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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au cours du dernier conseil national du FFS, Mohand Amokrane Cherifi, membre de l’Instance présidentielle de ce parti a présenté un rapport intitulé "Modèles internationaux de consensus".

 

cherifi

EXTRAITS

L’exemple le plus instructif au Maghreb est celui de la Tunisie. Depuis la chute du régime, les partis qui ont émergé lors de l’élection de l’Assemblée Constituante ont réussi à s’entendre sur la rédaction d’une Constitution consensuelle, sur le calendrier des élections législatives et présidentielles et sur la composition d’un gouvernement intérimaire chargé, d’ici là,  de gérer les affaires courantes et d’organiser ces élections.

Le modèle Tunisien

Le modèle tunisien nous interpelle à plus d’un titre. Le consensus  national en Tunisie, qui est l’oeuvre des partis arrivés au pouvoir,  demeure fragile. L’intérêt est d’en mesurer les succès et les limites pour en tirer les enseignements.

Selon le dernier communiqué (n° 37 daté du 5 juin 2014), du Crisis Group, un groupe d’experts internationaux chargés des analyses de crises, ce consensus risque de volet en éclat après ces élections. Selon ces analystes, de juillet à décembre 2013la Tunisiea connu une crise politique dont les éléments de sortie n’étaient pas fournis d’avance, mais dont l’issue était assez claire : violences ou compromis. Depuis la promulgation dela Constitutionet la nomination d’un gouvernement indépendant dit de technocrates, remplaçant la troïka emmenée par le parti islamiste An-Nahda, en janvier 2014, le pays est entré dans une nouvelle phase de transition. Si celle-ci semble moins agitée que la précédente son issue demeure tout aussi incertaine. L’enjeu de la période actuelle est de prolonger le consensus issu du dialogue national et de préparer le prochain rendez-vous électoral, qui va suspendre en partie le compromis, tout en prévenant le retour à la polarisation. Plutôt que de se concentrer de manière exclusive sur un partage du pouvoir qui implique l’équilibre électoral entre islamistes et sécularistes, les forces politiques devraient aussi envisager les scénarios les plus inattendus, s’entendre pour limiter le pouvoir des gagnants et garantir la sérénité des perdants.

Toujours d’après même analyse, les élections présidentielles et législatives censées se tenir avant la fin de 2014 selon les dispositions transitoires de la Constitution pourraient, en effet, engendrer nombre de laissés pour compte et produire une majorité suffisante pour qu’islamistes et sécularistes constituent un front excluant l’autre. Dans ce cas, les résultats pourraient être remis en cause et la polarisation extrême ressusciter, malgré le caractère consensuel et démocratique de la nouvelle Constitution.

Si les chefs des principaux partis affirment que les résultats du scrutin seront équilibrés, dans le même temps nombre d’islamistes estiment qu’ils récupéreront le pouvoir après les élections à la tête d’une nouvelle coalition gouvernementale, pendant que certaines franges sécularistes comptent sur le gouvernement du nouveau Premier Ministre, Mehdi Jomaa, pour « désislamiser » l’administration- suffisamment du moins, pour que le prochain rendez-vous électoral leur apparaisse crédible et équitable.

Ce qui est constaté par ailleurs est que la scène politique est en pleine mutation et l’alliance  envisagée par les deux principales formations, l’islamiste An-Nahda et le séculariste Nida Tounes, pourrait entraîner, à l’issue des élections, la marginalisation de nombre de partis et personnalités politiques. Quant au scénario d’une large alliance parlementaire intégrant les représentants des organisations les plus importantes, celui-ci implique un résultat électoral équilibré entre islamistes et sécularistes, qui est, pour l’heure, hypothétique.

Plusieurs difficultés pourraient, en effet, remettre en question ces scénarios de coalition et d’équilibre des forces, notamment la reproduction des grandes lignes du code électoral de 2011 qui avait encouragé l’inflation des listes électorales et bénéficié au camp islamiste resté uni ; la précarité de la situation économique, sociale et sécuritaire ; désaffection à l’égard du politique et donc un fort taux d’absentéisme ; et la diminution des capacités d’encadrement des partis et de la centrale syndicale.

Ceci devrait inciter les grandes forces politiques à conserver l’esprit de compromis de la dernière sortie de crise tout en acceptant la compétition politique. Elles devraient également se rassurer mutuellement à propos de la transparence du scrutin et s’accorder sur les règles minimales d’acceptation réciproque ainsi que des objectifs politiques extraconstitutionnels, notamment économiques et sécuritaires. Enfin réfléchir aux règles du jeu de gouvernance quelles que soient l’issue des prochaines élections permettant de rassurer chaque camp et d’ancrer la stabilité politique dans une optique de démocratisation de l’Etat plutôt que de calculs de partage de pouvoir.

Source : http://www.ffs-dz.net

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