Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

La légalisation internationale du coup d'Etat égyptien, les arrangements géopolitiques en cours pour "calmer le jeu" en Syrie et ailleurs, ouvrent-ils la voie à la solution durable des crises politiques dans le monde arabe. C'est peu probable car ces crises, si elles sont aggravées et utilisée par les stratégies et contradictions impériales, sont d'abord provoquées, fondamentalement, par le blocage à l'affirmation de la souveraineté des peuples sur leurs Etats-nations.

 

Les héritiers de Ben Ali font allégeance à Al Sissi

Le ton avait été rapidement donné par la Maison-Blanche, qui a annoncé dans un communiqué l'impatience des États-Unis à travailler avec le président égyptien «pour faire avancer notre partenariat stratégique et les nombreux intérêts communs aux États-Unis et à l'Égypte. L’Union européenne, par la voix de sa chef de la diplomatie Catherine Ashton, a renchéri en saluant «Abdel Fattah El-Sissi comme nouveau président de l’Égypte» et «espère qu’il relèvera les défis importants auxquels fait face le pays". Le roi d’Arabie saoudite n'avait pas besoin d'être stimulé: il a salué la victoire «historique» de Abdel Fattah al-Sissi. 

En Tunisie, dans une lettre de vives félicitations, signée Béji Caïd Essebsi, publiée sur son site Facebook, le président de Nidaa Tounes, l'organisation qui draine les forces de l'ancien régime Ben Ali, et aspire à reprendre la direction du pays, félicite Al Sissi de sa "grande victoire" lors de ces élections "libres et transparentes". 

De son côté le président Moncef Marzouki ne semble pas avoir été impressionné par le score impressionnant mis au point par les services du maréchal (96,9 % des suffrages) mais qui ne réussit pas à cacher la majorité écrasante des abstentions et des votes nuls. Le président tunisien a décliné l’invitation d'assister à la cérémonie d’investiture d'al Sissi, président le 8 juin, déléguant pour cette besogne le ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi. Moncef Marzouki a préféré, ce jour du 8 juin, participer sur Ettounsia Tv à l’émission de Samir-El-Wafi ‘‘Liman Yajro’ Faqat’’ qui lui est consacrée.

"Bas les masques". Sous ce titre, Seif Souidani, écrit dans sa chronique hébdomadaire sur le site tunisien Nawaat.org: "Ce télégramme de félicitations officielles de Nidaa à l’adresse de « son excellence le président Abdelfattah al Sissi » restera dans les annales de l’histoire des contre-révolutions, du moins celle des « reprises en main autoritaires », pour reprendre un euphémisme (...) Esseulé, autocratique dans sa gestion interne, et ami des dictatures régionales, le parti d’Essebsi semble déjà le quatrième candidat idéal à un futur axe al Assad – al Sissi – Bouteflika".

La douche froide de Lakhdar Brahimi

Entre le triomphalisme présidentiel assadien, les états d'âme des djihadistes devenus les mal aimés des médias mainstream occidentaux, et sur fond de tractations géopolitiques mondiales, les déclarations de l'ancien représentant spécial des Nations unies pour la Syrie, font l'effet d'une douche froide. Lakhdar Brahimi prévient que "toute la région risque d'exploser" si une solution politique au conflit qui déchire le pays depuis plus de trois ans n'est pas rapidement trouvée. Dans une interview au magazine allemand Der Spiegel, il prédit que "Le conflit ne va pas rester confiné en Syrie". Le diplomate algérien, qui a démissionné le 31 mai de son poste de représentant de l'Onu, reproche à l'Arabie saoudite et au Qatar, d'avoir fait une erreur en soutenant "les efforts de guerre au lieu des efforts de paix". L'ancien représentant onusien accuse le régime de Bachar al Assad et les rebelles de se rendre quotidiennement coupables de crimes de guerre en utilisant la famine comme arme de guerre, des civils comme boucliers humains ou encore en ayant recours aux armes chimiques.
 

AFP/Fabrice Coffrini

AFP/Fabrice Coffrini

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article