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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo Stephane Sakutin/AFP

Trois officiers de l'ANP défilant derrière François Hollande, sur les Champs Elysées. L'événement est considérable. Revue de la presse francophone algérienne

Le Soir d'Algérie choisit de faire l'impasse sur l'événement parisien d'hier. Ni compte rendu, ni éditorial, ni "grain de sable". Le sujet est confié à Hakim Lalaâm, le sarcastique chroniqueur, qui conseille d'emblée:"Voyons le bon côté des choses! La France ne nous demande pas de nous repentir pour le 1er Novembre. Pas encore…"

A l'inverse, c'est El Watan qui accorde le plus de place à l'événement. Il l'analyse sous le titre : "Eviter le passé pour servir le présent. L’axe Alger-Paris se normalise". Il note d'emblée: "De l’autorisation de survol du territoire algérien accordée aux avions militaires français en partance vers le Mali aux contrats juteux octroyés aux firmes et entreprises françaises dans différents secteurs, Alger ne refuse plus rien à Paris. L’axe Alger-Paris se normalise-t-il ? Tout porte à croire que c’est la lune de miel entre les autorités des deux Etats, qui semblent laisser tomber le «différend» historique pour faire place à la realpolitik ou plutôt à la politique des intérêts".

Sur sa une, le journal annonçait : "Des soldats algériens défilent sur les Champs-Elysées, une première diversement apprécié". Mais une seul "appréciation" est rapporté, celle d'un communiqué du FLN qui affirme: «Prendre part à Paris à une commémoration internationale du centenaire de la Grande guerre est pour l’Algérie une façon de rappeler, pudiquement mais fièrement au monde, la contribution des Algériens à la libération de peuples d’Europe». On en saura pas plus sur les "diverses appréciations". La veille encore, le journal titrait sur "la vive polémique" suscité dans le pays par l'affaire des Champs Elysées, mais comme aujourd'hui, il se limite à un seul point de vue. Hier c'était celui de Hicham Aboud férocement hostile à toute décisoon venant du "clan présidentiel". Ce célèbre ancien officier supérieur du DRS, de nouveau "exilé" et chargé des opérations médiatiques spéciales, dressait hier un nouveau réquisitoire. Mais, il se prononce, à aucun moment, sur le bien fondé d'une participation de nos djounouds. Il met dans le même sac les opposants à cette participation, du FN français, à Louisa Hanoune et à la "famille révolutionnaire", en omettant d'autres points de vue, comme ceux exprimés à gauche par exemple. On peut même penser que l'ancien officier du DRS aurait souhaité plus d'éclat aux retrouvailles militaires franco-algériennes. Titrant "Un strapontin pour l’Algérie à la fête du 14 Juillet", Aboud précisera : "Il ne s’agit nullement d’une participation au défilé militaire mais juste d’une symbolique présence à une animation sur la place de la Concorde. Autrement dit, l’Algérie, parmi les 80 pays participants, n’a eu droit qu’à un strapontin pour être de la fête".

La participation en soi ne gêne pas car il faut arriver un jour à une normalisation des relations, mais ce qui choque, c’est la gestion de cette question sensible. Bouteflika a fait ça tout seul." confie à Liberté Abdelaziz Rahabi, ancien ministre et aujourd'hui un des leader de l'opposition. En clair : c'est bien mais il fallait nous mettre au courant.

Le Matin semble aussi voir la participation d'un bon oeil  lorsqu'il titre  : "Défilé du 14 juillet : pour des relations apaisées entre l’Algérie et la France". Il ne s'agit cependant pas d'un éditorial, comme on aurait pu le supposer. La signature de l'article qui ne s'affiche qu'en bas de page est celle du "Dr Abderrahmane Mebtoul, Professeur des Universités expert international". Au terme d'un survol géopolitique empreint de lyrisme, l'expert conclut: "L’esprit de domination doit se substituer l’esprit de coopération pour une prospérité partagée. La présence de l’Algérie au 14 juillet en France ne saurait signifier qu’elle renonce à ses principes fondamentaux".

L'éditorial de Moncef Ouafi dans Le Quotidien d'Oran, est plus prosaïque lorsqu'il conclut sur un aspect "énigmatique" de la présence algérienne aux Champs Elysées :  "Si la délégation officielle algérienne à ce rendez-vous a aiguisé le refus de certains qui y voient comme un enterrement définitif de la demande du repentir français, la présence de Youcef Yousfi, le ministre de l'Energie, ne saurait passer inaperçue. Le choix d'un tel portefeuille est en lui-même énigmatique puisqu'on aurait pu envoyer un autre ministre à sa place. N'importe lequel. D'aucuns feront vite le lien avec le dossier du gaz de schiste et la dernière visite de Fabius en Algérie. Alors discutera-t-on du futur des énergies non conventionnelles entre Alger et Paris en marge des fanfares militaires ? Loin, très loin du faste parisien, des Israéliens zappent entre les Champs-Elysées et la bande de Ghaza". 

Photo Stephane Sakutin/AFP

Photo Stephane Sakutin/AFP

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