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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

"Les experts du CRAAG ont-ils raison, en voulant rassurer, de préciser que la sismicité qui concerne notre pays est plutôt modérée ? Leurs propos peuvent avoir pour effet de minimiser le risque et d’enlever à la politique de prévention son caractère urgent".

 

Par M'hamed Rebah, 2 août 2014

 

Après la secousse tellurique qui a frappé Alger, hier matin, les experts algériens ont, à nouveau, insisté sur cette donnée permanente que constitue le risque sismique dans le nord du pays, une sismicité connue depuis 1365, date du séisme qui détruisit la ville d’Alger. En même temps, soulignent les experts, le tremblement de terre est le risque majeur et le plus important en Algérie.

Deux désastres suffisent à le prouver : celui provoqué par le séisme d’El Asnam du 10 octobre 1980 et celui, plus récent, du 21 mai 2003, à Boumerdès à l’est d’Alger. Mais, les Algérois ne s’attendaient certainement pas à connaître une situation d’une aussi grande frayeur, que celle qu’ils ont vécue hier matin. L’épicentre n’a jamais été situé aussi près du milieu urbain, dans la capitale. Il faut savoir que sur les dix derniers tremblements de terre enregistrés depuis le 10 mai dernier, celui d’hier est le seul à avoir été ressenti dans la capitale, avec une magnitude plus élevée que celle des autres tremblements de terre dont, par ailleurs, la localisation ne surprend pas : Chlef (le 5 juin et le 3 juillet),  Khemis Miliana (le 25 juin), Aïn Témouchent (le 8 juin), Mostaganem (le 22 mai, épicentres sur deux sites à des heures différentes), wilaya de Sétif (31 mai), wilaya de Khenchela (25 mai). 

La frayeur des Algérois est parfaitement justifiée : le tremblement de terre en milieu urbain est considéré comme une «méga-catastrophe». C’est pourquoi les experts mettent l’accent –sont-ils écoutés par les autorités concernées ? – sur la politique de prévention qui repose sur une bonne évaluation de l’aléa sismique, une réduction de la vulnérabilité du bâti et particulièrement du vieux bâti et une bonne résilience. Ils exhortent les planificateurs et les promoteurs à oublier le littoral, qui est devenu presque l’unique espace d’urbanisation et à redéployer la politique d’occupation du territoire – les activités et les lieux d’habitation – vers les Hauts-Plateaux et le Sud moins vulnérables. Pour le moment, le plus urgent, dans cette prévention, et les autorités semblent l’avoir compris, est le relogement des habitants qui occupent des logements vulnérables aux secousses. C’est une question à prendre très au sérieux et à inscrire en priorité dans l’action des collectivités locales, quitte à renforcer leurs capacités humaines, dont tout le monde a pu constater qu’elles sont très insuffisantes.

Après l’alerte d’Alger d’hier, les élus et gestionnaires locaux devraient se convaincre qu’il n’y a pas plus urgent que de mettre en application la politique de prévention qui permettra d’éviter la méga-catastrophe en cas de séisme plus fort. Les experts du CRAAG ont-ils raison, en voulant rassurer, de préciser que la sismicité qui concerne notre pays est plutôt modérée ? Leurs propos peuvent avoir pour effet de minimiser le risque et d’enlever à la politique de prévention son caractère urgent. Or, c’est par cette prévention que passe la réduction du risque qui permet d’éviter le maximum de victimes et pertes matérielles. Ce qui s’est passé hier montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour expliquer à tous, citoyens et responsables locaux et centraux, les différentes mesures à prendre avant, pendant et après un séisme ou, d’ailleurs, toute catastrophe, qu’elle résulte d’une calamité naturelle ou d’un risque industriel ou technologique. L’épicentre en mer fait penser au tsunami. En novembre 2012, l’Algérie avait participé à un exercice de tsunami concernant la Méditerranée dans le cadre du Système d’alerte aux tsunamis, mis en place en novembre 2005 et supervisé par la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco. L’objectif était de tenter d’évaluer la diffusion d’alertes nationales et locales et les mécanismes d’intervention mis en place par les services de la Protection civile dès la réception (15 minutes après le séisme) d’une alerte au tsunami.
Cet exercice avait été suivi par une vraie secousse tellurique qui a frappé la wilaya de Béjaïa, dans la première heure (00h15) du jeudi 29 novembre 2012 avec une magnitude de 5,01, semant la panique dans la population. L’épicentre du tremblement de terre était, comme hier, localisé en mer à 9 km au nord-est de Béjaïa, mais la magnitude heureusement trop basse pour déclencher un tsunami.

Source: Reporters-dz

Risques sismiques. L'alerte d'Alger, une incitation à la prévention
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Djazairi 04/08/2014 05:01

L'impotance du risque sismique depend de l'alea, de la vulnerabilite du bati et de la concentration des habitants. Dans ce cas la ville d'Alger court un grand risque meme si l'alea est modere, a cause du nombre d'habitant eleve par rapport aux autres villes. Allah yestor