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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le secrétaire général du syndicat UGTA du complexe ArcelorMittal d'El Hadjar a été révoqué par la centrale syndicale. Elle reproche à Daoud Kechichi "ses écarts en matière de conduite syndicale". Cette mise à l'écart, instamment demandée par l'employeur, semble clore un chapitre de l'histoire syndicale dans le complexe sidérurgique. Contrairement à l'UGTT tunisienne qui a su mener de front luttes revendicatives et luttes politiques, la hiérarchie de UGTA inféodée au pouvoir semble avoir perdu le contact avec les réalités du monde du travail. Le seul véritable atout qui maintient son hégémonie toute formelle reste la dispersion voire l'atomisation des initiatives autonomes à laquelle veillent les services. Dans les secteurs "économiques", le complexe d'El Hadjar sera sans doute un des laboratoires des luttes pour jeter les bases du nouveau syndicalisme venu à maturité.

 

Chronique d'une reprise en main

 

Le 10 mars 2014, une grève est déclenchée contre la gestion calamiteuse du complexe. Le correspondant du Quotidien d'Oran écrit : "Cette situation désastreuse, les syndicalistes la mettent sur le compte d'une mauvaise gestion adoptée par le partenaire étranger, voire d'une volonté clairement établie «de mettre les bâtons dans les roues» pour bloquer toute stratégie visant le développement et l'amélioration de la production du complexe sidérurgique." 

13 mars 2014, 4000 ouvriers se rassemblaient devant la direction générale du complexe, pendant que le conseil d'administration installait le nouveau directeur général désigné par ArcelorMittal en remplacement de Le Gouic. Ils exigent le redressement de la gestion du complexe. La centrale syndicale utilise un certain Ammouri pour appeler les salariés à "d'attendre encore jusqu'au 17 avril.Le pays a besoin de passer le cap de l'élection présidentielle en toute sérénité et dans la stabilité".

Le 26 mai 2014, l'élection présidentielle passée, le Quotidien d'Oran titrait: Que se passe-t-il, encore, à ArcelorMittal Annaba? Abdelkrim Zerzouri rapporte des propos de Daoud Kechichi, secrétaire général du syndicat d’entreprise du complexe: «La situation s’est dégradée d’une façon alarmante après l’élection présidentielle, où des voix disant s’exprimer au nom du président de la République et de l’ex. ministre du secteur, M. Amara Benyounes, en l’occurrence, font entendre qu’elles vont dégommer plusieurs cadres de leurs postes de responsabilités et les remplacer par d’autres, bien sûr, selon leurs convenances ».  

Le 29 mai 2014.  Neuf cadres et employés, "impliqués dans une affaire de malversations commises au préjudice de l’usine ArcelorMittal Annaba", selon le quotidien El Moudjahid, sont écroués par le tribunal d’El Hadjar.

Une semaine plus tard des arrêts de travail sont déclenchés dans les ateliers de production. Les "sources" de Maghreb Emergent donnent les motivations de ces mouvements : "Pour dénoncer les poursuites judiciaires contre des salariés, des sous-traitants et des clients de l’usine dans une affaire de vols et de malversations". Les ouvriers des ateliers feraient donc grève pour défendre des malversations? Dans Maghreb Emergent Mohamed Zine Rezkallah après avoir cité ses "sources" note toutefois : "Ces arrêts de travail, dont les tenants et les aboutissants restent peu clairs" et ajoute : "Selon l’union de wilaya de l’UGTA, l’actuel secrétaire général du syndicat d’entreprise, Daoud Kechiche, vient de faire l’objet d’une suspension de la part du patron de ce syndicat, Abdelmadjid Sidi Saïd, pour avoir incité les travailleurs à recourir à la grève suite à la découverte de cette affaire".

Quinze jours plus tôt, Le quotidien Liberté donnait le 1er juin des informations totalement différentes : "Le secrétaire général du syndicat UGTA d’ArcelorMittal, Daoud Kechichi, se félicite de la neutralisation de ce réseau de malfaiteurs". Notant "la disparition de 5,5 t de cuivre, de 82 t de jets d’acier et d’une quantité importante d’huiles industrielles" Kechichi affirme: “Le site ArcelorMittal d’El-Hadjar a bénéficié d’une enveloppe de plus d’un milliard de dollars dans le cadre de son plan de développement. Cela fait beaucoup d’argent et cette perspective allèche ceux qui ont pris pour habitude de s’enrichir malhonnêtement sur le dos des travailleurs et au détriment de l’outil de production. Mes camarades et moi ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les en éloigner et préserver ainsi l’avenir des milliers de salariés.

15 juin 2014. Onze grévistes comparaissent devant le juge du tribunal d’El Hadjar. C'est selon El Watan le résultat de la menace de démission envoyée à Bouteflika par des cadres du complexe (300 selon les "sources" du quotidien). Ces cadres appellent "à engager sans plus attendre des poursuites judiciaires à l’encontre de tout individu ou groupe tentés de nuire aux intérêts de l’entreprise ou aux responsables mandatés pour y veiller». Aussitôt dit aussitôt fait : La direction générale dépose  une plainte contre les grévistes qui sans préavis, selon El Watan "occupent toujours, sur l’impulsion du secrétaire général du syndicat, l’atelier de réparation mécanique".  

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