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Publié par Saoudi Abdelaziz

En Tunisie, depuis la Révolution, la tendance semble être de prendre à bras le corps les sujets sensibles, jusqu'ici mis sous le boisseau, comme le racisme anti-black. Au Maroc et en Algérie, les mouvements de population venant de l'Afrique subsaharienne semblent jouer un rôle de révélateur, mais le débat public peine à s'engager.

La "marche pour l'égalité et contre le racisme" lancée le 18 mars en Tunisie s'achève aujourd'hui (voir photo). Cette marche, de Djerba à Tunis en passant par Gabes et Sfax, demande que la lutte pour la dignité inclut le combat contre la marginalisation et la discrimination à l'encontre des Tunisiens noirs. 

Combien sont-ils? L’Institut National des Statistiques estime à 10% le pourcentage de tunisiens noirs, tandis qu'une association donne le chiffre de 15%. "Après trois siècles d’abolition de l’esclavage, le racisme n’a pas disparu de notre société.Cet immense « tabou » pour la plupart des tunisiens, continue à faire des victimes, parfois dans l’indifférence la plus totale. Les violences ont toujours existées, sauf qu’elles peinent à être médiatisées même après la révolution, la faute à une absence de responsabilité quasi-collective." Sous le titre "Déni de racisme ou banalisation", Yassine Bellamine fait aujourd'hui le point sur ce "sujet tabou" dans Nawaat.org

Au Maroc, les médias se font l'écho des luttes des Noirs étrangers subsahariens, qui refusent de plus en plus les discriminations et parfois les bavures policières mortelles.

En Algérie, les médias évitent le sujet. El Guellil qui essaie de capter notre vie anonyme dans le Quotidien d'Oran écrivait en octobre dernier une chronique désenchantée: "Rappelles-toi, lors des événements d'octobre 1961, combien d'Algériens ont été jetés dans la Seine. Si ce n'était pas du racisme ça c'est que moi je suis fou. Khelliiik, sahbi, ils sont en train de défendre leur pays contre l'invasion étrangère, répond son ami. On n'a pas à dire s'ils sont racistes ou pas. Ils n'ont pas été au Kosovo pour expulser cette famille. A ces mots, le feu rouge oblige les deux compagnons à s'arrêter. Trois jeunes filles s'approchent du chauffeur tendant la main pour demander une pièce, dans un arabe approximatif. "Allah ijib klaouna ces Subsahariens, c'est à se demander ce qu'attend le gouvernement pour les renvoyer chez eux".

 

photo nawaat.org

photo nawaat.org

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