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Publié par Saoudi Abdelaziz

David Hearst, éditorialiste au Guardian et rédacteur en chef du Middle East Eye, dans lequel il écrit :"Ce n’est un secret pour personne que l’assaut sur Gaza est l’œuvre du palais royal. Bien avant l’Égypte, l’Arabie Saoudite avait cherché à asséner un coup à la résistance à Gaza, afin qu’elle se résigne à accepter les conditions d’un cessez-le-feu, et, dans la foulée, l’initiative de paix arabe".

 
Par Ali Anouzla, 1er août 2014

 

Trois semaines après le début de l’assaut israélien sur la bande de Gaza, et contrairement à la coutume, l’Arabie Saoudite semble réduite au rôle d’un spectateur muet en dépit des centaines de morts et des milliers de blessés, pour la plupart des femmes et des enfants. Tout au plus, Riad s’est-elle contentée, aux premiers jours de l’offensive d’encourager l’initiative égyptienne en faveur d’un cessez-le-feu et de l’envoi d’une aide matérielle aux Palestiniens. Deux semaines plus tard, en guise de réaction officielle, le royaume wahhabite condamnait ce que son représentant à l’ONU dépeignait comme « d’abjects crimes de guerre ».

 Haro israélo-saoudien sur le Hamas

Mais ce que la position officielle n’a jamais voulu exprimer, la presse s’en est expressément chargée en imputant au Hamas la responsabilité de l’offensive israélienne sur l’enclave palestinienne. Ainsi, le quotidien « Riad » écrivait que le véritable problème n’était pas tant l’hostilité de l’état hébreu, mais plutôt l’absence de dialogue inter-palestinien. En tuant les trois adolescents israéliens, Hamas, qui avait la possibilité de les monnayer contre la libération de milliers de prisonniers, a offert à Israël le prétexte qu’elle attendait pour fondre sur Gaza. Dans le même ordre d’idées, alors qu’Al Watan mettait en cause le rejet par les brigades Al Qassam de l’initiative du Caire dans l’intervention israélienne, Okaz incriminait le Hamas, dont les initiatives ont servi les desseins d’un ennemi, à l’affût du moindre prétexte.

Cette campagne massive de la presse Saoudienne contre le Hamas n’est pas nouvelle. Les relations entre ce dernier et Riad sont au point mort depuis l’échec en 2007 des « Accords de la Mecque » que l’Arabie saoudite impute au mouvement islamiste. L’arrivée des frères musulmans au pouvoir en Égypte a aggravé la situation. Le Hamas étant lui-même issu de ce mouvement, classé organisation terroriste par l’Arabie saoudite.

Cette prise de position vis-à-vis du Hamas rejoint, en tous points, celle de Shimon Peres quand il affirme qu’Israël ne représente désormais plus une menace pour les pays Arabes, mais que c’est le terrorisme arabe et, essentiellement le Hamas, qui pose problème à l’Égypte. En février 2014, l’ex-président israélien -prix Nobel de la paix- publiait une tribune dans le Yediot Aharonot dans laquelle il saluait « la guerre déclarée par l’Égypte contre le Hamas à Gaza » avant de renchérir « dans cette guerre, nous ne sommes plus seuls ».

A toutes ces postures viennent s’ajouter les révélations de David Hearst, éditorialiste au Guardian et rédacteur en chef du Middle East Eye, dans lequel il écrit :

"Ce n’est un secret pour personne que l’assaut sur Gaza est l’œuvre du palais royal. Bien avant l’Égypte, l’Arabie Saoudite avait cherché à asséner un coup à la résistance à Gaza, afin qu’elle se résigne à accepter les conditions d’un cessez-le-feu, et, dans la foulée, l’initiative de paix arabe".

 Une vilaine surprise nommée résistance

Mais les concepteurs de l’assaut avaient sous-estimé la capacité de résistance dont le Hamas allait faire preuve. Au point que le roi Abdallah aurait, selon des sources saoudiennes, sommé l’Émir du Qatar Tamim Al Thani, à laisser à l’Égypte le soin de gérer le retour au calme, le Caire ayant déjà pris l’initiative d’un appel à la trêve, aussitôt rejeté par le Hamas. Les dirigeants égyptiens n’hésitent désormais plus à pointer du doigt la responsabilité de Doha, dans l’échec de leur initiative, motivé, selon eux, par une volonté d’interdire à l’Égypte d’Abdelfattah Al Sissi de revenir au-devant de la scène régionale. Hamas justifie, pour sa part, son refus de l’accord par son éviction des négociations préliminaires, tout comme l’ont été les Palestiniens et plus particulièrement les mouvements de la résistance. Autant d’éléments qui, ajoutés au timing et au feu vert donné à l’offensive, confortent l’idée qu’un axe Riad-Le Caire-Tel-Aviv existe bel et bien, fondé sur la détestation commune aux trois capitales des frères musulmans et du Hamas.

Debka, un site électronique d’information, proche des services secrets israéliens, affirme dans son édition du 15 juin, que le président Égyptien a donné son accord de principe à l’offensive israélienne, en représailles au soutien du Hamas aux Frères Musulmans, après le coup d’État militaire du général Al Sissi, contre le président Mohamed Morsi. Mais, précise l’article, le président égyptien a dû attendre le consentement de l’Arabie Saoudite et des Émirats, les deux bailleurs de fonds de son régime et de son armée, avant de donner son consentement à Israël. Le même journal revient à la charge le 8 juillet, avec des révélations, selon lesquelles Israël n’aspirait pas seulement à obtenir une approbation égyptienne, mais « avait espéré une entraide de l’Égypte contre le Hamas », entendez par là que l’Égypte s’implique directement dans les opérations militaires.

 Les ennemis de mes ennemis…

Dans son article, David Hearst livre également d’autres révélations : « Les responsables du Mossad, et ceux des services secrets saoudiens ont pris l’habitude de rencontres régulières. Les deux services s’étaient concertés, peu de temps avant la destitution du précèdent président Mohamed Morsi. En symbiose sur le dossier iranien, ils ont également mis au point un scénario de frappes des centrales nucléaires iraniennes avec utilisation d’une base aérienne saoudienne… ». Et l’auteur de s’interroger sur « ce qui motive Israël et Arabie Saoudite à collaborer ensemble », avant d’apporter sa propre réponse : « Les deux pays ont des ennemis communs comme l’Iran, la Turquie, le Qatar, ainsi que le Hamas, et les frères musulmans, partout où ils se trouvent ». En guise de preuve de cette collaboration, l’auteur cite l’article du prince Tourki Al Fayçal, l’ex-chef des services de renseignements Saoudiens, paru dans le Haaretz, deux semaines seulement avant le Raid sur Gaza et dans lequel il renvoie dos à dos, les deux peuples, dont il dit qu’ils vivent une « tragédie humaine », « les Palestiniens vivant sous la botte d’un occupant tyrannique, position inconfortable campée par les Israéliens. Avec le temps, les deux protagonistes risquent de s’acheminer vers un isolement sur la scène internationale ». Un parallèle entre le bourreau et sa victime qui rappelle en tous points, « l’initiative Egyptienne » à laquelle s’accrochent, malgré son rejet par les Palestiniens, Le Caire et Riad, dans le sombre rôle qui est désormais le leur (...)

 

Source : http://nawaat.org

Traduit de l'arabe par Salah Elayoubi

 

Photo DR

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