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Publié par Saoudi Abdelaziz

Abdelmadjid Attar monte au front. Face au tollé provoqué par "le feu vert" à l'exploitation des hydrocarbures non-conventionnel, tollé qui ira sans doute crescendo, les voix officielles sont muettes. Le pouvoir envoie sur le front médiatique l'ancien PDG de Sonatrach traditionnellement préposé à la besogne du T'berbir après des décisions délicates de sa maison mère.

Il donne d'emblée le ton dans l'article de l'agence APS intitulé "L'exploitation du gaz de schiste en Algérie n'est pas pour demain, estiment des experts" en expliquant : C'est une "simple campagne d'évaluation technique et financière des possibilités de produire ou non ce fameux gaz". Les assurances de l'ancien PDG de Sonatrach, sont rapportées en substance par l'APS : "Actuellement, le gaz de schiste n'est rentable ni en Algérie ni dans aucun autre pays. En dehors des Etats-Unis où le contexte est complètement différent, l'exploitation de ce gaz non conventionnel se fait à perte dans le reste du monde,. De son point de vue, toute future exploitation de gaz de schiste ne surviendra à l'avenir qu'en guise d'appoint "pour assurer la sécurité énergétique du pays et non en tant que source de rente".

Une question vient à l'esprit à la fin de la berceuse signée APS: pourquoi ni le PDG actuel de Sonatrach, ni le ministre de l'énergie, ni le premier ministre, ni le président de la République ne viennent débattre sur les intentions réelles du pouvoir. Faudra-t-il encore faire appel à M. Attar, au lendemain d'un conseil des ministres qui décidera la production sur une grande échelle.

La proie du vainqueur. "L’exploitation des hydrocarbures de schiste a trouvé consensus au sein du pouvoir, qui ne pas voit d’autre alternative au pétrole" affirme Abderrahmane Hadj-Nacer l'ancien gouverneur de Banque centrale qui sait de quoi il parle.

Son ami Mouloud Hamrouche, ancien premier ministre, discourant avant-hier sur la gouvernance, botte en touche à  propos de l'exploitation du gaz de schiste  : "Je ne peux pas me prononcer sur des questions que je ne maîtrise pas".

Que cette réponse soit jugée "normale" par l'ancien premier ministre, par ses auditeurs et par les journalistes, cela exprime le vide citoyen sidéral créé au sein des élites par l'accoutumance à l'Etat de non-droit en Algérie. Le constitutionnaliste dira bien sûr qu'Il n'existe aujourd'hui aucune procédure garantissant un véritable débat d'intérêt national.sur des sujets qui engagent, sur une longue période, la stratégie économique du pays. 

Mais ceci est une autre affaire. Il faut pour cela il faut d'abord briser le consensus en vigueur parmi les élites qui veut que la manière d'exploiter les richesses nationales soit naturellement le monopole des détenteurs du pouvoir. A tour de rôle, car parmi les élites au service de "pôles" alliés ou concurrents qui aspirent à l'hégémonie sur l'Etat, cette prérogative reste la proie du vainqueur!

 

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Saoudi Abdelaziz 26/05/2014 17:54

Dans le cas présent, il ne s'agit pas de s'opposer à TOUT ce qui vient du pouvoir. C'est une décision stratégique très importante qui exige un vrai consensus national. Ce qui me paraît préoccupant c'est que sur un sujet aussi grave, les forces politiques d'opposition et les médias "influents" peinent à engager un vrai débat national. Quant aux "élites", l'article relève justement leur atavisme consistant à exclure le brave peuple de la discussion sur de tels sujets.