Comme si l'on attendait un «miracle politique» où subitement le régime accepterait l'application des dispositions de l'article 88 sur l'empêchement.(...)
On peut penser, et cela n'a rien d'une insulte, que le FFS court derrière une illusion, mais est-ce une raison de lui reprocher avec virulence d'essayer de creuser une brèche dans l'impasse ? Comme si sa tentative de faire quelque chose, après des décennies d'opposition démocratique «pure et dure», était si gênante au point de devenir un motif supplémentaire pour d'autres de publier des communiqués «radicaux» et... de ne rien faire".(Editorial du Quotidien d'Oran).

"Toute initiative est louable et aucune n'est récusable" affirme Mouloud Hamrouche, le samedi 25 octobre. Sans mentionner directement la déclaration d'hostilité de la CNLTD qui a assimilé la démarche du FFS à une "manœuvre du pouvoir", sa déclaration publique met en avant la situation de fragilité généralisée qui doit pousser les algériens à avoir des approches nouvelles et consensuelles avec la participation du pouvoir, de l'opposition et la "garantie" de l'armée. L'ancien chef de gouvernement a commencé d'emblée sa déclaration par un "hommage appuyé" à Hocine Aït Ahmed, saluant le "rôle de premier plan" joué par le FFS "dans l’animation du débat politique et la mise en perspective démocratique du pays".(Source: Huffpost-Algérie)

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