Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

"Le consensus est-il possible ?"s'interroge Karim Kebir ce matin dans Liberté. Il conclut ainsi son tour d'horizon: "La Tunisie l'a fait, pourquoi pas nous". Extraits

"Qu’ils soient du camp démocratique, du courant islamiste ou nationaliste, nombre de responsables politiques paraissent avoir désormais acquis la conviction de la nécessité de la construction d’un consensus national pour aller à une transition démocratique pacifique (...). C’est que la situation actuelle, porteuse de périls, ne tolère plus les petits “calculs d’épicier”, encore moins le secret des petits arrangements (...). Invité du Forum de Liberté, l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, a appelé au rassemblement (...) “Je ne vois aucun parti politique capable d'amorcer seul un mouvement de dynamique politique. Tous ceux qui adhèrent au dialogue peuvent participer même ceux qui sont au pouvoir, à condition que ces derniers ne se placent pas en tuteurs ou en arbitres afin d'arriver à un consensus”, a plaidé Saïd Sadi.(...) Cette idée “d’un congrès national”, lancée déjà en février 2011 par le défunt Abdelhamid Mehri dans une lettre ouverte au président Bouteflika, mais restée sans écho, est à quelques nuances près la même réclamée aujourd’hui aussi par le FFS. “Dans l’ordre historique et dans l’ordre stratégique, dans l’étape actuelle, la reconstruction d’un consensus national autour d’un programme et d’un calendrier de transition est notre objectif majeur. Nous avons la conviction inébranlable que nous ne le reconstruirons pas seuls ; la porte demeure ouverte à tous ceux qui y viendront, par-delà leur position du moment. Nous avons la conviction inébranlable que ce consensus est inéluctable”, déclarait ce week-end le premier secrétaire du FFS (...). Même les islamistes ne sont pas en reste. Si certains, faute d’un “candidat consensuel”, comme le MSP ou Ennahda, ont opté pour le boycott, d’autres, à l’image du FC, d’El-Islah et du FAN ont décidé de “soutenir Benflis”, qu’ils jugent comme un candidat “consensuel”. (...) Mais l’objectif de s’entendre sur un “smig politique” pour sortir le pays de l’ornière demeure le point commun des diverses tendances, du moins dans le discours (...) Ne risque-t-on pas de voir ressurgir les vieux démons de la guerre de leadership ? Le pouvoir tout comme l’armée, que tous acceptent, comme le rappelle Mouloud Hamrouche, comme des acteurs pour la sortie de crise, sont-ils disposés à jouer le jeu ? S’il s’avère comme une urgence au regard de la situation critique dans laquelle s’est empêtré le pays, le consensus national s’annonce ardu, voire un immense défi. Mais le rêve est permis. À côté de chez nous, la Tunisie l’a fait. Pourquoi pas nous ?"

"Face aux incertitudes politiques, la présidentielle inquiète les citoyens". Le dessin s'étalant sur toute une d'El Watan promet un avenir crépusculaire. De quelles informations se nourrit cette une spectaculaire? Enquête, sondages, interview tous azimuts? Rien. Mal d'audience. On apprend qu'à Bir El Ater, au sud de Tébessa, à la frontière avec la Tunisie "une cinquantaine de personnes, pour la plupart des jeunes, se sont rassemblées tôt ce matin devant le siège de la daïra pour exprimer leur refus catégorique au 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika". Le correspondant local présente Bir El Ater : "La ville, qui ressemble à tout sauf à un ensemble urbain, où l’être humain peut vivre décemment, est tombée depuis plusieurs années entre les mains des contrebandiers, d’ailleurs ce fléau reste la seule alternative pour faire oublier aux habitants leur rude réalité". La deuxième indication vient de Tizi-Ouzou, où samedi dernier des d'opposants au 4e mandat se sont rassemblés place de l'Olivier avec banderoles et slogans. "Les manifestants se sont dispersés dans le calme et sans le moindre incident".

"Danger de manipulation". C'est, ce matin, le titre de l'analyse de Kharroubi Habib dans le Quotidien d'Oran. "Le risque de manipulation n'est pas une simple vue de l'esprit. Il est d'autant à craindre que les protagonistes de la crise qui divise les tenants du pouvoir sont maîtres ès manipulations et qu'ils n'hésiteront pas à pratiquer car disposant de relais exécutants grâce auxquels l'infiltration du mouvement de protestation leur est aisée. La sincérité et la spontanéité de l'indignation contre le quatrième mandat des initiateurs du mouvement de protestation n'est pas en cause de même que la respectabilité du projet politique qu'ils prônent. Ce dont ils doivent se garder c'est de se faire déborder par les professionnels de la surenchère qui ont un tout autre agenda politique et des visées autres que les leurs. Les dernières décennies en Algérie, la démonstration a été faite que le pouvoir, ses clans et officines ont systématiquement dévoyé la protestation populaire contre eux en la fourvoyant dans des directions qui n'étaient pas les siennes initialement et à s'en servir pour réaliser des scénarios qui tous leur ont permis de durer et de perpétuer le système politique dont ils sont l'émanation.

