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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le débat autour de la doctrine algérienne de défense est actuellement relancé. avec la nouvelle escalade des conséquences des interventions militaires de l'Empire occidental qui ont détruit l'Etat Libyen en 2011 puis renforcé les facteurs d'éclatement de la nation malienne depuis 2013. L'Algérie fait l'objet de pressions intéressées pour qu'elle aide l'Empire à stabiliser la situation créée par sa stratégie du choc. On nous demande de réviser une doctrine patriotique née d'un consensus national profond, pour envoyer l'ANP devenue supplétive "assurer l'ordre" dans les pays voisins. 

 

Nous mettons en ligne le compte rendu d'un débat entre experts tenue hier. Nous republions aussi une note du début de 2013 lorsque commencèrent à être médiatisées les demandes de "révisions doctrinales"

 

La stratégie américaine dans la région vue par des analystes : "Les Etats-Unis veulent faire de l'Algérie le gendarme du Maghreb"

Par Ahmed Gasmia, 25 mai 2014

 «La stratégie américaine liée aux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord n’a pas pour objectif de déstructurer l’Algérie comme elle l’a fait en Irak, mais souhaite plutôt faire de notre pays le gendarme du Maghreb et du Sahel ». C’est du moins ce que pensent les experts ayant animé hier une conférence à l’initiative du quotidien El Moudjahid.

Tewfik Hamel, chercheur spécialiste en histoire militaire, Saïda Bédar, chargée de recherche au Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux et avec eux, en guise de modérateur, Daho Djerbal, chercheur en histoire, ont indiqué, chacun avec ses mots, que ce qui s’est passé ces dernières années dans la région du Moyen-Orient et en Afrique du Nord a été préparé il y a au moins vingt ans par les experts américains.

Les Printemps arabes et les troubles que connaissent les pays de la région sont les résultats d’un travail minutieux élaboré par les spécialistes américains qui souhaitent garantir aux Etats-Unis le contrôle de cette région en lui donnant la possibilité d’accéder à n’importe quelle région du monde à travers leurs bases militaires ou leurs relais politiques locaux.
Selon Tewfik Hamel, les Etats-Unis souhaitent faire de l’Algérie un allié de premier ordre dans la région en lui confiant deux rôles : ceux d’un Etat pivot et d’un Etat tampon. « Le rôle d’un Etat pivot, du point de vue des Etats-Unis, se caractérise essentiellement par la lutte contre le terrorisme dans la région du Maghreb et du Sahel. Son rôle d’Etat tampon rend service essentiellement aux alliés européens des Etats-Unis en faisant barrage à l’immigration clandestine », explique-t-il. Il fera remarquer que le choix des Etats-Unis s’est porté sur l’Algérie, car c’est un pays qui « dispose de moyens financiers importants et d’une armée relativement forte ». Les Etats-Unis veulent aller plus loin « en faisant de l’Algérie leur bras droit dans la région, même si l’Algérie résiste à cette pression pour des raisons liées à sa souveraineté », poursuit-il.

Selon Mme Bédar, la volonté des Etats-Unis d’étendre son hégémonie sur le monde répond à une logique économique, mais ne se résume pas à son appétit pour le pétrole. Pour Mme Bédar, « les Etats-Unis n’ont jamais eu besoin de pétrole et leur orientation nouvelle vers les gaz de schiste n’en est pour rien ». Elle estime que « les Américains veulent contrôler les sources d’approvisionnement d’énergie de ses adversaires et de ses alliés pour en restreindre l’accessibilité aux uns et la garantir aux autres ». Evoquant l’exemple de l’Irak, l’analyste informera que « les grandes compagnies pétrolières américaines ne sont pas présentes dans ce pays dans le domaine de l’exploitation, mais activent plutôt dans la réalisation d’infrastructures d’extraction et dans la prospection. De cette manière, aucune compagnie ne peut intervenir dans ce pays sans passer par elles ». Evoquant les troubles que connaît le Mali et la Libye, Tewfik Hamel a estimé que « les effets sur l’Algérie sont inévitables et c’est pour cette raison que notre pays doit fournir davantage d’effort pour sécuriser ses frontières et combattre la circulation illégale des armes». Notons, enfin, que la conférence animée par les trois experts a eu également pour objet de présenter le dernier numéro de la revue d’études et de critique sociale Naqd dont laquelle ils interviennent.

Source: reporters.dz

 

Révisions doctrinales nécessaires pour fonder le petit impérialisme algérien

Par Saoudi Abdelaziz, 7 mars 2013

 

Comme on le sait, une nouvelle stratégie a été mise au point pendant le premier mandat d’Obama pour préserver, dans un contexte de débâcle, l’hégémonie des intérêts américains dans les régions utiles du monde. Cette révision doctrinale a été imposée par l’échec de la ligne néoconservatrice. L’armée américaine a évacué l’Irak et se prépare à plier bagages en Afganistan. Au plan économique, l’hégémonie américano-occidentale est battue en brêche par les puissances économiques émergentes coordonnées dans les BRICS.

 Le programme du deuxième mandat consiste à approfondir les révisions déjà engagée. Il faut éviter d’utiliser directement la puissance militaire et technologique pour contrôler les zones à fort potentiel de ressources. Le rapport des forces mondiales ne le permet plus. Comment mettre en place des intermédiares régionaux sûrs ? C’est l’un des enjeux  de la nouvelle politique américaine dans notre région. On sait qu’une offensive diplomatique et économique et militaire sans précédent est menée par l’administration américaine en direction de l’Algérie. Les Américains mènent leur campagne  de séduction pour que notre pays réunisse les conditions pour être acceptée dans le rôle de puissance régionale relai.

