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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Entretien de MEDIAPART avec Alain Deneault, universitaire québécois actif depuis des années dans la dénonciation de l’évasion fiscale 

 

Qui le sait ? Le Canada a activement participé, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’éclosion des paradis fiscaux des Caraïbes. Bahamas, Barbade, Belize, Saint-Kitts-et-Nevis…

Tous ces territoires sont, comme le Canada, des dépendances de la couronne britannique. C’est à ce titre, et avec l’assentiment de la Grande-Bretagne, que des banquiers canadiens ont eu leur mot à dire pendant des années sur leur politique financière, voire ont façonné certaines de leurs lois.

Alain Deneault, universitaire québécois actif depuis des années dans la dénonciation de l’évasion fiscale et spécialiste de la face sombre de son pays, fait le point sur cette « filière canadienne » dans un livre solide et documenté. Il remonte jusqu’au XIXe siècle pour rappeler que le Canada s’est toujours positionné dans les failles du système économique international. Il rappelle qu’il partage toujours son siège à la Banque mondiale et au FMI avec un collectif de onze territoires, dont l’Irlande, mais aussi une ribambelle de juridictions spécialisées dans le secret bancaire.

Loin de ses prises de position officielles, le pays joue encore un rôle actif dans la défense de ces « juridictions du secret », aujourd’hui au cœur de l’attention internationale.

D’ailleurs, le Canada lui-même fait office de paradis fiscal et réglementaire pour les entreprises minières du monde entier. Sur le papier, les trois quarts d’entre elles sont canadiennes : le régime fiscal leur est très favorable et elles bénéficient d’une immunité très forte sur leurs agissements à l’étranger. C’est déjà Alain Deneault qui avait souligné cette réalité dans son précédent livre, Noir Canada, en 2008. Attaqué par Barrick Gold, le plus gros exploitant d'or au monde, le livre n'est plus disponible à la vente. Mais ses vérités sont toujours bonnes à dire. 

Source: Mediapart

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