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Publié par Saoudi Abdelaziz

Extraits du livre-événement de Cécile Duflot, dirigeante des Verts et ancienne ministre de François Hollande

 

« En politique, j’ai une boussole, elle se résume en trois injonctions : n’oublie jamais qui t’a élue, pourquoi et pour quoi faire. Or, pour moi, François Hollande a oublié ceux qui l’ont porté à l’Élysée, a peu à peu tourné le dos à l’aspiration à plus d’égalité et de justice sociale qui a entraîné son élection et n’a pas tenu ses engagements. » 

« J’ai fait le même chemin que des millions de FrançaisJ’ai voté Hollande, cru en lui et été déçue. Mais je suis allée plus loin que tous ses électeurs découragés. J’ai essayé de l’aider à tenir ses promesses, de l’inciter à changer la vie des gens, de le pousser à mener une vraie politique de gauche. Et j’ai échoué. Alors je suis partie. » 

 « Au fond, rigueur et écologie, austérité et environnement ne peuvent pas faire bon ménage (…) Je crois que nous avons perdu deux années fondamentales. Depuis le 6 mai 2012, les socialistes attendent le retour de la croissance. Tout se déroule comme s’ils appartenaient à un vieux monde et qu’ils ne voulaient pas comprendre qu’il fallait en construire un nouveau. Ils campent sur des positions désuètes et croient encore au mirage productiviste qui retrouvera son âge d’or avec la reprise économique et le retour de la croissance. »

 « Le récit politique de ce quinquennat devient le récit de la lutte sans fin contre la dette. François Hollande contre la dette, c’est pire que Sisyphe et son rocher. Un discours d’affichage, non suivi d’effets. Comme si sa parole était prédictive. Et, par conséquent, c’est la double peine : les dégâts du discours sans les bénéfices fixés par les politiques menées. »

 « On s’éloignait de plus en plus des attentes des Français, des engagements pris lors de la campagne présidentielle, dans une course sans fin.

La politique qu’on nous demande d’approuver s’éloigne de la pensée de la gauche.

Avec le recul, je mesure l’erreur que nous avons commise. Nous aurions dû mettre le coup d’arrêt dès ce moment-là. »

 « Le renoncement devient la matrice du quinquennat ». « L’histoire de ce début de quinquennat fut aussi celle de multiples affadissements individuels », « Ces deux dernières années ont sonné la mort du politique et le règne de la technocratie, ce petit monde qui reste en poste quels que soient les gouvernants. Ces fonctionnaires qui passent du public au privé et vice versa en faisant parfois fi des conflits d’intérêts. Un fonctionnaire a le droit de partir vers le privé, mais ce doit être un aller sans retour. Je suis pour une interdiction stricte de ces allers-retours. »

 « Je suis sortie de ces deux années avec la certitude que l’austérité ne sera jamais la solution, que le courage en politique ne sera jamais de faire payer aux pauvres les cadeaux que l’on donne aux riches, qu’il n’y a aucun courage à piétiner les acquis sociaux. Le courage serait d’affronter la crise climatique, de réorienter l’Europe, de faire face aux vrais problèmes. Pendant deux ans, j’ai vu l’affaiblissement du politique masqué par la surpuissance des signes extérieurs d’autorité : je décide tout seul, j’ai la mâchoire serrée, je me tiens droit comme un I. (…) Je préférerai toujours la sobriété extérieure, le sens du collectif et le respect des promesses. »

« Je ne connais pas assez Manuel Valls et Nicolas Sarkozy pour savoir s’ils se ressemblentMais je sais que celui qui fut le premier ministre de l’Intérieur de François Hollande utilise des recettes similaires. Il déploie les mêmes techniques : saturation de l’espace médiatique, transgression. La figure est facile : le mec de gauche qui tient des discours de droite, c’est un peu l’écolo qui défend le nucléaire. C’est ce que j’appelle la triangulation des Bermudes. À force de reprendre les arguments et les mots de la droite, de trouver moderne de briser les tabous, et donc de défendre la fin des trente-cinq heures, de dénoncer les impôts, de s’en prendre aux Roms, de prôner la déchéance de nationalité pour certains condamnés, de taper sur les grévistes, quelle est la différence avec la droite ? Une carte d’adhésion pour un parti différent ? Le fait de proclamer toutes les trois phrases “Je suis de gauche” ? Formellement, factuellement, quels sujets les opposent ?

« À force de trianguler, ils ont fait disparaître la gauche. »

 « Je ne m’explique pas l’impasse dans laquelle il (François Hollande) a engagé sa famille politique, ses alliés, et le pays tout entier. Surtout, pourquoi continuer d’avancer dans cette direction funeste ?  Son problème n’est pas de ne pas savoir décider, c’est de vouloir toujours trouver la solution qui ne fait pas de vagues. Résultat, cela ne fait pas de vagues, mais cela crée un tourbillon qui aspire tout le monde vers le fond. » 

Faute d’avoir voulu être un président de gauche, il n’a jamais trouvé ni sa base sociale, ni ses soutiens. À force d’avoir voulu être le président de tous, il n’a su être le président de personne. »

 « Au début de sa présidence, François Hollande est égal à lui-même. Puis il se transforme, il devient plus dur, plus cassant. L’exercice du pouvoir est abrasif. Ou, plutôt, sa manière solitaire de l’exercer l’est. »

« il a tourné le dos à cette belle unité le 6 mai au soir  : Il a exercé son pouvoir en éloignant Martine Aubry. Il n’a pas tendu la main à Jean-Luc Mélenchon ni au Parti communiste. La majorité du 6 mai allait de François Bayrou à Jean-Luc Mélenchon, mais aucun des deux ne siégera avec nous au gouvernement. »

« La gauche ne se satisfait pas d’un exercice solitaire du pouvoir"

Source: Mediapart 

Bonnes feuilles. Cécile Duflot dévoile François Hollande
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