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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les étudiants de Tizi-Ouzou se préparent à une nouvelle manifestation pacifique, le 5 mai prochain. Gageons que les "dérapages provoquées" n'empêcheront pas les étudiants de l'université Mouloud-Mammeri, aguerris par l'expérience, de continuer de réoccuper le terrain de l'action de masse concertée, dont ils ont été écartés depuis de trop nombreuses années, comme leurs camarades d'Alger.

 

Il semble que d'ores et déjà, qu'ils rejettent les diversions suspectes visant à polariser le mécontentement vers la chasse aux flics-boucs émissaires. Le ministre de l'intérieur ne fournit d'ailleurs que cette explication. Pour lui, les "dépassements" du 20 avril sont des «cas exceptionnels». On va enquêter promet-il, mais d'ores déjà il clôt le fond du dossier : ce sont des "actes isolés".

Qui a ordonné l’empêchement de la marche du 20 avril ? Cette question que tout le monde se pose, a été énoncé rationnellement par Yanis At Selgem dans Libre Algérie, au lendemain des violences fortement médiatisées. Il écrivait: "La première idée qui pourrait surgir d’une réflexion est une volonté d’empêcher les étudiants de revenir vers l’action politique concertée, eux qui ont massivement abandonné le terrain au profit des oiseaux de mauvais augure qui instrumentalisent de façon nauséabonde cette institution qui porte le nom d’un personnage aussi illustre que Mouloud Mammeri. Tout le monde a vu que les étudiants ne sont pas à l’origine du déclenchement des affrontements du dimanche 20 et lundi 21 avril 2014, mais une poignée d’individus (chargés de mission ?) qui s’étaient infiltrés parmi les manifestants".

La répression de Tizi-Ouzou a-t-elle été déclenchée par les vainqueurs du 17 avril pour sonner la fin de la récréation des manifs ? L' éditorial du Quotidien d'Oran, signé K. Selim fournit ce matin un intéressant cadrage politique sur le nouvel état d'esprit politique qui a émergé dans la dernière période : "L'après-élection présidentielle ne peut, à moins d'un choix de répression totalement contreproductif, se traduire par un silence des rangs et à un rentrez chez vous il n'y a plus rien à voir. Un ministre qui a fait campagne pour Bouteflika - et qui n'est pas nécessairement mieux informé de ce qui va se décider - a pratiquement sommé les opposants de disparaître de la scène jusqu'en 2019. Même si l'on peut penser qu'un Ali Benflis tente, vainement, de créer pour lui-même un second tour impossible, le silence dans les rangs est impossible. A moins de placer très haut le curseur de la répression et avec des résultats qui peuvent être à l'opposé de ce qui est escompté". L'éditorialiste conclut: "Pour reprendre la formule de Hocine Aït Ahmed, le «mouvement dans le statuquo» a eu déjà lieu et les Algériens attendent plus. Toute tentative d'effacer ce mouvement sera coûteuse. Voire dramatique".

L'affaire de Tizi-Ouzou peut traduire aussi  l'exacerbation des luttes entre les clans du système. Yanis At Selgem concluait ainsi son analyse dans Libre Algérie: "Mais il se peut aussi que les instigateurs de ces troubles cherchent à reproduire le scénario macabre de 2001, dans un cadre tout aussi macabre en relation avec une guerre des clans au sommet. Il est clair pour tout le monde que cette guerre est souvent menée par population interposée quand elle ne trouve une issue dans son étape médiatique. C’est ce qui s’est passé en 2001 et c’est ce qui risque d’arriver aujourd’hui si la population et les acteurs politique crédibles de la région baissent leur vigilance. Car si la situation s’envenime à nouveau, c’est le consensus national pour une véritable transition démocratique, nécessaire pour une sortie de crise, qui risque d’être remis en cause. Sauf si c’est l’objectif visé par ceux qui tirent les ficelles".

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