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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian lors d'une visite à Bangui. © ECPAD

 

Une analyse de Mediapart

Par François Bonnet, 14 juillet 2014.

Mali, Centrafrique : dans ces deux interventions militaires décidées par François Hollande, rien ne se passe comme prévu. Des études d'ONG, des rapports de parlementaires et des Nations unies en détaillent les difficultés : immobilisme au Mali, tueries en Centrafrique. L'armée française est enlisée alors que le ministre de la défense annonce un nouveau dispositif dans la région et que le chef de l'État se rend cette semaine en Côte-d'Ivoire, au Niger et au Tchad.

Ce devait être une question de semaines, de mois tout au plus, faisait-on valoir à l'Élysée et au ministère de la défense. Il faut maintenant compter en années. Mali, Centrafrique : dans ces deux interventions militaires décidées par François Hollande – la première en janvier 2013, la seconde en décembre 2013 –, rien ne se passe comme prévu. Près de quatre mille hommes sont aujourd'hui engagés. Des effectifs supplémentaires vont l'être dans une opération plus large sur l'ensemble du Sahel. Et l'armée française se trouve durablement enlisée sur des terrains particulièrement dangereux, sans que l'Europe ni des forces africaines ou des Nations unies ne soient en mesure de prendre efficacement le relais.

Les deux interventions militaires sont très différentes. La première, au Mali, a été présentée comme une opération « antiterroriste », visant à éliminer les groupes djihadistes déstabilisant le Sahel, menaçant un temps de prendre Bamako et de provoquer l'effondrement de l'État malien. La seconde, en Centrafrique, est présentée selon les besoins comme une opération humanitaire ou de maintien de la paix : son déclenchement visait à empêcher, selon les mots de Laurent Fabius, « un engrenage pré-génocidaire » dans un pays en plein chaos.

Un an et demi plus tard au Mali, sept mois plus tard en Centrafrique, le bilan de ces deux interventions n'est pas seulement maigre. La situation au Mali apparaît hautement instable, et le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian s'impatiente face aux blocages d'un processus politique au point mort depuis l'automne dernier. De plus, s'il déclare que l'opération Serval (1 600 soldats) va s'achever dans les mois qui viennent, le ministre précise qu'un « millier d'hommes resteront au Mali ». Surtout, il vient d'annoncer une nouvelle opération à l'échelle de la zone sahélienne : « Nous allons aboutir très prochainement à une opération militaire régionale qui comptera environ 3 000 hommes. L'objectif unique, désormais, c'est le contre-terrorisme », a-t-il confirmé au journal Le Monde, après l'avoir annoncé à la commission de défense de l'Assemblée. Le 15 juillet, l'Elysée a annoncé la mort d'un soldat français lors d'une opération de reconnaissance dans le nord du pays.

En Centrafrique, la présence de 2 000 soldats français n'a en rien enrayé un processus de violences terribles qui frappent les civils et livrent le pays à des bandes armées mêlant factions politiques, pillards et bandits.

Dans les deux cas, l'armée française apparaît dans la pire des situations : ses opérations sont menées sans alliés (à l'exception du Tchad d'Idriss Déby) ; sans progression de processus politiques de stabilisation de ces pays ; sans soutien important des autres pays européens ; sans mobilisation réelle de forces africaines ou internationales, qui se font toujours attendre. Le résultat n'est pas seulement une capacité d'action des plus limitées, comme en Centrafrique. Il est aussi un isolement du commandement français qui, par contrecoup, paraît renouer avec les règles d'intervention de la bonne vieille Françafrique.

Plusieurs rapports de grandes ONG (Amnesty International, Human Rights Watch, Survie), mais également les travaux de groupes d'experts pour le secrétariat général des Nations unies font état de la catastrophe en cours en Centrafrique, que la présence française ne suffit nullement à enrayer. Onze soldats français ont été blessés depuis le début du mois de juillet dans des affrontements avec des bandes armées. Ces dernières n'ont cessé, ces derniers mois, de se renforcer, en hommes, en armements et en ressources financières liées aux divers pillages, mais aussi à l'exploitation sauvage de mines comme aux trafics de diamants. Le 15 juillet, Human Rights Watch a publié un nouveau rapport faisant état de «l'aggravation d'un cycle infernal de violence sectaire» (lire le communiqué ici).

