Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Les brigades anti-émeutes protestent dans les rues. D'abord désarçonnés par ce mouvement inédit, les journalistes partagent généralement un constat des citoyens : ce mouvement exprime un ras-le-bol légitime. Il pourrait même favoriser la solution de la crise dans le M'zab. Mais ceci est une autre affaire.

A Ghardaïa, foyer de la contestation des brigades anti-émeute, après quatre heures de négociation entre les protestataires et le ministre de l'intérieur, le gouvernement acceptent les revendications "socioprofessionnelles" des policiers et s'engage à ne pas sanctionner les manifestants. (Lire la dépêche de l'APS)

Hier, après l'extension du mouvement à la capitale, Abdou Semmar évoquait sur Le site Algerie Focus l'éventualité d'un complot au sein même du pouvoir contre le général Hamel, chef de la DGSN. Il écrit notamment : " Le ministre de l’Intérieur a-t-il donc joué un rôle dans ce brusque mouvement de contestation ? La question mérite d’être posée. Quoi qu’il en soit, il n’en demeure pas moins qu’il est fort possible qu’un malaise social règne au sein de la police algérienne. Les policiers algériens peuvent défendre des revendications socioprofessionnelles légitimes. Mais cette soudaine protestation publique soulève vraiment de nombreux doutes. Que se passe-t-il réellement au sein de la Police algérienne ?"

Piochant dans la même veine, la rédaction du site TSA donne la parole au chef du parti RCD Mohcine Belabbas : " L’organisation d’une telle manifestation ne peut pas se faire dans la discrétion. Je dis qu’il y a une manipulation parce qu’il y a des renseignements généraux qui pouvaient avoir l’information à temps. Parce que nous sommes dans un pays où le DRS est présent partout et il pouvait avoir cette information. Donc, soit ces services l’ont eue et ils ont laissé faire, ce qui est dangereux. Soit ils ne l’ont pas eue et c’est encore plus grave. Réussir une manifestation suppose une préparation sérieuse pendant au moins quelques jours".

"Les policiers brûlent le feu rouge" titre l'édito d'El Watan. Omar Berbiche écrit dans le même sens mais plus prudemment: "Si la légitimité des revendications des agents en colère ne souffre aucune contestation pour les citoyens, qui mesurent le poids de la responsabilité des policiers en poste dans une région sensible comme Ghardaïa, transformée en poudrière, il reste à savoir pourquoi la voie du dialogue social interne à ce corps constitué n’a pas été exploitée comme cela aurait dû l’être, s’agissant d’une profession dont la discrétion et la discipline sont censées être des vertues premières".

Maamar Farah dans le Soir d'Algérie ne croit pas au complot : "Je reste persuadé que ce mouvement n’a rien à voir avec la guerre des clans et qu’il exprime plutôt un ras-le-bol généralisé des services de sécurité (...). A ce titre, il devient urgent de doter la police d’un syndicat qui œuvrerait dans la légalité pour permettre à ce corps de défendre les droits élémentaires de ses membres, et de ne plus avoir recours à la rue".

Pour la rédaction de Maghreb Emergent , la détérioration de la situation au M'zab " semble avoir eu raison du moral des troupes de la DGSN qui ne voient pas d'issue à cette crise devant les échecs répétés des politiques pour ramener les deux communautés au calme et l'absence d'une décision forte du Président de la République, physiquement réduit par l'âge et les ennuis de santé".

Dans le quotidien Liberté, Karim Kebir écrit : "En brisant le mur de la peur, à travers une action inédite, les policiers déployés dans la région du M’zab, en proie à un interminable cycle de violences lié au conflit communautaire dans la région, viennent, sans doute, de mettre à nu les limites d’une gestion sécuritaire d’un problème profond et complexe. Les policiers, qui ont crié leur ras-le-bol, ne l’ont pas fait seulement pour réclamer l’amélioration de leur situation socioprofessionnelle, dénoncer leurs conditions de travail, mais aussi parce qu’ils sont soumis au quotidien à une pression terrible". 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article