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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Au Front Populaire, nous avons choisi la cohérence!

 

"Que peut véritablement proposer une alliance qui se baserait sur le plus petit dénominateur commun qu'est effectivement l'opposition à Ennahdha et ses alliés? Au Front Populaire, le choix a été fait d'aller aux prochaines élections sous sa propre bannière."

 

Par Hichem Khodja, 1er juillet 2014 

Membre de la coordination Front Populaire Paris Île de France

 

On entend ces dernières semaines -et de façon insistante- des appels à "l'union des forces démocrates" en vue des prochaines échéances électorales, car, si l'on prête confiance à leurs auteurs, ne pas s'unir conduirait le pays à s'engager définitivement dans la voie de la théocratie et condamnerait toute possibilité de sauver le pays d'une faillite dont il ne se relèvera pas.

Ce discours d'union qui avait déjà été décliné (mais peu entendu) lors de l'élection de la constituante en 2011 avait à ce moment précis du sens. En effet, une Constitution se doit d'abord d'être une vision commune du vivre ensemble sur des échelles de temps longues avant d'être une source de législation visant à mettre en œuvre des programmes sociaux, économiques et culturels. Elle pouvait donc faire l'objet d'un rassemblement pré-électoral de celles et ceux qui se réclament de la démocratie, de la modernité et du progrès.

Fin 2014, nous allons voter pour désigner des élu(e)s qui auront la charge d'organiser et orienter la politique du pays pour les cinq années à venir. Ces élections constitueront donc les premiers véritables scrutins à caractère incontestablement politique. Il est donc indispensable que toutes celles et tous ceux qui cherchent à gagner les voix des électeurs affichent clairement leurs projets pour les cinq ans à venir.

Or que peut véritablement proposer une alliance qui se baserait sur le plus petit dénominateur commun qu'est effectivement l'opposition à Ennahdha et ses alliés? Outre le fait que celle-ci s'appuierait sur l'unique levier de la peur pour espérer engranger des électeurs, des incohérences manifestes surgiront très rapidement quand il faudra élaborer des propositions économiques, sociales et culturelles pour le pays. Ce serait nécessairement réducteur, sans saveur, et au final contre-productif!

Au Front Populaire, le choix a été fait d'aller aux prochaines élections sous sa propre bannière car elle porte clairement la marque de la cohérence: un positionnement politique assumé à gauche, non dogmatique, mais qui n'a pas peur de faire une lecture d'abord sociale de l'avènement de la révolution, et par voie de conséquence une volonté de rupture avec le passé.

Mais rompre avec le passé est une chose, proposer une alternative crédible en est une autre. Cette démarche, complexe, a néanmoins commencé à porter ses fruits, comme en atteste la publication il y a quelques mois par un groupe d'experts du Front Populaire d'un budget alternatif, évènement salué par l'ensemble des acteurs -même d'autres bords politiques- comme singulier dans l'histoire contemporaine du pays. Cette méthodologie est d'ailleurs en train d'être étendue à d'autres champs d'action tels que la santé, l'éducation, l'environnement, avec comme maîtres-mots la restitution des possibilités d'action de la puissance publique et la qualité des services. L'ensemble de ces propositions, argumentées, chiffrées et réalistes vont constituer l'ossature du programme de gouvernement du Front Populaire.

Bien entendu, personne ne nie le risque d'émiettement, sachant que certains vont chercher à sauver leurs chapelles ou intérêts étroits. Mais quand on fait de la politique, il n'y a pas d'autre choix que d'assumer son positionnement et proposer des directions pour le pays, car cela consiste d'abord et avant tout à porter une vision et être capable de la décliner de façon concrète et intelligible. Les regroupements autour d'une orientation politique partagée sont ceux qui ont du sens, le Front Populaire en est l'exemple le plus marquant.

Alors oui, le travail est immense, les moyens comparativement limités, mais le Front Populaire, toujours ouvert à celles et ceux qui s'y reconnaissent, est bien décidé à relever le défi de faire naître l'espoir d'une vie meilleure!

