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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Pour ou contre! Le mot "transition", made in DRS, semble devenir la nouvelle arme sémantique de la division républicaine, alimentant la course désordonnée au leadership. Le parti politique vit un véritable dilemme: comment développer son poids politique propre et dans le même temps tenir compte du constat que sans consensus national pour de nouvelles règles républicaines, l'Algérie politique restera enlisée dans le statuquo de l'affaissement national. Un affaissement voulu et entretenu par les castes privilégiées qui vandalisent le pays à l'abri du "système".

 

Mais, Il n'y a pas en politique de génération spontanée. Refonder la 2ème République n'est pas une action militaire, menant la classe politique dans une transition à "marche forcée", définie par un ex-général tankiste, animée par les techniciens politiques du DRS et placée sous le chaperonnage béni d'un brave général chaoui. La refondation à la fois urgente et patiente d'une authentique vie politique nationale est une chemin difficile, où il faut dans le même temps se différencier et converger. Les forces politiques sont obligées pour cela se positionner de manière indépendante dans leur ligne politique et de se libérer des lourdes pesanteurs de la tutelle formelle ou informelle du DRS. Les conséquences de cette tutelle sont désormais inévitablement centrifuges, avec la crise irrémédiable d'un système, que les services secrets ont la mission -désormais impossible- de protéger.

Consultations et initiative politiques. "Convergence sur le diagnostic, pas d’accord sur la démarche" titre Le site TSA à propos des consultations en cours entre les partis boycotteurs, notamment le MSP et le RCD, et Ali Benflis. “La priorité après l’élection présidentielle du 17 avril doit être à une réforme en profondeur de la Constitution et non à son amendement”, affirme de son côté, Louisa Hanoune pour laquelle cette reforme “doit être précédée d'élections législatives anticipées car le Parlement actuel n'a pas la capacité politique pour prendre en charge la réforme de la Constitution”. Autre initiative politico-médiatique: " Le groupe parlementaire du FFS a décidé de ne pas répondre à l’invitation d’assister à la cérémonie de l’investiture présidentielle. Ce geste symbolique doit être compris comme un appel pressant aux autorités pour garantir effectivement les libertés démocratiques et assurer la protection de tous les citoyens par la mise en place d’un Etat de droit", explique le Le groupe parlementaire du FFS qui rappelle cependant la démarche de son parti: "Pour donner toutes ses chances à la reconstruction du Consensus national et répondre aussi aux aspirations des citoyens, aussi bien ceux qui ont participé à l’élection présidentielle que ceux qui se sont abstenus, le FFS réaffirme son engagement à travailler avec les autorités et tous les acteurs de la société civile et politique".

"Avec les autorités?" Bouteflika peut-il initier le rassemblement pour le consensus s'interroge ce matin Kharroubi Habib dans le Quotidien d'Oran :"Le pays a besoin d'un front uni face aux défis auxquels il est confronté, Bouteflika est susceptible d'enclencher les convergences pouvant constituer ce front. La plupart des forces vives nationales ne refuseront pas la main qu'il pourrait leur tendre pour la réalisation de cet objectif (...). La balle est du côté du président réélu qui doit rendre publiques ses intentions".

Nouveau venu dans l'arène, l'Alliance national pour le changement, prend d'emblée ses distances avec le reste de la classe politique. La création de cette nouvelle formation politique est sans doute une des initiatives qui expriment -en ces jours d'intenses cogitations sur l'avenir du pays-, le courant unitaire profond qui traverse la vie politique algérienne, et veut rompre avec la primauté des clivages idéologiques de la Décennie noire. Un des initiateurs de cette nouvelle formation, Samir Bouakouir, ancien cadre du FFS, affirme: " L’ANC refuse de s’inscrire dans l’agenda du régime et considère que seule la mobilisation populaire peut contraindre le pouvoir à engager un processus de transition démocratique. L’ANC refuse les fausses échéances, les faux dialogues et les fausses transitions. Les partis du « boycott », comme vous le dites, doivent commencer par retirer leurs « élus » de toutes les assemblées. Ce sera pour nous un excellent gage de sincérité politique."

Les formations politiques souffrent du manque de crédibilité. La répression directe et indirecte, les manipulations des officiers traitants combinées aux cornes d'abondance des distributeurs de la rente, alimentent la coupure historique, quasi génétique de la classe politique avec les Algériens ordinaires. Grands partis de l'opposition historique indépendante, le PAGS a été enterré, le FFS a résisté avec succès et reconstitue patiemment ses bases. Dans une "opinion" parue dans le Quotidien d'Oran, Arezki Derguini écrit : "La population n'a pas confiance en ses partis politiques parce qu'ils n'ont pas partagé ses croyances ordinaires. Parce que leurs visions et leurs divisions sont allogènes. Parce que les partis et les élites ne partagent pas les croyances ordinaires des gens, ne travaillent pas sur elles, ils ne peuvent les transformer, et de ce fait, leur développement a été séparé. Ils n'ont donc pas accès à leur expérience ordinaire, à leurs croyances, à leurs attentes et ne peuvent les transformer (...) Le consensus national doit être distingué du consensus que peuvent établir les formations politiques entre elles. Le consensus de la classe politique conduit au consensus national et en est son expression, s'il est le produit du travail des populations sur elles-mêmes pour s'élever au-dessus de leurs appartenances primaires".

 

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