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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sid-Ahmed Ghozali, alors premier ministre, entre les généraux Toufik et Belkheir

 

"Seul un vrai président de la République jouissant de la légitimité populaire, avec une volonté et une ambition collective peut diriger et conduire à bon port une véritable transition".

 

Extraits de l'Entretien avec Sid Ahmed Ghozali paru hier dans TSA.

 

"Peu importe de savoir qui sera le président à partir du moment où il n’a jamais été celui qui décide ou celui qui exerce les missions qui lui sont fixées par la Constitution. Ceux qui décident sont dans l’ombre (...)

Et il ne faut surtout pas que quelqu’un prétende être le chef du système, ce serait un péché capital. N’essayez pas de mettre des visages, ce n’est pas une question de personnes. Avec le temps, les visages changent, le système et ses synergies restent. C’est une partie du DRS mais avec toutes ses ramifications civiles et militaires dans l’administration, les medias, les entreprises, la société civile et militaire (...)

 Encore une fois, la question centrale n’est pas une question de personnes : c’est la nature du système qui est en cause, non pas les personnes qui sont aux manettes (...).

Les hommes changent, les responsables actuels, les plus élevés de la hiérarchie, partiront bien un jour ou l’autre, cela ne veut pas dire que le système changera pour autant. On l’a vu après les départs successifs qui les ont précédés, soit vers la retraite soit vers la mort (...).

Qu’est-ce que le pouvoir ? Ce sont les hommes qu’on nomme, l’argent, les moyens de violence légitime et d’influence. En droit, c’est le président qui nomme directement ou par délégation ; en fait et avant que la personne ne soit nommée, le dossier de chaque candidat à un poste doit être examiné par les services de sécurité pour habilitation. Cela se fait dans tous les pays du monde… mais pour 100 ou 200 personnes. Chez nous, cela se fait pour des centaines de milliers de personnes. Et ça concerne tous les fonctionnaires de l’État, du plus haut de l’échelle, du président de la République, jusqu’au chef de daïra et même en dessous. Personne ne peut être nommé sans l’accord des services (...).

Il ne s’agit pas de réfuter l’existence de clans, de contradictions d’intérêts ou de rivalités politiques personnelles. Mais il y a des fondamentaux sur lesquels l’oligarchie ne peut être divisée (...)

En Algérie, la négociation est impossible entre le pouvoir et la société, on ne peut négocier avec « l’autre » sa propre disparition. Qui dit période de transition, dit l’existence d’un consensus pour changer le système donc de partir d’une situation à une autre. Est-ce que nous en sommes là ? Non. (...)

Seul un vrai président de la République jouissant de la légitimité populaire, avec une volonté et une ambition collective peut diriger et conduire à bon port une véritable transition. Si c’est le système lui-même qui crée les structures de transition et désigne les hommes qui les composeraient, il n’y aura pas de transition ou il y aura une transition comme celle de 1989 c’est-à-dire un leurre. (...)

Ce n’est pas aux forces armées mais au pouvoir civil émanant de la volonté populaire d’assumer la gestion de l’État ou le gouvernement de la société. Le changement ne peut se faire sans l’armée encore moins contre l’armée. En même temps, il faut bien se dire que le refus du changement dans l’ordre expose au changement dans le désordre. À force de verrouiller la vie politique, de brider toute initiative citoyenne qui ne plait pas au prince, c’est la pire des éventualités que l’on favorise : celle où des forces et intérêts extérieurs interviendraient pour imposer le changement malgré l’armée, voire contre l’armée".

DR. Sid-Ahmed Ghozali alors premier ministre, entre les généraux Toufik et Belkheir

DR. Sid-Ahmed Ghozali alors premier ministre, entre les généraux Toufik et Belkheir

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Ouas Ziani 10/04/2014 19:35

Une bonne réponse à Benhadid et à d'autres képissistes