Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

C'était en 2014. Professeur d'économie à l'université d'Alger, spécialiste des questions énergétiques, Amor Khelif, réclamait sur la radio de Maghreb Emergent le «débat national sur l’énergie qui n’a toujours pas eu lieu et dont on ne pourra pas faire l’économie».

Par Yazid Taleb,14 mai 2014

EXTRAITS

L’Algérie, « banc d’essai » pour le gaz de schiste

Dans le sillage de cette critique de la dépendance renforcée de l’économie algérienne à l’égard des hydrocarbures, Amor Kelif se montre extrêmement sceptique à l’égard des perspectives d’exploitation du gaz de schiste. Pour lui, « l’économie du gaz de schiste n’est pas certaine du tout tant qu’on ne connait pas les coûts de production ». Aux Etats unis, ajoute-t-il, « aucune compagnie n’est bénéficiaire et toutes vivent de subventions ».

Pour l’expert algérien, le débat sur le gaz de schiste évoque l’époque du développement du GNL dans les années 70 : « l’Algérie risque de devenir un banc d’essai pour les compagnies européennes et américaines qui vont venir faire des expériences dans notre pays. On nous pousse à financer des expériences industrielles nouvelles, indépendamment de leurs rentrées économiques et de leurs conséquences environnementales ».

Cette critique de la spécialisation de l’économie algérienne n’épargne pas non plus les projets de développement de la pétrochimie qui « ne nous serviront à rien car tout le monde connait le prix auquel on a accepté de livrer le gaz aux partenaires internationaux ».

Pour le renouvelable « Sonelgaz n’est pas le bon choix »

La solution serait-elle alors dans le développement des énergies renouvelables ? Certainement, affirme Amor Khelif qui indique cependant que ce choix stratégique implique une option politique forte. « C’est d’abord une question d’allocation des ressources. On ne peut pas tout faire en même temps. On ne peut pas développer à la fois les gisements conventionnels, le gaz de schiste et investir dans les énergies renouvelables. Tout cela a un coût et demande des ressources financières considérables ». Un choix politique fort qui impose de « se soustraire aux pressions qui cherchent à imposer des investissements dans les productions immédiatement exportables et qui passe par la décision de consacrer 40% des investissements réalisés dans le secteur au renouvelable ».

Pour mettre en œuvre ce programme, Amor Khelif ne croît pas non plus au choix qui a été fait par les pouvoirs publics algérien de retenir Sonelgaz en tant qu’opérateur : « Comment voulez-vous que Sonelgaz développe le renouvelable alors que la culture de l’entreprise est fondée sur des ressources gazières inépuisables achetées à des coûts dérisoires? ». Avec Sonatrach, « ce serait encore pire. Il faut créer une institution totalement indépendante des intérêts du secteur des hydrocarbures», conclut Amor Khelif .

Source : Maghreb Emergent

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article