Depuis la défaite des forces de la Séléka, ces milices musulmanes venues du nord-est du pays qui avaient pris Bangui en mars 2013, et l'installation d'un gouvernement provisoire en janvier, le conflit mêle plusieurs dimensions : affrontements entre musulmans et chrétiens, qui se sont traduits par des pogroms et l'expulsion de la quasi-totalité des musulmans de Bangui ; milices instrumentalisées par les pays voisins ; bandes armées de pillards ; milices anti-balaka, initialement créées par des chrétiens pour se défendre contre les exactions de la Séléka et qui regroupent aujourd'hui bandits comme partisans de l'ancien président renversé en mars 2013, François Bozizé…

Le résultat est un chaos sécuritaire où prospèrent pillages et tueries. Dans un rapport du 3 mars, des experts des Nations unies décrivaient ainsi la situation : « On fait chaque jour état de meurtres dans Bangui. La violence dans la capitale a atteint un degré de sauvagerie inqualifiable, des cadavres étant mutilés en public et démembrés ou décapités en toute impunité. On déplore ainsi des meurtres, assassinats ciblés, violences sexuelles, lynchages, pillages et destruction de biens, les actes de violence collective atteignant des niveaux sans précédent. Des individus se réclamant des antibalaka parlent publiquement d’“opérations de nettoyage”. (…) À l’heure actuelle, la grande majorité des musulmans de Bangui ont fui et ceux qui sont restés vivent sous protection internationale. (…) Beaucoup de villes, précédemment à physionomie multiconfessionnelle, comme Yaloke, Bossemptele, Bozoum et Mbaiki, ont été vidées de leur population musulmane. » (Le rapport complet peut être lu ici.)

Armes, or et diamants

Quatre mois plus tard et malgré le déploiement des deux mille soldats français de la force Sangaris, la situation n'a guère évolué. Si le contexte sécuritaire peut sembler s'être amélioré à Bangui, les bandes armées se sont renforcées dans l'ensemble du pays. Les forces françaises se trouvent aux prises avec des milices anti-balaka tout comme avec des troupes de l'ex-Séléka. Dans un nouveau rapport des Nations unies en date du 26 juin, un groupe d'experts souligne la permanence des violences et l'impunité dont jouissent leurs responsables.

« L’impunité totale, qui permet à certains individus de se livrer à des actes portant atteinte à la paix, la sécurité et l’intégrité territoriale de la Centrafrique ou d’y apporter un appui demeure la principale pierre d’achoppement sur le chemin de la transition politique. (…) Certains membres de la communauté internationale ont fait part au groupe d’experts de leur frustration face à l’absence d’une ferme condamnation par les autorités de transition des exactions commises par les milices anti-balaka », notent les enquêteurs des Nations unies.

Leur rapport pointe deux éléments nouveaux. Le premier est la prolifération des armes, liée à l'effondrement de l'armée centrafricaine dont des officiers ont rejoint les milices anti-balaka ou les forces de l'ex-Séléka. « Le renforcement des contingents français et des forces de maintien de la paix de l’Union africaine prévu dans la résolution 2127 du Conseil de sécurité a entraîné la dissolution de la Séléka, ce qui a rendu totalement impossible tout contrôle des stocks d’armes et de munitions auparavant détenus par le gouvernement. » Un fusil de type Kalachnikov coûte aujourd'hui environ 80 dollars, une grenade de fabrication chinoise de 1 à 2 dollars et une mine antipersonnelle un peu moins d'1 dollar…

Le second élément est la prise de contrôle par les bandes armées, et en particulier les forces de la Séléka, de mines d'or – « introduit en contrebande au Cameroun après avoir transité par Bangui » –, de circuits d'exploitation et de commerce du diamant, et de trafics de bois. « Les exportations officielles de diamants ont été interdites en mai. L’acquisition de maisons à Bangui s’est néanmoins poursuivie dans le but d’acheter et de stocker officiellement des diamants en provenance de toutes les zones de production, tandis qu’on assiste à une augmentation du trafic des diamants transitant par Bangui ou par les États voisins », note le rapport. (Il peut être lu ici dans sa totalité et un entretien avec l'un de ses auteurs est disponible là.)

