Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

"Alors, confier la mission de lutte contre la subversion à ce service d’investigation judiciaire du DRS n’est-il pas une manière de codifier l’infiltration, la surveillance de la société civile ainsi qu’une méthode de doter la police politique d’un cadre juridique légal ?"

 

Par Mokhtar Belarbi, 6 juillet 2014

Un décret présidentiel portant création d’un service d’investigation judiciaire de la direction de la sécurité intérieure du département de renseignement et de la sécurité (DRS), a été rendu public le 12 juin dernier. Parmi les attributions de ce service, la lutte contre la subversion. Il a été crée pour la première fois, faut-t-il le rappeler, en 2008 avant d’être dissous à la fin 2013 sur fond de polémique à propos des enquêtes sur la corruption menées par ce service contre des hommes proches du chef de l’Etat.

Bien que l’officier en charge de ce nouveau département de police judiciaire du DRS soit sous le contrôle du procureur général, il n’y a pas de garanties suffisantes pour contrôler l’action des agents qui opèrent sous l’égide de ce nouveau service. À ce titre, aucune définition n’a été donnée au concept de subversion. Ce dernier est tellement vague qu’il laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, allant de la rébellion armée en incluant toute action de masse ou de contestation contre le système politique en place. L’acception universelle du concept lui-même est souvent rattachée aux mouvements de protestations s’opposant à un régime politique au pouvoir.

Cependant, le plus inquiétant dans ce nouveau texte, c’est qu’il vient renforcer un dispositif juridique mis en place depuis la levée de l’état d’urgence en 2011. En effet, le décret présidentiel n°11-03 du 23 février 2011 modifiant et complétant la loi n° 91-23 du 6 décembre 1991 relative à la participation de l’Armée Nationale Populaire à des missions de sauvegarde de l’ordre public hors les situations d’exception, est venu uniquement pour ajouter la lutte anti-terroriste et la subversion au prérogatives de l’ANP dans les périodes cité dans ce décret.

Alors, confier la mission de lutte contre la subversion à ce service d’investigation judiciaire du DRS n’est-il pas une manière de codifier l’infiltration, la surveillance de la société civile ainsi qu’une méthode de doter la police politique d’un cadre juridique légal ?

Pendant que la classe politique algérienne réclame plus d’ouverture du système politique, le chef de l’Etat crée ainsi un service légal de police politique pour réprimer la société civile et la mettre sous haute surveillance. L’expérience des soulèvements dans les pays du Machrek et du Maghreb, nous a enseigné que les régimes autoritaires ont réprimé violemment les mouvements de contestation sous prétexte qu’il s’agit d’actes subversifs. Si la situation demeure ainsi sans que le pouvoir renonce à ses réflexes autoritaires en mettant en place des mécanismes d’embrigadement de la société, l’avenir d’un consensus national souhaité par de large pans de la société, sera compromis. 

Source: http://www.libre-algerie.com

La police politique officialisée
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article