“Leurs actions menacent la stabilité du pays” claironne Saâdani, le secrétaire général du FLN, à propos des regroupements pacifiques contre le quatrième mandat organisés ici et là.“Le discours du mouvement Barakat est intéressant. rétorque le général retraité, ancien chef de la marine Mohand-Tahar Yala. Il s'était retiré de la compétition après l'annonce de la candidature Bouteflika. Il explique son engouement pour la fac centrale : "Au début, je n’aurais pas osé déclarer cela. Mais maintenant qu’on les accuse de manipulation, je me range de leur côté". Le général semble désormais converger avec Barakat lorsqu'il lance un appel solennel aux anciens de l’ALN, aux retraités de l’ANP, autres cadres de la nation, ainsi qu'à tous les Algériens pour “s’élever d’une même voix contre cette forfaiture et exiger l’arrêt de ce processus électoral qui prend en otage la République”. Il se défend d'appeler au coup d'Etat car " les actions de violence nous ont coûté très cher !”

Un train peut en cacher un autre ". Contrairement au général Yala, l'ancien premier ministre Sid-Ahmed Ghozali avait, dès le départ, refusé de se présenter. Il s'explique sur la chaîne parlementaire française. "Je ne me suis pas présenté parce que ça ne sert absolument à rien. Ça serait au contraire un faux témoignage vis-à-vis de l’opinion et ça donnerait du crédit à une comédie renouvelée». La polarisation contre le quatrième mandat. «Ça, c’est l’aspect anecdotique. Il ne faut pas oublier qu’un train peut en cacher un autre». La maladie de Bouteflika «n’est utilisée que pour masquer la maladie du régime».

Neutralité policière? Question d'un journaliste au général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), sur la dispersion musclée des manifestations :"Pourquoi la police n'est pas intervenue pendant une manifestation en faveur de la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat ?». Le général-major attribue l'interdiction des rassemblements aux autres institutions "administratives": «La direction générale de la sûreté nationale(...) ne soutient aucun candidat". "Jeudi, devant la fac centrale, il y avait beaucoup de femmes" rapporte en contrepoint Laouari Slimane dans sa chronique du Temps d'Algérie. Des manifestantes, on s’y est un peu habitué. Mais autant de femmes policières avec autant de détermination physique, beaucoup moins. Elles étaient là pour… honorer leurs «sœurs» qu’on n’allait tout de même pas laisser aux mains des collègues mâles. Il faut que leur interpellation soit aussi musclée mais… honorable. Le 8 Mars, c’était deux jours après".

Course de dauphins? "Deux anciens chefs de gouvernement: Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem ont rejoint officiellement le staff de Bouteflika" selon le quotidien l'Expression. "Ils auront pour mission de faire les meetings du candidat Boutfelika. Véritables leaders politiques, Ouyahia et Belkhadem savent parler aux masses populaires, répondre aux questions gênantes des journalistes et surtout convaincre avec leurs discours. Les deux anciens chefs de gouvernement sont déjà sur le terrain, puisque Belkhadem s'est exprimé sur Beur TV et Ouyahia s'exprimera pour la première fois jeudi prochain sur Ennahar TV."

Les patrons vont-ils vendre leurs voix? Kamel Daoud conclut ainsi son raïnaraïkoum: "Il y a un ANSEJ du peule, un ANSEJ international qui brade nos ressources dans le silence et la discrétion, et il y a un ANSEJ patronal qui va si bien à certains. Mais cela ne veut pas dire que toute âme est morte. Au FCE, certains savent que le mot « stabilité » est un produit douteux et qu'il ne vaut qu'en politique populiste et seulement pour habiller les prolongations et les repas ou les mirages. Ce jeudi, le FCE votera donc. Sous la pression, les menaces discrètes et avec les méthodes d'un bon Mouhafedh. On attendra pour savoir aussi combien coûte à chacun l'impôt électoral habituel qui, cette fois, a les apparences d'un prélèvement à la source".

DR

DR

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article