Sur le plan politique, rien ou à peu près n'a avancé ces derniers mois. La désignation comme chef d'État, le 20 janvier, par le conseil national de la transition et sur forte pression de la France, de Catherine Samba-Panza, alors maire de Bangui, en remplacement de Michel Djotodia qui avait le soutien de la Séléka, n'a satisfait aucune des parties. La tenue d'élections, un temps annoncées par la France dès cet automne, relève du vœu pieux tant il ne reste rien de l'administration ni de l'État centrafricains. Les pays voisins et le plus impliqué d'entre eux en Centrafrique, le Tchad, considèrent avec méfiance Catherine Samba-Panza.

« Les interrogations autour de la légitimité de la transition en cours risquent de faire dérailler l’actuel gouvernement, notamment dans la mesure où elles soulèvent la question sensible de la représentation. Le pays a une longue histoire de transitions ratées et d’accords de paix précaires », rappellent les enquêteurs de l'ONU.

Cela ne rend que plus fragile, à ce stade, l'affirmation du ministre français Jean-Yves Le Drian, assurant que « la solution en Centrafrique ne sera que politique ». Fin juillet, les responsables des pays voisins doivent tenir une conférence à Brazzaville. La précédente n'avait débouché sur rien, Catherine Samba-Panza ayant été tout juste autorisée à y intervenir sur pression de la communauté internationale, avant de devoir attendre dans le couloir (lire ici)… Tout est en place pour que perdure une longue période d'instabilité durant laquelle le pays sera mis sous tutelle internationale, chacun des pays voisins – et le Tchad en premier lieu – continuant à faire valoir ses intérêts.

Une situation à l'image de la RDC-Congo

Car le relais escompté par la France n'a pas encore eu lieu. Aux côtés de Sangaris, 5 800 soldats d'une force de l'Union africaine sont officiellement déployés. Le Tchad s'en est retiré après sa mise en cause dans des exactions contre les civils et ces troupes demeurent aujourd'hui pour l'essentiel cantonnées dans quelques places fortes, faute de moyens logistiques et de commandement. Quant aux Nations unies et au déploiement d'une force de maintien de la paix à partir de septembre, ses rapports montrent les hésitations croissantes à s'engager, de peur de reproduire une situation expérimentée, par exemple, en RDC-Congo où les 17 000 Casques bleus sont présents depuis 2002…

Tout est encore à faire en Centrafrique, où plus de la moitié de la population (soit 2,5 millions de personnes) a besoin d'une aide alimentaire et où l'État s'est évanoui. Plus d'armée, des fonctionnaires non payés durant quatre mois, l'éducation à l'arrêt, l'état-civil en ruines, plus de justice et pas plus de police… Cette disparition de l'État centrafricain inquiète au plus haut point sur la poursuite des violences. Car les tueurs et les chefs de bandes se promènent en toute liberté à Bangui et dans les autres villes du pays.

Dans une étude très documentée, Amnesty International vient de publier le 10 juillet une liste nominative de responsables d'exactions : « La présence de forces internationales de maintien de la paix n’a pas permis de mettre un terme à la violence », note l'organisation, qui plaide pour la mise en place « d’un tribunal hybride, composé d’experts centrafricains et internationaux, pour juger les crimes de droit international et aider à renforcer le système judiciaire national. Ce tribunal n’empêcherait pas la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert un examen préliminaire de la situation, d’engager des poursuites dans un certain nombre d’affaires. »

Mais avant cela, l'ONG insiste sur la désintégration de tout l'appareil sécuritaire. La seule prison du pays encore officiellement en activité, celle de Bangui, a connu depuis janvier trois vagues d'évasions massives qui ont permis aux chefs de guerre de retrouver la liberté. Conséquence, note Amnesty, « les magistrats du parquet, les policiers et les gendarmes ne veulent pas prendre le risque ne serait-ce que de retourner à leur bureau pour reprendre le travail. La terreur est palpable chez les magistrats, les avocats et les autres professionnels de la justice dans le pays. Le procureur de Bangui a déclaré à des journalistes, fin mai 2014, que toutes les procédures pénales étaient suspendues en raison de ce climat ». (Le rapport d'Amnesty International peut être lu ici, en version intégrale, ou là.)

