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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’histoire retiendra l’originalité de La Révolution des Œillets : de jeunes capitaines portugais réussissent un coup d’Etat, sans pour autant instaurer un régime autoritaire! Ils sont en effet porteurs d'un projet démocratique : mise en place d'un gouvernement civil, organisation d'élections libres et décolonisation.

 

 

Le 25 avril 1974 , la diffusion par la radio de Grândola, vila morena, chanson de Zeca Afonso interdite par le régime, annonce de départ de la «Révolution des Œillets». A ce signal, de jeunes capitaines se soulèvent contre la dictature instaurée par Salazar, 48 ans plus tôt. Le MFA s'empare des points stratégiques du pays. Seize heures plus tard, le régime dictatorial s’effondre.

Ce triomphe se produit sans presque aucune effusion de sang. Seule la police politique PIDE oppose une résistance armée, occasionnant la mort de six personnes, uniques victimes de cette révolution.

La révolution du 25 avril 1974 est l'œuvre de jeunes capitaines. Les généraux António de Spínola et Costa Gomes lui apportent après coup leur concours. L’action réussit grâce à l'effet surprise des capitaines du MFA (Mouvement des Forces Armées) qui ont immédiatement pris possession des moyens de communication et obtenu le soutien actif de la population.

Une vendeuse de fleurs du Rossio, la grande avenue de Lisbonne, offre aux soldats les fleurs de saison qu'elle a à vendre : des œillets rouges! Le lendemain, le journal parisien Le Monde sort en première page : «La Révolution des Œillets triomphe au Portugal !»

Pendant les mois qui suivent, Lisbonne bouillonne d'effervescence révolutionnaire et avec elle les progressistes de tous les continents. Nous apprenions par cœur Grândola Vila Morena. C’est qu’en effet, La révolution des Œillets offre la particularité de voir des militaires abattre un régime sans pour autant instaurer un régime autoritaire. Une grande nouveauté ! Ils sont en effet porteurs d'un projet démocratique : mise en place d'un gouvernement civil, organisation d'élections libres et décolonisation. La fin de ce qui était appelé l'Estado Novo le régime salazariste, va permettre au pays de sortir de son isolement.

Un gouvernement provisoire ouvre immédiatement des négociations avec les mouvements indépendantistes des colonies africaines. Celles-ci deviennent des États souverains : Guinée-Bissau en 1974, Angola, Mozambique, Cap Vert et Sao Thomas et Principe en 1975.

DOCUMENT-Premier communiqué du MFA lu le 25 avril à 4 h26 à la radio par le journaliste Joaquim Furtado :

"Ici le poste de commandement du Mouvement des Forces Armées. Les forces armées portugaises demandent à tous les habitants de Lisbonne de rentrer chez eux et d'y rester avec le maximum de calme. Nous espérons sincèrement que la gravité des heures que nous vivons ne sera pas tristement marquée par un accident. C'est pourquoi nous en appelons au bon sens des commandements des forces militarisées, afin d'éviter la moindre confrontation avec les Forces Armées. Une telle confrontation, outre le fait qu'elle soit inutile, ne pourra que conduire à de sérieux préjudices individuels qui endeuilleraient et créeraient des divisions entre les Portugais, ce qu'il faut éviter à tout prix. Nonobstant la préoccupation qui est la nôtre de ne faire couler le sang d'aucun Portugais, nous en appelons à l'esprit civique et professionnel du corps médical, espérant qu'il se dirigera vers les hôpitaux afin d'apporter son éventuelle collaboration, que nous souhaitons, sincèrement, inutile."

«Grândola, vila morena,
Terra da Fraternidade,
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti, ó cidade... » (extrait)

«Grândola, ville brune,
Pays de Fraternité,
C'est le peuple qui commande
Ici, ô cité»

 

 

 

 

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