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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

"Conscient de l’enjeu, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a lui-même évoqué le sujet début mars à Washington, devant le congrès du lobby pro-israélien AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Inquiet du phénomène, Nétanyahou a également transféré dès juin 2013 la tâche de superviser la riposte médiatique et politique à la campagne « BDS » – pour « Boycott, désinvestissement, sanctions » – du ministère des affaires étrangères à celui des affaires stratégiques."

 

Par Pierre Puchot, 26 avril 2014. MEDIAPART

 

EXTRAITS.

(...) À l’initiative de ce mouvement international de boycott des produits israéliens, « BDS » est désormais sous les feux de la rampe. Comment ce mouvement se structure-t-il ? Représente-t-il une menace réelle capable, comme l’affirment ses partisans, de contraindre à terme Israël à évacuer les Territoires occupés ? Initiative de militants associatifs palestiniens auteurs d'un appel rendu public le 9 juillet 2005, l’objectif de BDS est de dénoncer la responsabilité selon eux du gouvernement israélien dans la dégradation de la situation au Proche-Orient et de pousser à une campagne internationale de boycott contre l’État d’Israël. Signé par 170 associations et organisations de Gaza, de Cisjordanie, d’Israël, et des camps de réfugiés, cet appel est lancé un an jour pour jour après l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) demandant la destruction du mur construit par Israël le long de la ligne verte pour séparer la Cisjordanie de son territoire. L’appel BDS affirme ainsi en substance : « Nous avons la légalité internationale avec nous, comme le stipule l’avis de la CIJ. Mais les institutions internationales ne prennent pas leurs responsabilités, nous appelons donc les populations et les mouvements de solidarité à prendre les leurs, et à sanctionner Israël en boycottant ses produits. »

Outre la décision de la CIJ, l’autre facteur qui explique alors la naissance de BDS est inter-palestinien, après le double échec de la stratégie négociée via le processus d’Oslo, et celle de la lutte armée, qui a abouti en 2003 à la quasi-paralysie du mouvement national palestinien. BDS se conçoit dès l'origine comme totalement autonome de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. La plupart des personnalités à l’initiative de BDS ont fait leurs armes dans les années 1980 pendant la première intifada, avant d’être marginalisées sur la scène politique suite aux accords d’Oslo, et de s'estimer flouées par le monopole sur les responsabilités exercées par la direction historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ce sont des personnalités issues de la gauche palestinienne, qui s’étaient tournées à la fin des années 1990 vers les ONG et collectifs (contre le mur, les destructions de maisons palestiniennes à Jérusalem.)

Parmi eux, on retrouve l’activiste Omar Barghouti : « Nous en appelons aux organisations de la société civile internationale et à la conscience des populations pour imposer le boycott et entamer des initiatives de désinvestissement contre Israël semblables à celles qui ont été appliquées à l’Afrique du Sud pendant l’ère de l’apartheid, affirme à Mediapart ce co-fondateur du mouvement BDS. Aujourd’hui, le mouvement global BDS est mené par la plus large coalition au sein de la société palestinienne, le comité national BDS (BNC). BDS appelle à la fin de l’occupation par Israël des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, en incluant le démantèlement du mur et des colonies ; à la fin du système israélien de discrimination racial contre les citoyens palestiniens, qui recouvre la définition donnée par l’ONU de l’apartheid (Omar Barghouti fait ici référence au traité de Rome) ; et le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons d’origine, tel que mentionné par les Nations unies(...)

Source: Mediapart

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