L'opération française Sangaris a-t-elle donc permis d'éviter le pire ? Tous les rapports disent le contraire et le débat sur son opportunité et sa pertinence commence à poindre en France. « L'intervention française a sans doute freiné un engrenage très dangereux, mais elle a pu aussi susciter des espoirs irraisonnés et libérer des forces destructrices, d'où la complexité de la tâche », dit prudemment le sénateur Christian Cambon (UMP), qui, avec d'autres sénateurs, a effectué en avril une mission d'information. « Les personnalités qui sont au pouvoir de transition sont excellentes pour le dialogue avec les capitales occidentales et les bailleurs de fonds, mais cela n'a pas d'efficacité sur le terrain », ajoute la sénatrice Michèle Demessine (PCF). (Le compte-rendu est à lire ici.)

De son côté, la commission de défense de l'Assemblée a entendu, mercredi 9 juillet, deux députés chargés d'une mission d'information sur les opérations françaises en Afrique. Yves Fromion (UMP) et Gwendal Rouillard (PS) s'inquiètent tous deux de l'enlisement prévisible. « Là encore, comme au Mali, le scénario de sortie d’opération est moins que clair », dit Yves Fromion, qui résume ainsi la situation : « La force Sangaris a fait au mieux avec ce qu’elle avait : 2 000 hommes et peu d’appuis. L’armée centrafricaine n’est plus qu’une virtualité, et ni la police ni la gendarmerie nationales n’ont la moindre consistance en dehors de la capitale. Il n’y a plus d’État hors de Bangui. Quant à l’Europe, on touche le fond. »

Difficulté majeure : la situation militaire française en Centrafrique fait directement écho à celle rencontrée au Mali, un an et demi après le début de l'intervention ! Malgré les évidentes différences entre les deux pays et les types de conflit rencontrés, c'est encore une fois le brouillard entourant les avancées politiques et les scénarios de désengagement qui frappent les deux députés.

« La situation au Mali, aujourd’hui, est loin d’être stabilisée, et la “déconvenue” – pour ne pas dire autre chose – des forces maliennes lors de l’aventureuse expédition qu’elles ont menée dans le Nord au mois de mai, en dépit de toutes les mises en garde, suffit à le prouver », a expliqué Gwendal Rouillard. Fin mai, en effet, l'armée malienne était mise en déroute dans le Nord en voulant reprendre la ville de Kidal aux forces touarègues du MNLA. Cette défaite venait crûment souligner deux choses : l'armée malienne demeure peu opérationnelle malgré les efforts d'organisation et de formation faits par la France et certains pays européens ; le refus du pouvoir malien de négocier un accord politique durable avec les populations du Nord et les mouvements touaregs empêche toute stabilisation du pays.

Dialogue politique à l'arrêt

« Le dialogue intermalien, c’est-à-dire le processus de réconciliation entre Maliens, piétine », confirme le député Rouillard, qui ajoute : « L’expérience de nos OPEX – opérations extérieures – en Afrique montre que l’on peut y être pour longtemps : Épervier, au Tchad, dure depuis 1986 et Licorne, en Côte-d’Ivoire, depuis 2002… » (Lire ici le compte-rendu complet de l'audition de la commission de défense. Le rapport d'information peut être lu ici) « Si aucune initiative politique n’est prise concernant, au nord, ceux qui veulent bien discuter, on peut craindre les effets de porosité entre les groupes armés signataires de l’accord du 18 juin 2013 et les groupes armés terroristes de toutes obédiences. Il ne faut pas tarder », disait, dès le mois d'avril, le ministre Jean-Yves Le Drian aux parlementaires (son audition en avril est ici).

