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Publié par Saoudi Abdelaziz

"14 Juillet «algérien» : geste audacieux, raisons douteuses" titre ce matin la chronique de Kamel Daoud qui écrit :"Cette décision d'envoyer trois soldats algériens faire la paix est une décision saine dans un pays rendu malade par un régime devenu illégitime".

Pour éclairer les "raisons douteuses" de l'envoi en mission de nos djounouds, le chroniqueur se limite au "caprice d'un roi".Lorsqu'il y a un an les avions militaires français de l'Otan, chargés de faire la guerre chez nos voisins du sud, avaient été autorisé à survoler l'Algérie, était-ce aussi le "caprice d'un roi"? Les observateurs le savent: de fortes tendances se développent dans le système algérien pour une révision des rapports avec l'Otan.  En janvier 2013, Chafik Mesbah, le médiatique ancien colonel du DRS,  très anti-Bouteflika, était-il le porte-parole du roi lorsqu'il confiait sur  tsa-algerie.com: « Je ne suis pas niais au point de considérer que les slogans éculés du non-alignement sont toujours de mise. Désormais, Il n’existe plus d’alternative au dialogue stratégique avec l’Occident ».

Cette ligne de révision avait inspiré l'autorisation de survol de 2013. Elle inspire cette année la participation algérienne au spectacle militaire du 14 juillet. La charge symbolique de la présence de nos djounouds aux côtés de militaires français de l'Otan est sans commune mesure avec celle que revêt celle des autres pays invités sur les Champs Elysées. La participation des djounouds sert à lever les tabous conceptuels qui freinent, dans la conscience anti-impérialiste historique des Algériens, la révision de la stratégie nationale de défense, jusqu'ici fondée sur de non-alignement.

Comme sur d'autres sujets qui relèvent de la souveraineté populaire, les choses ne sont pas dites par leur nom. La révision est préparée de manière rampante jusqu'au jour où elle s'impose brusquement. Pas de véritable débat sur cette révision, ni dans l'opposition ni dans les instances contrôlées, comme l'APN. Les rideaux de fumée, alimentés par les évocations "passéistes" peuvent cacher les vrais enjeux. Et alimentent la verve de Kamel Daoud. L'écrivain rêve d'un temps où "on pourra enseigner Albert Camus dans nos écoles sans que cela soit crime de traîtrise ni occasion d'insultes".

Photo JACQUES DEMARTHON / AFP

Photo JACQUES DEMARTHON / AFP

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Ythier le Sapiant 12/07/2014 12:23

Le gouvernement algérien adopte aujourd'hui la position du "sous"-missionnaire, vis à vis du néo colonialisme.
La même d'ailleurs que son alter-ego solférinien vis à vis de l'Empire.

Partout, ils provoquent la fracture à Sion.

Safiya 10/07/2014 21:36

Oui, très juste, clair comme un cristal de roche. Et ce n'est pas seulement l'adhésion à l'OTAN qui nous pend au nez. Je lis dans la déclaration du ministre du Culte concernant la réouverture des sinagogues ainsi que sur certains papiers sur le site choufchouf comme un prélude à une prochaine "normalisation" avec l'entité sioniste...

Quant à Kamel Daoud, j'avoue que les méandres de sa prose sont répulsives me concernant et cela fait un bail que je ne le lis pas.