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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Pierre Sarton du Jonchay*, 15 octobre 2014

Le plus important est ce qui n’est pas montré dans les média et qui pourtant se démontre par structuration analytique des faits anthropologiques, économiques et religieux. Le plus frappant est l’hyper-modernité du fonctionnement de Daesh.

C’est une entreprise de business qui maîtrise tout le spectre technique et idéologique de la programmation neurolinguistique. Le TINA avec les têtes coupées, les images et le catéchisme pour bien imprimer la réalité dans les esprits spéculaires ramollis.

Le rôle trouble de la Turquie montre bien que Daesh prospère au cœur de la contradiction que le monde libéral cultive entre le réel et l’imaginaire, entre l’économique et le religieux, entre la loi et la morale, entre le capital et la monnaie. La Turquie n’ayant pas organisé sa propre diversité nationale entre Ottomans, Anatoliens, Arméniens, Grecs et Kurdes ne sait pas opérer une distinction entre Daesh arabe, Daesh sunnite ou Daesh entreprise terroriste multinationale à but lucratif.

Même problème pour la coalition politico-entrepreneuriale de l’établissement militaro-industriel internationaliste et du gouvernement de Bagdad. Tout s’achète et tout se vend en Irak avec les dollars anonymes des marchands d’armes, de pétrole et de marketing religieux. Daesh est un joueur plus fort que les autres avec des arguments et des techniques un peu plus poussés. Le soi-disant Etat islamique sait parfaitement qu’une base territoriale avec une population idéologiquement et matériellement bien encadrée par des manageurs formés et rémunérés est tout ce qu’il faut pour créer des flux de dollar dont la légalité est structurellement invérifiable.

Les gesticulations de l’union dépolitisée des Européens sont ridiculisées. L’Europe kantienne privée de main bavarde dans des conférences, livre des armes au hasard contre commissions occultes et tire quelques missiles sur des « concentrations de djihadistes » dans le désert. Le b-a-ba d’une vraie pacification de la région serait d’assécher financièrement le marais de la corruption et du clientélisme. Mais une telle politique exigerait en Occident de vrais États contrôlant la circulation monétaire dans des marchés structurés par des souverainetés et des institutions démocratiques de délibération du bien commun.

Source: http://www.pauljorion.com

 

*Pierre Sarton du Jonchay est consultant en économie de la décision et en organisation financière depuis novembre 2008. Diplômé de l'École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales, son expérience a débouché sur une recherche fondamentale sur les causes et les issues de la crise financière en cours. Il propose une reformulation de la théorie politique de l'économie, de la finance et du prix sur le modèle aristotélicien actualisé de la valeur. La thèse est exposée dans un ouvrage paru en février 2011, Capital, crédit et monnaie dans la mondialisation, économie de vérité, L'Harmattan, Paris.

 

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