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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le 14 juillet 1957, le drapeau des commandos parachutistes sur les Champs Elysées. Photo DR

 

Ecolier au temps du colonialisme, je e souviens de ces commémorations où on nous obligeait à chanter en chœur la Marseillaise. Nous marmonnions des propos inintelligibles, plus ou moins orduriers, à la place des vers de Rouget de Lisle. 

Le colonialisme français nous avait dégoutés de l'histoire française, et même de sa Révolution. Le 14 juillet était la principale fête coloniale, tout simplement.

On sait comment a évolué la célébration officielle du 14 juillet. Ce jour de 1789 où le peuple de Paris a pris la Bastille est devenu celui de l'étalage de la puissance militaire d'un empire colonial. Parmi les Français, cette perversion militariste de la journée révolutionnaire n'est pas unanimement acceptée. Ecoutons Georges Brassens: "Le jour du 14 juillet je reste dans mon lit douillet, la musique qui marche au pas cela ne me regarde pas".

Deux années après l'indépendance, vers 1964, j'ai découvert à 20 ans les paroles de la Marseillaise, hymne magnifique à la libération nationale, en même temps que je me passionnais pour la Révolution française. J'ai notamment découvert et aimé le conventionnel Saint-Just, sa fameuse chevauchée de Fleurus, aux côtés des sans-culottes, face aux armées coalisés de l'Europe monarchiste. Et les extraordinaires fulgurances de son intelligence. Au procès du roi : "On ne règne pas impunément". Ou dans ses Fragments nocturnes : "De tous les arts, seul l'art de gouverner n'a produit que des monstres".

En 1989, à l'heure de la prise du pouvoir par le Spectacle, Mitterrand avait décidé de redonner de l'éclat au 14 juillet, à l'occasion du Centenaire de la prise de la Bastille. Son héritier François Hollande est aussi un homme du spectacle mais il préfère mélanger les genres. Il garde le 14 juillet pour le décor, mais il choisit de commémorer... le centenaire de la Première guerre mondiale. Notre ministre chargé du gaz de schiste sera présent aux Champs Elysées, ainsi que "trois porte-drapeaux et gardes officiels, deux jeunes filles et deux jeunes gens” (APS).

Personnellement, je serais absent. Mes proches le savent: je n'aime pas les Champs Elysées, je préfère le quartier de la Bastille.

Photo DR

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