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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

L'article 87 bis sera-t-il enfin abrogé? C'est ,depuis la fin des années 90 et pendant les trois premiers mandats de Bouteflika, l'une des revendications "structurelles" du mouvement syndical algérien. De l'UGTA aux syndicats autonomes. Le président élu s'était engagé pendant sa campagne électorale, à abroger l'article scélérat. On annonce que ce sera à l'occasion de la prochaine loi des finances. A suivre.

 

Lorsqu'en octobre 2006, la Tripartite avait porté à 12 000 dinars le montant du salaire minimum, Madjid Makedhi écrivait dans El Watan: "La revalorisation du SNMG s’avère encore une fois minime, d’autant que l’article 87 bis de la loi 90-11 d’avril 1990 relative aux relations du travail n’a pas été annulé. Cet article donne, soulignons-le, un caractère restrictif à la définition du SNMG, en incluant dans la comptabilité du salaire de base les primes et les indemnités. Ce qui fait que sa revalorisation reste sans impact sur le niveau des salaires".

Huit ans plus tard, un autre journaliste, écrit ce matin dans Le Quotidien d'Ora : "L'abrogation de cet article, introduit en 1994 dans la foulée de l'application d'un programme d'ajustement structurel sous l'égide du FMI, est une revendication qui revient régulièrement depuis 20 ans. C'est une disposition jugée scélérate qui bride les bas salaires en décrétant que le «salaire national minimum garanti comprend le salaire de base et les indemnités et primes de toute nature».

D'année en année, en dépit de la mollesse opportuniste de la Centrale syndicale, la revendication de l'abrogation de l'article scélérat n'a cessé de gagner en puissance. En novembre 2013, le chef de la mission du FMI (Fonds monétaire international) lance sa fameuse "mise en garde" du FMI aux autorités algériennes quant aux répercutions de la liquidation de sa vieillecréature sur "l’équilibre budgétaire".

En août 2013, c'est l'expert international, économiste, et néanmoins politologue néolibéral, Abderrahmane Mebtoul qui affirmait dans Liberté, après avoir malaxé diverses "hypothèses" : "Cela nous donnerait, comme incidences, s’il y a effet rétroactif pour 2013, entre 13,5 et 18 milliards de dollars additionnels et ce chaque année". Le chiffre est donné. Sans vérification ni évaluation contradictoire, Il alimentera comme parole d'évangile, de journaux en journaux et de site en site, l'argumentaire contre le risque de faire trop de social.

Le refus de l'abrogation s'intègre dans une campagne néolibérale d'ensemble expliquant les retards économiques du pays par l'excès de justice sociale dans le soutien aux services publics de la santé, de l'éducation et au pouvoir d'achat.

En février 2014, "l'expert international" rabotera son évaluation de "l'impact financier" de l'abrogation et lance une nouvelle actualisation, en chiffres ronds, sur la radio de Maghreb Emergent : « Sur la base des indications les plus récentes concernant la masse salariale à fin 2012 dans une fourchette de 9 à 11 milliards de dollars en rythme annuel ».

La propagande néolibérale s'en tiendra dorénavant à ce chiffre. Ce matin encore, on peut trouver l'écho du pont aux ânes de M. Mebtoul, dans la chute de l'article sur Le Quotidien d'Oran, cité plus haut : "L'économiste Abderrahmane Mebtoul, a estimé les coûts de l'abrogation du 87 bis dans une «fourchette de 9 à 11 milliards de dollars en rythme annuel». 

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