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Publié par Saoudi Abdelaziz

78 navires marchands avaient été acquis en totale propriété entre 1977 et 1979 à la faveur du deuxième plan quinquennal.  De plus, 150 à 200 navires étaient régulièrement affrétés. Aujourd'hui, le pavillon algérien ne flotte que sur une douzaine de navires en propriété. L'ouverture libérale et le bradage du patrimoine sont passés par là. 

Maghreb Emergent titre ce matin : "Saignée par les armateurs étrangers, l’Algérie prévoit la reconstruction du pavillon national". Le site économique reprend les annonces faites à l'APS par Abdelkrim Rezal, directeur d'études au ministère des Transports : "Les pouvoirs publics ont décidé de refonder et de reconstruire le pavillon national pour des raisons stratégiques notamment la régulation du trafic portuaire" (Lire l'article ci-dessous)

 

Il y a cinq ans, ce fonctionnaire, alors directeur de la marine marchande au ministère des transports, déplorait : « La flotte ne couvre que 2% des besoins du transport maritime ». C'était en juillet 2009 et l'on pouvait lire  : "Les instructions du président de la République, relatives à la restauration de la flotte maritime algérienne, qualifiée de mort-vivant par le Ministre des Transports, Amar Tou, seront mises en application, a annoncé le directeur de la marine marchande, au Ministère des Transports".

Cinq ans plus tard, devenu directeur d'étude dans le même ministère, M. Rezal annonce enfin : " des crédits ont été alloués pour l'acquisition de 25 navires de marchandises et 2 navires pour les passagers". 

Mais Il oublie de préciser que ces crédits avaient été décidés... il y a quatre ans.

En mars 2010, en effet, rendant compte d'un conseil inter-ministériel, l'APS rapporte: " Au programme, 26 navires à commander. Le dernier conseil interministériel, qui a examiné le dossier, est attendu pour se prononcer définitivement, lors de sa prochaine réunion, sur ce programme de renouvellement du pavillon national. Le directeur général de la CNAN confirmait . « Il y a une prise de conscience aujourd’hui. Ces navires vont être acquis dans le cadre du nouveau plan de relance économique 2010/2014 »,

L'annonce de 2010 semble avoir été accueillie avec prudence à l'époque. On pouvait lire dans algeria.com: "Ce n’est pas la première fois, que la CNAN fait l’objet d’un plan de redéploiement. Ceux qui ont précédé cet ultime programme annoncé par le DG de CNAN MED ont eu un goût d’inachevé. Il faut dire que cette compagnie a été secouée aussi par des vagues de désinvestissement".

Alors que penser  des nouveaux projet annoncés au creux de l'été?

 

Saignée par les armateurs étrangers, l’Algérie prévoit la reconstruction du pavillon national

 

Le pavillon national ne couvre que 3% du marché de transport maritime qui représente pourtant près de 95% des échanges commerciaux de l'Algérie. Le pays projette d'atteindre un taux situé entre 20 et 30%.

Par Younès Djama, 13 juillet 2014

La modernisation du pavillon national est devenue une nécessité vitale pour les pouvoirs publics, au regard des enjeux stratégiques que ce secteur implique, a expliqué à l’APS, Abdelkrim Rezal, directeur d'études au ministère des Transports. C’est ainsi que, relève le responsable, près de 95% des échanges commerciaux de l'Algérie se font aujourd'hui par voie maritime. « C'est pourquoi les pouvoirs publics ont décidé de refonder et de reconstruire le pavillon national pour des raisons stratégiques notamment la régulation du trafic portuaire », a-t-il ajouté. Sans avancer de chiffres, Abdelkrim Rezal affirme que durant les trois dernières années, des enveloppes financières importantes ont été consacrées au développement intégré de tout le secteur maritime et portuaire algérien. Ainsi, des crédits ont été alloués pour l'acquisition de 25 navires de marchandises et 2 navires pour les passagers.

« La flotte algérienne était dans les années 1980 classée parmi les 50 premières flottes mondiales car elle disposait de navires les plus modernes et sophistiqués de la région, ce qui nous a permis de couvrir nos besoins en matière de transport », a-t-il fait remarquer. Au lieu de continuer sur cette voie de développement, le secteur a lourdement pâti de l’arrêt de l’investissement, ainsi qu’un tas d’autres facteurs liés aux difficultés de gestion, au développement de nouvelles technologies et l’ouverture du secteur à la concurrence. Autant de facteurs qui ont permis à d'autres armements de grignoter des parts de marché au pavillon national, a regretté Rezal.

Investir dans la réparation navale

L’investissement dans les moyens logistiques n’est pas la seule voie pour faire développer le secteur maritime, il y a aussi le développement de la réparation et de la maintenance navale. Selon M. Rezal, les capacités nationales de réparation navale ne couvrent actuellement que 10 à 14% des besoins, l'essentiel des interventions et des arrêts techniques sont effectués dans des chantiers étrangers, avec ce que cela implique comme dépenses importantes qui gagneraient à être investies dans le domaine. A titre d’illustration, la facture de réparation navale a atteint un pic de 50 millions de dollars par an quand la flotte algérienne a connu son apogée avec pas moins de 75 navires de tous types.

La conteneurisation, Talon d’Achille

Autre préoccupation soulevée, le développement et la modernisation des infrastructures portuaires pour lesquels un programme a été lancé « car la tendance du transport maritime, souligne le cadre du ministère des transports, c'est la conteneurisation de toutes les marchandises diverses ». Sur ce registre, aussi, l’Algérie connait un retard par rapport à la tendance mondiale. En effet, les marchandises conteneurisables ont atteint un taux de 70% au niveau mondial, alors qu'en Algérie ce taux se situe entre 35 et 45%, d'où la nécessité, explique ce responsable, de se mettre au diapason par le développement de terminaux spécialisés pour le traitement de conteneurs. Actuellement les conteneurs destinés à l'Algérie sont transbordés dans des ports méditerranéens notamment en Espagne, Italie, Malte pour être transportés par des petits navires "Fedels" vers les ports nationaux, induisant par la même des surcoûts. L’Etat tente de remédier en engageant des partenariats avec des opérateurs internationaux spécialisés dans les terminaux à conteneurs. D’abord en 2004 avec le singapourien Portek dans le cadre d’une jointe venture avec l'Entreprise Portuaire de Bejaia (EPB), le Bejaia le Mediterranean Terminal (BMT). Ensuite en 2009 avec l’émirati DP World pour le terminal conteneurs du Port d’Alger en partenariat avec l’Entreprise du Port d’Alger(EPA). Cela devrait se renforcer par la réalisation prochaine d'un nouveau port commercial entre les villes de Dellys (Boumerdès) et de Ténès (Chlef) devrait répondre aux besoins de développement du secteur portuaire.

Source: Maghreb Emergent

photo DR

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