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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'ANP ne veut pas faire la guerre, car elle ne sait pas la faire. Se réfugier derrière la non-intervention est une situation confortable, mais stérile. C'est en substance l'argument des "sources" anonymes qui ont inspiré deux articles de politologue-journaliste,exerçant un métier oxymorique ne nécessitant que deux ou trois coup de fil. Avec, en bonus, cet argument au goût du jour: le chef de l'Etat est trop vieux pour faire la guerre.

 

"Un ancien officier supérieur" confie à Abed Charef : «En affirmant que l'ANP ne sortira pas des frontières, on cache en réalité une paralysie de l'appareil militaire, incapable de sortir des sentiers battus. Se réfugier derrière la non-intervention est une situation confortable, mais stérile». C'est sans doute cet officier supérieur qui a inspiré le titre de l'article en deux temps du politologue dans le Quotidien d'Oran : La non-intervention, une doctrine militaire éculée et paralysante.

El Watan de son côté ne donné pas de grade à sa "source militaire" tout aussi anonyme, qui affirme avec assurance : "Il est hors de question que se concrétise le projet d’un émirat islamiste en Libye. On peut adapter la doctrine, non la changer, pour faire face à un danger imminent à nos portes» La doctrine algérienne en question face au chaos libyen titre l'article qui réinvente la perspective historique en Libye, lorsqu'il écrit  : "La politique d’endiguement négative a montré ses limites face aux tensions à nos frontières (...) la Libye peut marquer une «adaptation» de la doxa de sécurité algérienne". En 2011-2012, l'Algérie n'était pas intervenue en Libye, alors que la puissante coalition de l'Otan, de l'Arabie Saoudite et du Qatar, appuyée par des troupes au sol autochtones, essentiellement jihadistes était en action pour renverser le régime de Kadhafi? Qu'aurait pu faire l'ANP? S'opposer frontalement à cette coalition? Participer à la curée et au partage du gâteau qui suivra, comme l'y invitait avec insistance El Watan qui menait une active campagne de presse en faveur de l'intervention occidentale?

Reproche-t-on aujourd'hui à l'ANP de ne pas avoir parachevé le travail en s'inscrivant dans la doctrine de guerre de l'Otan? On se rappelle les mises en garde pressante de notre pays devant l'afflux des armes libyennes sur le marché de la violence en Afrique. Notre blog avait alors rendu compte des assurances de Mme Clinton. On sait qu'elle perdra son poste après l'assassinat de son ambassadeur à Benghazi, conséquence d'un deal qui a mal tourné avec des jihadistes chargés de fournir des missiles sol-air soviétiques devant être acheminé en Syrie...

De son côté, Abed Charef ne répond pas non plus aux questions préjudicielles sur le contenu du changement doctrinal proposé. Son article est fortement marqué par des considérations  politiciennes: Il cite "l'ancien officier supérieur" qui "se demande même si le maintien de l'ancienne doctrine n'est pas lié à l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika". La veille, dans l'euphorie de l'évacuation par nos forces spéciales de l'ambassade à Tripoli, le politologue-journaliste concluait hâtivement : "Une opération réussie qui prouve que la doctrine paralysante de la non-intervention est éculée et qu'elle doit être adaptée au plus vite. Face au chaos libyen, à l'instabilité au Sahel et aux nouvelles menaces sécuritaires qui s'installent, l'Algérie est contrainte de réviser, dans le feu de l'action, une des doctrines de base de l'ANP, celle selon laquelle l'armée algérienne n'intervient pas hors de ses frontières"

Aujourd'hui, Abed Charef change de fusil d'épaule et écrit à tête reposée : "Changer de modèle militaire impose des changements très complexes. Cela impose aussi des préalables sans lesquels rien ne peut se faire (...). En l'état actuel des choses, un changement de cap peut difficilement être élaboré, validé et exécuté, car il nécessite un fonctionnement institutionnel optimum. Pour l'heure, ce n'est pas le cas."

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