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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Les écrits restent". C'est le crédo affiché au fronton du blog du journaliste- politologue Abed Charef. Prenons-le au mot.

 

L’Algérie échappe à l’’entonnoir libyen. C'est le titre du dernier article de son blog, repris le 25 septembre dans le Quotidien d'Oran. Il y affirme : "L’Algérie a réussi, avec beaucoup de tact et de patience, à éviter le piège libyen. Elle a résisté à la tentation interventionniste, évitant ainsi de se laisser aspirer par l’entonnoir installé à ses frontières(...)  'Il n’était pourtant pas difficile de prévoir que la situation allait se retourner pour conforter la position algérienne. Pour une raison simple : aucune intervention étrangère dans le monde arabe n’a débouché sur une démarche constructive ou une issue positive".

 

Dans cet article aucune trace de mea culpa. Pourtant, depuis le début de l'année, Abed Charef ne ratait aucune occasion pour préconiser l'envoi de nos djounouds guerroyer en Libye. C'était alors le politologue le plus actif-avec ses confrères d'El Watan-, dans la campagne médiatique préconisant l'intervention de l'ANP. 

Relisons son article du 20 mai 2014, repris dans le Quotidien d'Oran, intitulé "La non-intervention, une doctrine militaire éculée et paralysante (1)"

"Face au chaos libyen, à l’instabilité au Sahel et aux nouvelles menaces sécuritaires qui s’installent, l’Algérie est contrainte de réviser, dans le feu de l’action, une des doctrines de base de l’ANP, celle selon laquelle l’armée algérienne n’intervient pas hors de ses frontières (...). Cette politique a déjà coûté trop cher au pays, et comporte des risques énormes, en plaçant l’armée algérienne dans une situation où elle serait systématiquement obligée de réagir après avoir subi des coups, sans jamais anticiper pour influer sur le cours des évènements. Héritée d’un autre temps, lorsque l’armée algérienne était une armée de libération, cette doctrine pouvait se justifier dans une certaine conjoncture. Elle pouvait même être brandie comme un acte de paix par un pays encore fragile, en construction, et qui avait connu une véritable saignée lors de la guerre de libération. Mais pour un pays qui se veut puissance régionale, acteur incontournable dans sa sous-région, continuer à paralyser l’armée par un choix aussi étroit est devenu un non-sens".

Le lendemain il enfonçait le clou sous le titre " La non-intervention, une doctrine militaire éculée et paralysante: 2. Les préalables au changement de doctrine militaire" on peut lire « En affirmant que l’ANP ne sortira pas des frontières, on cache en réalité une paralysie de l’appareil militaire, incapable de sortir des sentiers battus ». Pour cet officier, « se réfugier derrière la non intervention est une situation confortable, mais stérile ». Un chef d’Etat en pleine forme, s’appuyant sur un état-major jeune et innovateur, et une diplomatie audacieuse, aurait probablement donné un autre cours à l’évolution de la situation en Libye et, par ricochet, dans le Sahel. Des anciens diplomates et des officiers supérieurs à la retraite n’hésitent pas à le dire en privé".

 

 

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