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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le tueur, qui n'avait pas laissé de trace, était armée d'un pistolet muni de silencieux et attendait sa cible à la porte de l'ascenseur. Après cette exécution très professionnelle, aucune interpellation de suspects ni de défèrement à la justice. La chappe de silence médiatique suivra.

Cet avocat marxiste fut un des artisans de l'organisation de la lutte pour les droits de l'homme dans notre pays.

Dix huit ans plus tard, en février 2012, une dépêche de l’Aps a rapporté brièvement l’information suivante : « Le président tunisien, Mohamed Moncef Marzouki s’est recueilli, dimanche au cimetière d’El Alia à Alger, à la mémoire du défunt Youcef Fathallah, ancien militant des droits de l’homme en Algérie. L’hôte de l’Algérie a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du défunt et. Youcef Fathallah, un des fondateurs et ancien président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) a voué une partie de sa vie à la consécration des droits de l’homme et à la promotion de la démocratie et de la liberté de la presse ».

Ce geste de Marzouki, dès son arrivée à Alger, indique que la personnalité du défunt, mort en 1994, avait fortement marqué le futur président tunisien, alors en exil. C’était donc une personnalité hors du commun. Mais qui, parmi les jeunes Algériens, connaît cet homme remarquable? La dépêche de l’Aps, on ne mentionne même pas les conditions du décès du défunt.

Amnesty international dans son rapport de 1996 note : «En juin 1994, Youcef Fathallah, président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), a été assassiné... Trois semaines auparavant, il avait exposé la situation des droits de l’homme en Algérie dans une réunion organisée par Amnesty international à Berlin (Allemagne). Youcef Fathallah avait décrit les exécutions extrajudiciaires quotidiennes, les homicides et autres atteintes aux droits de l’homme perpétrés par les forces de sécurité et les groupes armés. Il avait aussi parlé de la terreur dans laquelle vivait la population civile ainsi que du renforcement de la censure et des informations de plus en plus sélectives sur la violence en Algérie... » (Extrait d'un rapport d'Amnesty International-1996).

Un mot pour finir: Maître Fathallah faisait parti de la commission d'enquête sur l'assassinat du président Boudiaf. Il avait exprimé des réserves sur le rapport final et avait refusé de l'endosser.

 

photo DR

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ettayeb 18/06/2014 12:46

le mot pour finir est de taille ! c'est terrible que sur une centaine de témoins directs alors présents à Annaba, personne jusqu'à présent n'a chercher à présenter publiquement son témoignage? à moins que les demandes en ce sens n'ont pas manqué mais que nos médias ont préféré faire la sourde oreille?