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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Ouyahia et Belkhadem le retour", titre El Watan, le seul quotidien francophone qui ne se repose pas le vendredi. Du côté de l'online, c'est Mohamed Benchicou qui réagit en primeur lançant dans TSA le cri de l'affection déçue.

Il écrit d'emblée: "Il était, de toutes les créatures de ce système finissant, celui dont on pouvait supposer qu'il avait le moins de raisons de nous mentir. Ahmed Ouyahia avait accumulé un peu de ce crédit qui retombe naturellement sur les personnages esseulés et l'image de l'homme suffisant et bourru laissait progressivement place à celle, inattendue, du brave persécuté. Il suffisait à l'ancien Premier ministre de laisser faire le temps. Le temps et les événements".

Pourquoi donc n'a-t-il pas attendu son heure? Dans sa conclusion, Benchicou a quand même trouvé la clef du lâchage de son Premier ministre préféré: cela vient des puissances !étrangère. "Derrière cette grosse falsification gît une vérité qu'on veut absolument cacher : l'armée et le DRS, sous la pression des puissances occidentales, alliées conjoncturellement à Bouteflika, ont plié genoux, comme en 2004, comme en 2009 ? Et que, à tout prendre, mieux vaut s'afficher comme soutien au quatrième mandat que comme adversaire forcé à l’allégeance".

Faudra-t-il encore d'autres "annonces surprises" pour comprendre que la sortie hors du logiciel d'un système auto-centré ne dépend pas du "crédit" supposé de l'un de ses acteurs? Décidemment, la recherche des voies de la refondation sociale et républicaine est "ailleurs" que dans la sagesse usée et désabusée des mouradiologues attitrés.

Adlene Meddi, dans El Watan-weekend, moins sûr de lui sans doute, se tourne vers les explications de ses "observateurs avertis", quoique, comme souvent, devant tant de sources riches, le lecteur saturé a l'impression qu'on en en invente quelques unes pour "cerner" le sujet.

Lisons en vrac: «C’est une manière de poser les scellés sur le palais d’El Mouradia, analyse un proche du sérail. Ouyahia devient le gardien de la maison, où le frère cadet, Saïd, ne pourra plus régner comme avant.» «c’est Mediène, en plaçant Ouyahia à un poste névralgique, jadis tenu par le puissant Larbi Belkhir, qui reprend la main en verrouillant El Mouradia». «C’est le départ de la course pour le poste de vice-président, entre Sellal, Ouyahia et Belkhadem». «En nommant Ouyahia et Belkhadem, Bouteflika les ramène à leur vraie dimension.De présidentiables, ils deviennent des fonctionnaires, au même rang que d’autres à la Présidence.» «Ce genre de casting veut aussi dire autre chose, soulignait déjà un ancien ministre. Bouteflika veut mouiller Mediène jusqu’au bout, jouant sur les étiquettes des éléments dont il fait semblant de s’entourer.». «C’est une manière de placer des filets de sécurité au système au cas où le plan du 4e mandat explose en plein vol, avec retrait ou disparition du président-candidat»

Au Café presse de Maghreb Emergent, après avoir essayé sans grande conviction de trouver une logique dans le comportement politique des grand patrons algériens, on a longuement épilogué sur cette "nouvelle surprise". Au final, faute de grain à moudre, c'est toujours le démon de l'analogie qui vient à la rescousse. La rédaction résume : "Ahmed Ouyahia s’installerait au poste de «grand chambellan » d’une présidence assumée par un homme amoindri dont la capacité à assumer ses missions suscite une grande controverse. Dans les annales du régime, la fonction de « grand chambellan » a été exercée sous la présidence de Chadli Bendjedid par feu le général Larbi Belkheir, longtemps présenté comme le grand parrain". Avec une question : "Le retour d’Ahmed Ouyahia à ce poste sensible marque-t-il un retour en force du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS)?

Prudent, Ibn Khaldoun concluait toujours ainsi ses prolégomènes: Oua rabi Ya'lem

S. A., 14 mars 2014

DR-Ibn Khaldoun, square Mohandessin, le Caire

DR-Ibn Khaldoun, square Mohandessin, le Caire

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Ouas Ziani 14/03/2014 14:33

" Oua rabi Ya'lem", c'est sûr, mais il ne précise pas lequel.