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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

"À quoi bon se soucier de sauver la terre, les plantes et les animaux ? Après tout, c’est le désert qui nous nourrit. Mort aux vaches ! Et vive les fennecs !"

 

La méthode de prévention a posteriori

 

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Par Mustapha Hammouche, 11 août 2014

 

Parce qu’ils font rarement dans la prévention, les pouvoirs publics ont acquis ce réflexe d’autodéfense : dès qu’une catastrophe s’annonce, ils nous… rassurent. Et ce n’est pas sur le désastre qu’ils anticipent, mais sur la réaction populaire ou de l’opinion publique !

Les incendies de forêt se multiplient ? La Direction générale des forêts et la Protection civile rassurent. Les prix prennent l’ascenseur ? Le ministère du Commerce rassure. Les voyageurs se plaignent du prix des billets ? Le ministère des Transports rassure — à chaque retard : “Ce sera le dernier” ! Il y a trop d’accidents et de victimes de la route ? La police et la gendarmerie rassurent : “Des plans sont élaborés pour les prévenir”…

Le gaz de schiste serait une ressource à risque ? Le ministère de l’Énergie rassure.

La fièvre Ebola est au sud du pays ? Le ministère de la Santé rassure, etc.

Faute de prévenir, on communique sur la prévention à venir.

C’est ce qui se passe depuis que la fièvre aphteuse a gagné nos campagnes. Pourtant, il n’est pas besoin d’être grand clerc en épizootie pour voir venir la catastrophe : le premier foyer de fièvre aphteuse a été signalé en Tunisie, à Nabeul, le 29 avril ! Le 6 mai, des cas de la maladie étaient enregistrés à Jendouba, autrement dit, à nos frontières. Ainsi donc, puisque le mal avance d’Est en Ouest, et que l’on connaît la porosité contrebandière de la frontière algéro-tunisienne, pourquoi avoir attendu que la maladie se manifeste chez nous, le 25 juillet ?! Qu’est-ce qui a été fait entre le début du mois de mai et la fin juillet ? Il paraît que des vaccins ont été administrés par endroits, mais au vu des dégâts, ce ne fut pas la campagne de vaccination généralisée.

Un pays comme l’Algérie qui, par ailleurs, a la dépense aisée n’a même pas l’excuse financière d’une telle inertie. D’ailleurs, au lieu de nous dire comment elles comptent faire pour sauver le cheptel, les autorités ont d’emblée annoncé qu’elles vont indemniser les éleveurs. Toujours le réflexe de se faire pardonner leur imprévoyance en payant.

Pourtant, le secteur de l’agriculture constitue, depuis de longues années, un véritable tonneau des Danaïdes budgétaire, sans toutefois engendrer le moindre résultat en termes économiques : la production n’a pas augmenté, la hausse soutenue des prix n’a pas été freinée, il n’y a pas eu de substitution à l’importation et l’État subventionne de plus en plus de produits agricoles.

C’est que l’aide à l’agriculture s’est plutôt pratiquée sous forme de prêts… aux agriculteurs, effacés à la veille de campagnes électorales, ou sous forme de budgets spécifiques — PNDA, PNDR, GCA — alimentant les scandales financiers qu’on s’efforce d’étouffer. Une partie de l’effort de “développement agricole” aurait été recyclée dans l’immobilier… parisien. L’échec agraire n’est pas à chercher dans ce seul désastre. C’est toute la terre d’Algérie qui se meurt. Et, n’en déplaise aux esprits chagrins, la “situation est maîtrisée” : si les réserves de pétrole diminuent, le gaz de schiste prendra le relais. Et, ne vous en faites pas, l’extraction de gaz est sans danger pour vous : le ministère de l’énergie vous rassure.
À quoi bon se soucier de sauver la terre, les plantes et les animaux ? Après tout, c’est le désert qui nous nourrit. Mort aux vaches ! Et vive les fennecs !

Source: Liberté.com

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