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Publié par Saoudi Abdelaziz

De plus en plus d'Algériens savent empiriquement où se situent les nœuds de la malformation historique de l'Etat algérien.  Trancher les nœuds de cette malformation est-ce possible dans la procédure fixée par la Présidence? Il est possible que l'opération politico-médiatique autour des amendements à la constitution soit une diversion pour masquer la maladie. Dans tout les cas, les débats en cours pourraient être une occasion de plus pour faire avancer les choses au sein d'une opinion publique en formation, et élargir l'espce politique, car la tâche de réaliser un consensus national sur la manière dont notre pays doit être conduit est considérable. 

 

Les rédacteurs des amendements constitutionnels ont multiplié les références grandiloquentes au peuple comme acteur constitutionnel. Mais, les moyens d'accroître l'intervention du peuple dans les affaires du pays sont absents dans les amendements que M. Ouyahia est chargé de vendre. On sait pourtant que l'Algérie est entrés dans une nouvelle séquence historique nourrie par un constat: les pathologies structurelles permanentes des pouvoirs publics ne peuvent être traitées dans des aménagements "internes". C'est irrémediable. Une opinion paru avant-hier dans le Quotidien d'Oran s'interrogeait : "Le mot «système» revient souvent dans les discussions entre Algériens. Ce mot désigne-t-il seulement le pouvoir politique, ou désigne-t-il d'autres significations plus profondes ?"

Parmi les pathologies profondes qui "font système", on peut noter:

-Le canal "invisible" de la corruption d'influence pour les contrats des marchés publics. Dans le système algérien, ces mécanismes survivent depuis des décennies aux contrôles et commission mis en place au sein de l'Exécutif. L'assemblée constituante tunisienne a compris qu'il faut s'attaquer au mécanisme de corruption, mis en place par le système Ben Ali. L'article 13 de la nouvelle constitution stipule : "Les ressources naturelles appartiennent au peuple tunisien. L’Etat exerce sa souveraineté sur ces ressources au nom du peuple. Les contrats d’investissement qui y sont relatifs sont soumis à la Commission spécialisée de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Les conventions conclues, portant sur ces ressources, sont soumises à l’Assemblée pour approbation". 

-Des institutions d'Etat, notamment chargés de répartir la rente  sont placée depuis des décennie dans un statut incontrôlable parce qu'y règne l'esprit de  "déresponsabilisé". Ce sont les institutions sécuritaires, conjointement aux influences claniques, qui occupent de manière informelle la fonction de contrôle, car assumant au départ des prérogatives (a-constitutionnelles) dans la sélection et le "suivi" des "emplois de l'Etat". A la longue avec ces prérogatives a-constitutionnelles, les services secrets, notamment le DRS, jouent un rôle objectif de déstructuration de l'Etat.

- Alors qu'ils sont sensés faire "remonter" la volonté populaire, les partis politiques et le mouvement associatif subissent eux aussi l'immixtion des officiers traitants, et des circuits de corruption qui les maintiennent dans un état de dépendance à l'égard de l'exécutif. Les nouveaux amendements présentés par Ahmed Ouyahia  renforcent les gardes fous contre l'activité partisane. Ainsi l'appréciation sur  la nature de "l'influence étrangère" interdite est sans limite puisque l'épée de Damoclès s'abattra  "quelque soit la forme" prise par cette influence. Vaste terrain de manipulations contre les partis...

-On dit que l'ANP et ses généraux exercent un pouvoir central effectif sur les décisions cruciales de l'Etat, alors l'Armée ne dispose pas de cette prérogative dans la constitution. Hier encore, l'ancien premier ministre, Mouloud Hamrouche continuait de patauger dans cette ambigüité schizophrénique. C'est sans doute l'une principale cause de "l'irresponsabilité" qui règne, à des degrés divers, aussi bien dans les institutions publiques que dans les partis. Elle nourrit parmi les Algériens la conviction que l'Etat agit sans règles claires et connaissables.

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