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Publié par Saoudi Abdelaziz

Cadi Essebsi, chef de la "droite sécuritaire", après les derniers évenements du Mont Châambi

Par Seif Soudani, 21 juillet 2014

 

La date du 16 juillet est à ajouter à la spirale de la violence crescendo du bourbier du Mont Châambi. 15 – 1 : c’est le lourd bilan d’une guerre que l’on dit pourtant asymétrique. Côté réactions politiques, tout a un air de déjà vu, des tentatives plutôt grossières de récupération, aux manifs téléguidées par des partis ennemis.

 

Apologie ringarde de l’ordre

Voilà bientôt deux années que Béji Caïd Essebsi se prête invariablement à la même prestation télévisée convenue, mise en scène par Nessma TV au lendemain de divers attentats, sorte de rendez-vous médiatique incontournable avec la droite sécuritaire. À peu de choses près, les mêmes lapalissades y sont réitérées, sur fond de rhétorique du « sauvetage » d’un pays à la dérive par un patriarche réactionnaire.

« Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? » S’interroge le bientôt nonagénaire après avoir récité un verset du Coran censé illustrer ses propos. Il y a des gens qui depuis deux ans ne croient pas en l’État, qui ne croient pas en l’unicité du drapeau national, vous avez de temps à autre des drapeaux noirs et de je ne sais quelle couleur… ils sont responsables de la chute de l’État. Et les citoyens abondent dans ce sens. De nos jours lorsque vous allez en ville, les gens ne roulent plus à droite, ils roulent en sens interdit, ils ne marchent plus sur les trottoirs, ils ne respectent plus rien, ils ne respectent plus la police, ils ne respectent plus le président ni le gouvernement… Écoutez ce book… Ce Facebook… Tout est déplorable".

Ces propos confus et décousus sont ceux d’Essebsi en guise de réaction à l’assaut présumé djihadiste sur deux campements de l’armée. « Est-ce cela qui explique ce qui est arrivé mercredi ? », le relance la journaliste, incrédule. « Si l’État avait gardé son prestige, ils l’auraient craint et auraient été dissuadés ».

Pour le chef de Nidaa Tounes, un État fort est la panacée universelle. En clair, le tout répressif. Cette conception monolithique est assortie d’une certaine nostalgie « Cet État que nous connaissons n’est plus. L’État qui avait hissé haut la bannière de la Tunisie parmi les nations s’est effondré », regrette-t-il.

Une gloire quelque peu fantasmée, visiblement présente surtout dans les esprits destouriens.

En campagne, l’homme n’oublie pas que lors de son court mandat de Premier ministre, il avait ordonné d’« écraser » des assaillants en provenance de Libye à Rouhiya par voie aérienne.

Conception simpliste des droits de l’homme

« C’est une erreur ! » s’insurge Essebsi à propos de la volonté de l’Assemblée constituante de prendre son temps dans l’élaboration d’un nouveau texte de loi antiterroriste respectueux des droits humains fondamentaux, à l’abri des émotions et des affects à fleur de peau.

L’homme voudrait que l’on se contente de la loi dite de 2003 promulguée sous Ben Ali, un texte offrant aux gouvernants un boulevard pour une instrumentalisation politique, et qui fut pourtant maintes fois décrié par la LTDH pour son flou sémantique et son caractère liberticide.

« Non à la liberté et aux droits pour les ennemis de la liberté », conclut en tapant du poing sur la table Béji Caïd Essebsi, pour qui le respect ou non des droits de l’homme en la matière se résume au moment d’appuyer sur la gâchette lors d’un affrontement direct avec d’éventuels terroristes. (...)

Texte intégral: http://nawaat.org

 

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