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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

En Algérie la précarité salariale signe la convergence stratégique entre le néolibéralisme et l'autoritarisme. Depuis le printemps 2011, ayant opté pour la voie de transformations "terre à terre", les salariés algériens ont arrachés, dans de nombreux secteurs, d'importants acquis touchant notamment à la stabilité de leurs emplois. Cependant, la précarité combinée au clientélisme continue de marquer largement les relations professionnelles, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public.

 

A Ahnif près de Bouira, de jeunes chômeurs ferment le siège de l’APC, pour protester contre le choix de "pistonnés" dans le recrutement d'agents communaux. Ils exigent un nouveau concours. Plus à l'est, des jeunes du pré-emploi de Constantine recrutés par l'intermédiaire de l'Anem ont décidé de s'affilier au syndicat Snapap : « Nous sommes mahgourine et en tout point de vue exploités par les directeurs des établissements dans lesquels nous sommes employés». Un responsable du Snapap note: «Des ingénieurs électroniciens ont été affectés à des postes de gardiennage dans des écoles».

Comme en contrepoint à ces constats,  Mogand Tahar Challal le directeur général de l'Anem, a prononcé, à Bejaïa, devant la presse, des phrases estimables mais qui ne vont sans doute pas contenter les jeunes d'Ahnif et de Constantine: «On ne peut pas lutter contre le chômage par des emplois administratifs. le secteur économique doit jouer pleinement son rôle à travers sa croissance et reste le créneau essentiel pour la lutte contre le chômage».

Ces paroles risquent d'être jugées sans sincérité par les 120 travailleurs contractuels de l'unité de Béjaïa de Sonatrach-TRC, un secteur on ne peut plus "économique". Ils luttent contre leur statut précaire. Z. Aissa leur porte-parole explique: " Nous ne comprenons pas le refus de la direction de nous permaniser, alors que la plupart d’entre nous ont servi plus de 18 ans dans l'entreprise sans avoir bénéficié de congé pendant huit ans».

L'objectif de la précarité est de désarmer le monde du travail. De le soumettre à l'autoritarisme et dans le même temps d'arracher des surprofits à la force du travail. La précarité est l'instrument économique néolibéral par excellence. En Algérie la précarité signe la convergence stratégique entre le néolibéralisme et l'autoritarisme.

Cette convergence a réussi à imposer une nouvelle fois son hégémonie sur l'Egypte, mais la greffe semble subir dans notre pays un rejet quasi-génétique. Samir Amin écrivait récemment : "La nouvelle société algérienne, issue de la reconquête de l’indépendance, n’avait plus rien en commun avec celle des époques précoloniales. Elle était devenue une société plébéienne, marquée par une très forte aspiration à l’égalité. Et la guerre de libération en Algérie avait produit, naturellement, une radicalisation sociale et idéologique. Cette aspiration à l’égalité ne se retrouve – avec la même force – nulle part ailleurs dans le monde arabe, ni au Maghreb (pensez à la force de la tradition archaïque de respect de la monarchie au Maroc !) ni au Mashrek".

 

POST-SCRIPTUM

Image illustrative de l'article Makouda

Makouda. Photo DR

 

Va-t-on assister à une nouvelle floraison de ces noms de villages entrant en lutte pour imposer des équipement vitaux de proximité. Noms de couleur. Hier, lorsque des villageois ont fermé hier la mairie de Makouda, on ne saura pas exactement, en lisant les journaux, de quelle localité ils viennent. De Ibakouken, selon l'Expression? Où sont-ce Les habitants du village Tigounatine, selon la version du Temps d'Algérie? On sait à coup sûr que la mairie fermée est celle de Makouda, à 19 km au nord du de Tizi Ouzou. (C'est la ville de Saïd Abtout, un vieux copain de prison).

DR

DR

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