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Publié par Saoudi Abdelaziz

Retour au blog après quelques jours au vert sans les actualités du bled. Celles d'aujourd'hui donnent l'envie de se remettre en vitesse au vert. Ou de revenir à Spinoza (j'ai contemplé sa statue avant hier) pour éclairer les nouvelles du jour. "Qu’est-ce qu’il y a de commun pour Spinoza écrivait Gilles Deleuze entre un tyran qui a le pouvoir politique, un esclave, et un prêtre qui exerce un pouvoir spirituel ? Ce quelque chose de commun c’est ce qui va faire dire à Spinoza : mais ce sont des impuissants ! C’est que d’une certaine manière ils ont besoin d’attrister la vie !".

Devinez quels sont les personnages "impuissants" de Spinoza dans les nouvelles qui suivent.

 

"Les Américains se disent très intéressés. L’exploitation de gaz de schiste est inéluctable et les pouvoirs publics tiennent à le faire savoir" titre  El Watan. Comme les autres quotidiens, ce journal fait aujourd'hui l'impasse sur les protestations. Après un petit baroud d'honneur, les patrons de presse rentophage pensent sans doute que la messe a été dite.

«Tout ce qui est écrit est un peu exagéré»: c'est ce dont "ont convenu" Ernest Moniz le ministre américain de l'énergie et son homologue algérien, rapporte le Soir d'Algérie. C'est Youcef Yousfi lui même qui l'affirme, en réaction aux nombreuses condamnations de la décision de recourir à court terme à la fracturation hydraulique. Les multinationales pétrolières américaines ont mis en oeuvre cette technologie. «Les sociétés américaines sont très intéressées» confie Ernest Moniz, qui a été reçu en grande pompe par le président Bouteflika. Le même jour, Abdelmalek Sellal affirme devant les parlementaires " l'irréversibilité" de cette décision, tout en pratiquant, comme à son habitude, le flou sur l'échéancier. Selon le premier ministre, la décision d'engager la production et donc la fracturation hydraulique a été prise parce que «ça serait un péché de ne pas exploiter le gaz non conventionnel, car on va mettre l'avenir des générations futures en péril»

"Chaque Algérien est un Khalifa en puissance" écrit dans le Quotidien d'Oran, Abdou Benabbou le gérant du journal qui a repris depuis peu la fonction d'éditorialiste. Après la hauteur de vue de K. Selim et les analyses sagaces de M. Saadoune, le nouveau style est "terre à terre", il veut prendre les Algériens comme ils sont, leur dire leur vérité "entre quatre yeux". Morceaux choisis ce matin: "Les Khalifa, Khelil et autres du même acabit ne sont que des Algériens lambda. Ils n'ont eu que le tort de se vautrer plus que les autres dans un sofa jouissif que tous les Algériens ou presque auraient bien voulu qu'il soit aussi le leur. Ils ont été seulement plus avides et plus entreprenants dans une course ouverte à tous depuis que l'idée de l'indépendance de l'Algérie avait fini par germer".
"A la cupidité de l'esprit des forts, depuis, a répondu l'avidité des faibles jusqu'à faire de la gouvernance un outil douteux pour une alchimie pour tous. De quoi faire de chaque Algérien un Khalifa en puissance."

"Chaque algérien", "tous les Algériens"?  Pour l'édification et l'effort de rédemption de ses lecteurs algériens, on attend une description de la manière dont l'Algérien Benabbou a utilisé "l'alchimie pour tous", pour réussir comme patron de presse. A quoi bon, lui dirait sans doute son chroniqueur Kamel Daoud, dont les derniers mots de la chronique sont ce matin: "Le peuple est fini".

 

DR. Spinoza

DR. Spinoza

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