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Publié par Saoudi Abdelaziz

Septembre 2012 à Alep, lorsque les djihadistes hexagonaux souriaient à la une des journaux français. Photo Handout / reuters

 

« La menace principale portant sur le sol français semble donc bien émaner d’individus qui retournent en France après s’être formés dans les zones de djihad, de plus en plus nombreuses et accessibles ».

C'était, le 24 mai 2013, la mise en garde formulée dans le rapport de la  Commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés, créée après l'affaire Merah. Le député écologiste Christophe Cavar, président de cette commission notait d'emblée, de manière prémonitoire : " On ne peut que s’étonner du fait qu’il n’y ait pas plus d’affaires Merah". 

"Un pays facile d'accès" titrait Le Figaro en mars 2013 à propos de la Syrie, en rendant compte des inquiétudes du juge anti-terroriste Marc Trévidic. De France, pour aller au "combat sacré", Mehdi Nemmouche, le suspect de l'attentat de Bruxelle, était tranquillement passé par Londres, Beyrouth et Istanbul. Pour un Français, nul besoin de visa pour atterrir en Turquie, la route est ensuite facile pour rejoindre un camp près de la frontière syrienne. «Et personne ne les empêche de franchir la frontière», ajoutait Marc Trévidic, qui concluait à l'existence d'un «djihad autorisé». Et légitimé par Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française face à Bachar el-Assad, le «massacreur en chef», selon ses termes.

 

Retour à l'envoyeur

Fin 2013, le centre international pour l’étude de la radicalisation, un think tank londonien, avait dénombré jusqu’à 11 000 étrangers partis combattre aux côtés des groupes djihadistes en Syrie depuis le début du conflit, dont près de 2 000 combattants venant de la zone Schengen. Sous le titre "Les services européens antiterroristes sont débordés par les retours de Syrie" Mediapart consacre le 6 juin, une enquête à l'effet de retour de cette politique fabusienne de soutien actif au djihadisme. Louise Fessard écrit "La menace d’attentat consécutive au retour des djihadistes étant passés par la Syrie était connue." 

Après les récentes modifications apportées à la stratégie américano-européenne contre la Syrie, les "services" organisent le rappel d' auxiliaires djihadistes. La chose n'est pas facile et crée des frustrations. Le syndrome Merah est latent parmi des djihadistes privés de «combat sacré». 

Mehdi Nemmouche, le jeune Français soupçonné de l'attentat contre le musée juif de Bruxelle, était parti guerroyer en Syrie en décembre 2012. Le 18 mars 2014 de retour en Europe, il est "pointé" à l'aéroport de Francfort. Selon les explications fournies à la presse, ce djihadiste rapatrié aurait été "perdu de vue" , puis retrouvé le 30 mai, après l'attentat, lors d’un « contrôle inopiné ». "Perdu de vue", comme le fut Mohamed Merah et comme lui tout aussi facilement retrouvé. Mais, à la différence de Merah, exécuté avant de s'exprimer sur ses actes, Nemmouche pourrait, peut-être, raconter ses relations particulières avec les services...

 

Septembre 2012 à Alep, lorsque les djihadistes hexagonaux souriaient à la une des journaux français. Photo Handout / reuters

Septembre 2012 à Alep, lorsque les djihadistes hexagonaux souriaient à la une des journaux français. Photo Handout / reuters

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