Source: http://www.huffpostmaghreb.com

 

 

Les limites de la gauche libérale – libertaire

 

"Plusieurs donnes ont effectivement changé depuis l’époque où l’alliance des libéraux-libertaires était pensée sur la base d’un affrontement autour du mode de vie : pseudo modernisme VS conservatisme religieux."

 

Par Seif Soudani, 29 juin 2014, Nawaat.org

La semaine politique du 23 au 29 juin a connu les répliques du mini séisme du putsch interne au dernier Conseil national Nidaa Tounes. Le parti de Béji Caïd Essebsi affine sa position sans convaincre les plus crédules parmi ses alliés, tandis que la gauche tunisienne hors Front Populaire joue désormais « le maintien », telle une formation sportive qui sait qu’elle a raté la saison en cours et qui doit se préparer pour les échéances ultérieures. Il faut dire que même la gauche de cette gauche, le PSG, s’était résignée à front chapeauté par Nidaa.

« L’initiative de la coalition électorale Union Pour la Tunisie n’a pas trouvé l’enthousiasme escompté ». C’est en ces termes plutôt évasifs et nonchalants que Lazhar Akremi a justifié vendredi à Sidi Bouzid le choix de se présenter sous l’étiquette individuelle Nidaa aux prochaines élections, lors d’un rassemblement qui n’a lui-même pas mobilisé grand monde.

Un stéréotype en matière de dysfonctionnements inhérents aux démocraties modernes veut que l’argent soit le nerf de la guerre en matière d’élections. Ainsi il est utile d’écouter les financiers des grands partis, en l’occurrence Faouzi Elloumi, pour mieux comprendre les décisions souvent verticales prises en coulisses. « En démocratie, les coalitions sont gouvernementales, elles se font en aval, à la lumière des résultats des élections, et non en amont », a argumenté Elloumi lors de la même réunion.

Les appels de retour à la raison d’al Massar restent lettre morte. En clair, la composante la plus puissante au sein du parti, que l’on désigne selon l’euphémisme « destouriens », a compris que la donne a changé et que Nidaa Tounes ne gagnait plus grand-chose à partager un pactole qui peut lui revenir entier.

Au-delà d’un certain cynisme politique et d’une suprématie affirmée avec condescendance, plusieurs donnes ont effectivement changé depuis l’époque où l’alliance des libéraux-libertaires était pensée sur la base d’un affrontement autour du mode de vie : pseudo modernisme VS conservatisme religieux.

Ennahdha ayant abandonné le pouvoir et Nidaa Tounes n’ayant pas pu court-circuiter les institutions élues immédiatement après les assassinats politiques, nous sommes aujourd’hui dans le schéma avéré et plus simple d’une lutte contre-révolution décomplexée VS forces pro révolution.

Il suffit de constater le design des fraîchement conçues bannières de campagne Nidaa Tounes pour comprendre que celle-ci sera placée sous le signe du révisionnisme. On peut y lire en effet « Vous voulez rectifier le 23 octobre 2011 ? Inscrivez-vous le 23 juin 2014 ». Le premier scrutin libre du pays est présenté tel un faux pas, une erreur historique, comme pour mieux légitimer la « restauration ».

Cet état d’esprit mi-nostalgique mi-triomphaliste était palpable en outre jeudi 26 juin à la réception donnée par l’ambassade égyptienne à l’occasion de la fête de la République d’Égypte et où Nidaa Tounes fut l’un des invités d’honneur. On frise l’indécence lorsque vendredi 27 juin le site officiel Nidaa publie un courrier dans lequel le maréchal al Sissi répond aux félicitations de Béji Caïd Essebsi en s’auto proclamant le dépositaire des « vraies valeurs de l’islam ». Les victimes de Rabâa Adawiya et des récentes peines de mort de masse apprécieront.

Source: http://nawaat.org/

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