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Publié par Saoudi Abdelaziz

P"Est-il trop tard pour en finir avec le grand ratage national?" s'interroge ce matin Sadek Hadjerès, l'ancien secrétaire général du Pags, dans le Quotidien d'Oran qui republie son importante contribution de juillet 2008 où il analyse les ratages de l'Armée national populaire depuis l'indépendance*.

Hadjerès évoque le contexte actuel qui rend utile cette relecture: "Alors que la crise atteint un niveau dangereux, des voix ont abordé le rôle incontournable de l’armée nationale, susceptible selon eux d’influer sur les événements pour le meilleur ou pour le pire en corrélation avec l’ensemble des acteurs sociaux et politiques." Comme contribution à l'éclairage du débat sur le rôle de l'ANP, Hadjerès met aussi en ligne la récente déclaration publiée par Mouloud Hamrouche,"homme politique qui aborde la situation avec la hauteur de vue du réformateur courageux et du serviteur intègre de l’Etat qu’il a été".

Pour l'ancien secrétaire général du Pags "le mouvement social algérien, organisé ou non, est par nature acquis à un projet salvateur de consensus national en vue d’une transition démocratique au système actuel devenu obsolète et dangereux". Il définit la clé de cette transition: "Face à l’aveuglement des sphères bureaucratiques et des super-nantis sur le dos de la nation, l’Algérie a besoin d’une chose simple et irrépressible : le recul substantiel de la hogra dans toutes ses dimensions. Autrement dit, besoin de combattre l’utilisation illégitime de la violence armée, de l’argent sale et des préjugés diviseurs. De condamner dans les faits les trois mamelles du malheur algérien : l’autoritarisme, la corruption et les intolérances à caractère identitaire et idéologique. Des actes et non des paroles. S’arrêter d’invoquer les dates historiques du 1er novembre et du 24 février, mais décider et agir dans l’esprit rassembleur, démocratique et social de ces repères gravés dans la mémoire nationale !" 

 

*La conclusion de l'article de Hadjerès de juillet 2008

"Après ces considérations d’ensemble, je voudrais revenir sur mon propos initial. Il concerne, à propos de la transition manquée de 1990-1991, qualifiée de "grand dérapage" par un ouvrage de Abed Charef, la corrélation qui s’est établie entre l’activité de certains services liés formellement à l’ANP et des éléments de l’exécutif du PAGS, quand ce parti se trouvait encore au milieu du gué entre la clandestinité et une légalisation à peine amorcée, sans qu’ait pu être fait encore le bilan réel des enseignements des 25 années de lutte précédentes.
Le bilan des enseignements politiques et organiques avait même été délibérément sacrifié au soi-disant profit d’une situation d’urgence, alors que ces enseignements auraient au contraire mieux éclairé l’analyse des dangers nationaux et internationaux apparus.
L’épisode est doublement instructif. D’une part, quant aux mécanismes pervers qu’a permis la confusion entre services de renseignement et l’ensemble de l’institution militaire, et surtout les pratiques, abusives dans un Etat de droit, de services qui au-delà du renseignement nécessaire à toute instance étatique, s’arrogent des prérogatives incontrôlées d’intervention politique ainsi que de répression policière directe et indirecte.
D’autre part, l’épisode est terriblement révélateur des dégâts qui surviennent quand les faiblesses politico- idéologiques, latentes puis exacerbées par la conjoncture, font jonction avec les manipulations qui les exploitent au nom de situations d’urgence, donnant prétexte à la perte d’autonomie de jugement et d’initiative des organisations et mouvements.

Le PAGS en a payé le premier les frais, parce que, comme le PCA, interdit dès novembre 1962, il fut jugé à bon escient comme un obstacle potentiel de taille aux orientations prédatrices et de liquidation de l’ensemble des acquis algériens précédents.

Dans les deux cas, la politique avouée de maintien du mouvement social « dans un cocon de chrysalide » n’avait pas frappé qu’un segment de ce mouvement mais tout ce qui était prometteur, progressiste et unitaire dans la nation. Les années suivantes l’ont confirmé, y compris à ceux qui avaient cru que la « neutralisation » du PAGS allait leur ouvrir un meilleur espace partisan.

L’enseignement valait et continue à valoir pour toute la « classe politique » algérienne, pour tout notre peuple, ses organisations et ses instances étatiques en quête d’avenir."

(Lire le dossier publié ce matin sur Social Algérie http://www.socialgerie.net/spip.php?article1380)

 

Réactions après le "retrait" de Mouloud Hamrouche

 

K. Selim, Le Quotidien d'Oran. "Dans le contexte actuel, l'appel à la sagesse et à la prise en compte primordiale de l'intérêt supérieur de la nation - une et indivisible - de la part d'un homme expérimenté, qui connaît intimement le système, doit être appréhendé à sa juste valeur. Même si cela peut produire l'impression trompeuse d'en appeler «naïvement» à une raison qui semble avoir totalement déserté les différents compartiments du régime. Mais ce que l'on peut regretter, en définitive, c'est la rareté de voix crédibles et authentiques susceptibles d'appuyer, de relayer et de participer à un urgent effort de pédagogie politique".

Fayçal Métaoui d'El Watan écrit sur Twitter : « Hamrouche apparait donc comme le prochain candidat de la transition politique post-Bouteflika 4 pour faire sortir le pays de "l'impasse" ».

Azzeddine Bensouiah, Liberté: "Mouloud Hamrouche, en disant tout cela, se met au-dessus de la mêlée, se préservant, peut-être, pour une autre destinée, au cas où les choses tourneraient mal et que la recherche d’une solution consensuelle viendrait à l’esprit des décideurs".

Kamal Daoud. "Hamrouche a tort de placer sa théorie avant l'éthique de l'homme politique et sa responsabilité devant l'histoire. Sa candidature, même vouée à l'échec face à l'armée des douze singes, aurait pu cristalliser notre élan, faire la pédagogie de l'alternative et nous aider à construire autre chose, pour plus tard. Rien cependant. C'est un homme qui démissionne avant d'être engagé. C'est un homme qui trahit. C'est violent et cru de dire ainsi, mais en ce moment même de notre histoire, les politesses et le respect cèdent devant l'urgence. On avait besoin d'un homme, nous n'avons encore que ses théories. Il est lucide, mais l'histoire de notre pays est faite des rêves des meilleurs, pas de leur lucidité. Il aurait pu dire oui. Pour donner son nom à un élan, pas seulement à une théorie".

 

DR-Sadek Hadjerès avec Hocine Aït Ahmed

DR-Sadek Hadjerès avec Hocine Aït Ahmed

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