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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Ivan du Roy, 25 mars 2014

C’est une alliance inédite à gauche : écologistes et Parti de gauche sont en passe de ravir la ville de Grenoble au Parti socialiste. Dans plusieurs autres municipalités, des listes communes au Front de gauche et à Europe écologie - Les Verts réalisent des performances très correctes, malgré l’envolée de l’abstention. Une stratégie que souhaitent renforcer les deux formations lors des élections régionales de 2015. De quoi offrir une alternative crédible à la politique menée par le PS et peut-être remobiliser un électorat de gauche désenchanté. A moins que les logiques d’appareils ne l’emportent.

 

Des scores à deux chiffres, dans quasiment toutes les villes où elles se sont présentées. De Rennes à Nîmes, en passant par Grenoble, « elles », ce sont les 89 listes d’une alliance inédite entre Europe écologie - Les Verts (EELV) avec une ou plusieurs composantes du Front de gauche. Une alliance qui, au-delà des réalités locales, pourrait, au vu de ses scores, relancer une nouvelle dynamique à gauche. Et réconcilier préoccupations écologiques, alternatives économiques et émancipation sociale, à l’heure où le gouvernement socialiste semble leur avoir tourné le dos (...).

Une stratégie d’union qui semble payer. « Tout seul, EELV fait moins de 10 %. Et plus de 15 % quand ils sont avec nous », fait valoir Martine Billard, co-présidente du PG. Grenoble incarne le nouvel exemple à suivre : c’est « la preuve que notre nouvelle alliance est une promesse d’avenir », dont le succès « démontre qu’une majorité alternative est possible à court terme », se réjouit Eric Coquerel, secrétaire national du PG. Reste à transformer des dynamiques locales en stratégie nationale (...)

« Il va falloir arrêter de louvoyer et ne plus accompagner la politique libérale productiviste du gouvernement », prévient Elise Lowy, pour qui la bonne tenue des listes EELV renforce la stratégie d’autonomie face au PS. Tout en envoyant un message à la jeune formation de Jean-Luc Mélenchon, dont le partenaire privilégié demeure, pour l’instant, le Parti communiste : « Sur des sujets fondateurs de ce qui incarne un autre modèle, comme la transition énergétique et la sortie du nucléaire, le PCF reste un obstacle, même s’il évolue et que l’on se retrouve sur des politiques ambitieuses pour l’éducation ou la santé », estime Elise Lowy.

Ce qui n’a pas empêché communistes, écologistes et Parti de gauche de réussir, ensemble, à préserver plusieurs municipalités. A Dieppe (32 000 habitants, Seine-Maritime), après avoir menacé de présenter une liste autonome davantage ancrée dans l’écologie, EELV et le PG se sont finalement ralliés au maire communiste sortant Sébastien Jumel. Résultat : 45 %, malgré la présence d’une liste rassemblant socialistes et centristes. Scénario similaire à Chevilly-Larue (18 500 habitants, Val-de-Marne), où cette autre gauche résiste tranquillement aux assauts du PS (47,5 % contre 25 %).

Cette dynamique se poursuivra-t-elle après les municipales ? Pour les élections européennes, les divergences sur l’Europe sont encore trop fortes. « Mais nous regardons ensemble les élections régionales », glisse Martine Billard. Elles auront lieu en 2015. « Pour les régionales, c’est envisageable », confirme Elise Lowy. Elle propose d’ici là de mettre en place un « comité de liaison » national, pour que les écologistes et l’autre gauche, y compris au sein du PS, puissent porter une parole commune. Les appareils politiques respectifs laisseront-ils faire ?

Texte intégral : http://www.bastamag.net/Elections-3932

Photo : Wikimedia Common

Photo : Wikimedia Common

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