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Publié par Saoudi Abdelaziz

"La manif de la fac centrale" semble être en passe de devenir un des lieux les plus courus de la bonne société médiatico-démocratique algéroise.

La place Audin sera-t-elle un haut lieu de rayonnement antisystème ou un repoussoir adroitement utilisé par les situationnistes du système. En toile de fond, la priorité n'est-elle pas d'éloigner la dangereuse plèbe algéroise -qui n'aime pas se mêler aux bourges- de la tentation d'enfreindre l'interdiction de se regrouper sur les lieux publics de la capitale? L'interdiction  en vigueur depuis 22 ans est strictement appliquée contre les regroupements du mouvement social.

Place Audin, les manifestants ont été par contre traités avec ménagement. Repérés "par reconnaissance faciale", ils sont interpellés et maintenus poliment en garde à vue quelques heures avant d’être relâchés progressivement. "En début d’après-midi,  ils sont tous relâchés", rapporte Salsabil Chelalli  ce matin dans El Watan-week end. Un rituel huilée semble se mettre en place, avec quelques dizaines de d'acteurs dans chaque camp: très peu d'étudiants dans la manif, mais sans doute une supériorité numérique côté flics. Au Café presse de Maghreb Emergent, les analyses volaient haut hier sur le signification du spectacle de la place Audin, où se joue un enjeu considérable : "Une rupture générationnelle où les 20-40 ans s’insurgent et ne comptent pas se laisser faire comme les 50-60 ans qui ont subi la tutelle des aînés sans marquer l’histoire, sans faire l’histoire ?"  

Le jeu de rôle se paufine : quelques embarquements musclé mais aucune trace de blessure exhibée dans les médias sociaux. Journaliste vedette et écrivain, Mustapha Benfodil d'El Watan affirme bien avoir été "frappé au visage" par un policier dans un fourgon, mais le coup semble avoir été asséné avec prudence: aucune photo probante n'a été exhibée jusqu'ici sur Youtube. Benfodil, membre quinquagéraire du groupe Barakat, n'est pas le seul journaliste-acteur embarqué au commissariat, selon Maghreb Emergent  qui cite d'autres confrères également interpellés "dont Hmida Layachi, le directeur du quotidien Algérie News, et Hacen Ouali, journaliste du quotidien El Watan".

Quelle est la proportion des travailleurs médiatiques dans cette "société civile" de "rupture générationnelle" représentée place Audin?

Il faut sans doute s'attendre à ce que la manifestation de la fac centrale devienne un des lieux les plus courus de la bonne société démocratique et laïque algéroise. Hmida Layachi, le directeur du quotidien francophone bcbg-branché, Algérie News, a donné le ton hier en ramenant ses deux filles à la manif. Le chef de la direction général de la sureté, le général Abdelghani Hamel, cité par l'agence APS donne des assurances: «Aucune violence n’a été exercée contre les personnes interpellées. Tous ont eu droit, avant d’être relâchés, à un examen médical et à l’utilisation du téléphone, selon les dispositions prévues dans le code de procédure pénale".

Membre de Barakat le groupe initiateur des manifs, Sidali Kouidri Filali, "fonctionnaire et blogueur"  confirme les assurances policées du général dans une interview à El Watan:  "Quand nous avons été embarqués par la police, samedi 1er mars, lors de la manifestation devant la Fac centrale, nous avons été surpris par l’accueil dans les commissariats. Tous les policiers, quelle que soit leur fonction, sont venus nous voir pour nous féliciter".

S. A., 7 mars 2014

Abdelghani Hamel, chef de la police. photo New Press

Abdelghani Hamel, chef de la police. photo New Press

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