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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mohamed Achir est professeur d'économie à l'université de Tizi-Ouzou. Photo DR

"Pourquoi le FMI ne recommande pas au pays en voie de développement d’avoir des institutions économiques et politiques en mesure de mener un développement inclusif qui valorise les spécificités de chaque territoire ? Les politiques de développement économique ne doivent-elles pas être conçues localement ? D’autant plus que les pays comme l’Algérie ne sont plus dépendants des bailleurs de fonds étrangers".

 

L’Algérie et la boite à outils du FMI

Par Mohamed Achir; 19 octobre 2014

 

Le FMI ne cesse de rappeler à l’Algérie la vulnérabilité de son économie et le risque de se retrouver à moyen terme dans un déséquilibre macroéconomique. La mission du FMI guidée par l’économiste Zeïne Zeïdane, qui a séjourné en Algérie le mois de septembre dernier, avait souligné la vulnérabilité structurelle de l’économie algérienne notamment, sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, tout en annonçant l’accentuation des déficits courants de la balance des paiements de l’année en cours et le repli de fonds de régulation des recettes (FRR), destiné à combler annuellement le déficit budgétaire.

Les remarques du FMI sont non seulement devenues rhétoriques mais problématiques lorsqu’il recommande à l’Algérie d’investir davantage dans les hydrocarbures, indirectement dans le gaz de schiste, le ciment et dans toutes les matières premières disposant des avantages comparatifs. C’est en quelque sorte une diversification qui ne remet pas en cause la traditionnelle division internationale du travail, dont la production des énergies non renouvelables est réservée au pays du Sud. La nouvelle « khemassa » internationale commence, donc, à prendre forme avec une incitation forcée à  l’exploitation du gaz de schiste et à l’investissement dans les industries polluantes.

Il n’est un secret pour personne que les conseils standards relevant de la boite à outils du FMI, dominés par le consensus de Washington qui rappelle souvent les Etats à plus de rigueur budgétaire et à la décélération de l’inflation, sont produits par la pensée économique néolibérale. Cette dernière est, certes, récompensée assez souvent par le prix Nobel d’économie (l’économiste libéral français Jean Tirole lauréat de cette année).

A souligner aussi que les pays pétroliers disposant des capacités financières comme l’Algérie, l’institution de Bretton Woods leur conseille des projets grandioses et couteux conçus par des technocrates étrangers et offrant un bon carnet de commandes au profit des multinationales. L’Algérie est un pays fournisseur traditionnel d’énergie, mais aussi ses réserves financières doivent servir de relais dans une chaine de distribution des multinationales. Cela explique aussi le volume des importations des biens et des services et les transferts des dividendes des multinationales qui ont dépassé les 70 milliards de dollars pour l’année 2013(55 Mds de dollars d’imploration des biens et 12 Mds de dollars d’imploration des services).

Pourquoi le FMI ne recommande pas au pays en voie de développement d’avoir des institutions économiques et politiques en mesure de mener un développement inclusif qui valorise les spécificités de chaque territoire ? Les politiques de développement économique ne doivent-elles pas être conçues localement ? D’autant plus que les pays comme l’Algérie ne sont plus dépendants des bailleurs de fonds étrangers.

Alors que le plan Marshal a été conçu par les gouvernements d’après-guerre élus démocratiquement, il est utile de rappeler au FMI que les gouvernements faibles des pays du Sud agissent en bon élève et appliquent, sans contestations, leurs recettes. Le FMI ne demande pas à ces gouvernements de consulter leurs peuples respectifs par rapport aux recettes administrées par son département économique. C’est le traitement de choc qui est privilégié.

Source: http://www.libre-algerie.com

Photo DR

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