 Le clivage entre partisans et adversaires de l’intervention militaire française au Mali semble s’estomper ces dernières semaines parmi les faiseurs d’opinion installés. Se profile entre eux un concensus pour une nouvelle real politic. L’enjeu chez ces intellectuels organiques semble, à la veille des présidentielles 2014, est de participer à l'élaboration des programmes de gouvernement des équipes préparant l’après Bouteflika.

 Mohamed Chafik Mesbah sera l’un des premier à exposer la nécessité d’une révision doctrinale : « Je ne suis pas niais au point de considérer que les slogans éculés du non-alignement sont toujours de mise. Désormais, Il n’existe plus d’alternative au dialogue stratégique avec l’Occident ».

 D’autres analystes opèrent le même glissement conceptuel, estimant aujourd’hui que l’Algérie aurait du abandonner sa ligne de non intervention au Sahel pour assurer elle-même l’éradication des groupes terroristes et djihadistes qui évoluent dans des pays frontaliers. De son côté, Abed Charef, affirme haut et fort : « l’Algérie est prisonnière de sa propre doctrine militaire, qui refuse le déploiement de militaires algériens à l’étranger, y compris dans des pays frontaliers (…) En Libye, elle a paralysé l’Algérie, qui a assisté, impuissante, a une guerre où l’OTAN a imposé sa solution ».

 L’Algérie puissance régional ! Le grand mot est lâché : « Si l’Algérie aspire à jouer le rôle d’une puissance régionale, elle doit se doter de ces moyens. A défaut, elle continuera à voir le monde se rétrécir autour d’elle. Bientôt, l’encerclement sera achevé. Et elle sera de nouveau exclue du jeu, alors que tout le Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge, entre dans une nouvelle restructuration ». (…) Quant à la doctrine de non intervention, elle peut être utile, le jour où il faudra revenir aux fondamentaux du conflit malien pour tenter d’amorcer une réconciliation nationale. Mais une doctrine est une arme de guerre, pas un prétexte pour ne rien faire, et justifier qu’on se contente d’un rôle de spectateur face à tous ces bouleversements aux frontières de l’Algérie ». (...) « En ces temps modernes où les frontières sont devenues de simples fictions » 

 Les Américains vont-ils livrer leurs drones à cette « Algérie, future puissance régionale » et ainsi confirmer notre candidature de leader régional, ou bien faut-il comme pour les rafales  leur permettre de survoler notre territoire ? C’est la misérable alternative du jour dans le microcosme. L’Algérie est tombée bien bas.

Ces révisions doctrinales pour asseoir ce petit impérialisme algérien vont-elles entraîner le déplacement du centre de gravité des urgences du développement national et maghrébin. Vaste problème…

 

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Safiya 26/05/2014 18:46

En effet, Monsieur Saoudi, l'Algérie est tombée bien bas. Nous ne pouvons "couvrir le soleil avec un tamis". Ceux qui nous gouvernent, ceux que l'on nomme, pompeusement, les décideurs et les autres "faiseurs d'opinions", qui pervertis, qui naïfs, qui fascinés par le leurre de la "modernité" occidentale et ses "lumières", qui mûs par le seul intérêt d'engrange les dollars et autres euros, qui pour la "renommée", qui par lâcheté intellectuelle ou lâcheté tout court, tous concourent à cette mise à bas de l'Algérie.

Aussi crucial que cela soit, il nous faut nous rendre à l'évidence, c'est la course à l'argent qui prévaut, le grand nombre s'inféode, la pensée s'atrophie et le mercantilisme triomphe. Comme le dit si bien un vieux dicton arabe "dheb iffesed el medheb" (l'or gâte le rite) et, depuis nombre années, tout un troupeau de brebis galeuses est à l'oeuvre, contaminant et entraînant dans son sillage une large part des "lambdas".

J'ai longtemps cru que l'Algérie restait réfractaire à l'hégémonie impérialiste et qu'elle faisait le dos rond par "tactique", qu'elle "embrassait la main qu'elle ne pouvait mordre" pour éviter d'être "irakisée" au phosphore et à l'uranium appauvri. Mais, à l'aune du Venezuela et d'autres plus petits pays d'Amérique latine ou encore, dans une autre mesure, de l'Iran, qui tous résistent, vaille que vaille, au diktat de la "communauté internationale", je ne peux que me rendre à l'évidence, "ceuss" "qu'on nomme grands" ou qui s'autoproclament tels, ont vendu leur âme, ont abdiqués et collaborent à faire de l'ANP les supplétifs, autrement dit, les harkis de l'OTAN et, sans états d'âme, à envoyer nos enfants à l'abattoir.

"Algérie, future puissance régionale" quelle hérésie ! Comment un pays rongé par la corruption, qui ne produit même pas le blé du pain qu'il consomme ni les armes de sa défense et qui n'arrive pas à juguler l'essor de la paupérisation de larges pans de sa population peut-il prétendre à devenir une puissance régionale ? Le croire relève de l'onanisme intellectuel, de la cécité et des esprits en jachère.