Depuis, aucune discussion n'a abouti, le président malien Ibrahim Boubacar Keita – ouvertement soutenu par la France lors de l'élection de l'an dernier – ne voulant pas entendre parler d'une autonomie des régions du Nord.

Outre les réserves de certains parlementaires qui commencent à s'exprimer publiquement – fait rare en matière de défense –, plusieurs ONG soulignent les incohérences ou les impasses françaises. La plus virulente, habituée à dénoncer les méfaits de la Françafrique, est l'association Survie, qui pointe « les risques déstabilisateurs des interventions étrangères », et rappelle que la France, pour gérer ces deux crises, doit une fois de plus s'allier avec quelques-uns des pires régimes africains : Paul Biya (au pouvoir au Cameroun depuis 1982), Idriss Déby (au pouvoir au Tchad depuis 1990), Denis Sassou Nguesso (au pouvoir au Congo-Brazzaville depuis 1979) ou encore Blaise Compaoré (dirigeant du Burkina Faso depuis 1987).

C'est pour tenter de reprendre l'initiative que François Hollande et Jean-Yves Le Drian vont se rendre cette semaine en Afrique. Le ministre pour signer à Bamako, le 16 juillet, un traité de coopération militaire avec le Mali, texte en souffrance depuis six mois sur fond de désaccords avec le président Ibrahim Boubacar Keita. Le chef de l'État se rend, lui, en Côte-d'Ivoire, au Niger et au Tchad, les 17, 18 et 19 juillet, pour y détailler le nouveau dispositif militaire français dans le Sahel. Il s'agit aussi de s'assurer de la coopération de l'homme fort de la région, Idriss Déby, puisque le centre de ce nouveau dispositif français se trouvera dans la capitale tchadienne.

Car la France, sans plus de coordination avec l'Europe ou avec les États-Unis, pourtant régulièrement accusés par nos responsables politiques de laisser l'armée française faire seule “le sale boulot”, a décidé de renforcer sa présence dans la bande sahélienne en remodelant ses implantations dans les différents pays africains. Trois mille hommes seront durablement installés dans la région, tandis que d'autres bases (Libreville au Gabon et Djibouti) verront leurs effectifs fortement décroître.

Voilà comment, d'interventions d'urgence initialement présentées à l'opinion comme limitées, antiterroristes ou humanitaires, l'armée française est de nouveau durablement et lourdement engagée dans plusieurs pays africains. La France « n'a pas d'intérêts » au Mali et en Centrafrique, n'ont cessé de dire François Hollande et ses ministres. Elle est pourtant aujourd'hui celle qui tient à bout de bras ces régimes, prêtant à nouveau le flanc à toutes les accusations de néocolonialisme.

Source: Mediapart

POST SCRIPTUM

« Serval», «Barkhane», si la nouvelle Françafrique, initiée par Sarkozy, revue et corrigée par Hollande, a beau se cacher derrière des noms d'opérations exotiquesl'objectif est le même" écrit ce matin l'éditorialiste du Quotidien d'Oran, sous le titre "La logique guerrière de Paris", après l'annonce de l'extension de l'intervention militaire française "pour  un durée indéterminée." Examinant les implication de cette logique guerrière sur l'Algérie, Moncef Ouafi écrit : "La situation africaine est tellement instable qu'aucune garantie de la paix n'est assez solvable, et si Alger a choisi la voie du dialogue, c'est par souci de s'éviter toute tentation d'interventionnisme en dehors de ses frontières. Pourtant, Paris cherche à s'appuyer davantage sur l'Algérie pour une coopération plus étroite concernant l'aspect sécuritaire dans la région d'autant plus que la France est sur le point, même si elle le dément, d'ouvrir un nouveau front au Nigeria".

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian lors d'une visite à Bangui. © ECPAD

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian lors d'une visite à Bangui. © ECPAD

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