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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dessin de Bleibel.

 

Pourrons-nous sortir aussi de l'ornière? 

 

"Une voie s'ouvre écrit Kamel Daoud. Cela donnera des idées, bonnes, aux islamistes de bonne foi qui, peut-être, comprendront que participer c'est plus rentable que d'imposer. De l'espoir aux pessimistes qui, après un siècle, ont conclu que rien ne sert à rien et que tout sert aux islamistes ou aux militaires. Et de la lumière aux obscurités qui montent, dans nos âmes. Une chance est donnée, à partir de l'angle tunisien. On va l'apprécier avec enthousiasme et lucidité. On ne va pas cracher sur l'aube et sa clarté. La Tunisie a inventé le made in de la révolution. Elle invente celui de la solution. On admirera ce pays, sauvé ou en voie de l'être. Par les siens. Par Bourguiba. Par ce détail qu'il n'a pas d'armée sur le dos qui marque ses espoirs. Il servira d'arguments contre les esprits noirs, contre nos pessimismes et contre nos régimes qui nous vendent l'immobilité comme stabilité et la peur comme menace. Il montre, surtout, que les progressistes, les laïcs et les gens, autres, ne sont pas, tous, assis à regarder se coucher le soleil de leurs espoirs et à analyser, sans fin, la défaite ou la fatalité. Un pays dit arabe est vivant. Là, aussi, je rêve d'être Tunisien. Malgré mes lucidités pesantes".

"Et, nous, nous attendons toujours la formule du Graal... observe  Mustapha Hammouche. Non, en fait, nous n’attendons plus rien. Sinon la prochaine augmentation, pour les uns ; la prochaine affaire, pour les autres. Nous n’avons plus les aspirations d’un peuple mais les ambitions de spéculateurs, réglées sur le prix du baril, le taux de l’euro, le niveau des réserves. En vingt-cinq ans “d’expérience démocratique”, et pour deux cent mille morts et des centaines de milliards dilapidés, nous avons réussi à retourner à… avant la case départ ! En termes de navigation à contre-courant de l’Histoire, nous aurons réalisé une performance ! Eût-il fallu beaucoup de motivation à beaucoup de forces politiques pour réussir un tel gâchis ? Le regret — et la honte — de notre échec… justifie bien le plaisir de saluer le succès tunisien.

Le sourire du «perdant»

"Pourquoi un parti comme Ennahda perd-il la première place dans l'échiquier sans perdre son flegme et son sourire ? s'interroge K. Selim. Sans doute parce qu'il y gagne quelque chose de plus important : de la crédibilité démocratique. On ne peut refaire l'histoire, mais il aurait manqué à l'Algérie après octobre 1988 un dirigeant islamiste de l'intelligence de Rached Ghannouchi. Entre un Abassi Madani, aveuglé par l'effet foule et un Mahfoud Nahnah, à l'image déjà trouble dans la masse, il a manqué un Ghannouchi où l'affirmation d'une identité «islamiste» ne fait pas perdre le souci de prendre en compte les frayeurs des autres couches sociales(...). La Tunisie n'est pas un «modèle» mais elle envoie un message clair : on peut changer de régime et passer à un autre niveau de développement politique et historique d'un pays grâce à la «politique».

Dessin de Bleibel.

Dessin de Bleibel.

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