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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Ce matin, les résultats des élections municipales en France et en Turquie sont incontournables.

En France, une courte analyse pourrait suffire. Celle de Paul Jorion commente sobrement la défaite de Hollande : "Non, une combinaison d’immobilisme et de mise en application des rêves les plus fous d’un syndicat patronal, n’équivaut pas à une politique : ce n’en est que la caricature. Et ceci serait vrai même pour un gouvernement qui s’affirmerait lui sans ambiguïté comme étant de droite". Le remaniement annoncé? "Non, le remaniement ministériel n’est pas le nec plus ultra de la remise en question d’une caricature de politique lorsque celle-ci est, comme c’était à prévoir – et avait d’ailleurs été prévu, en rade, deux roues dans le fossé".

Crève-cœur. Deux "bastions rouges", où il fait bon vivre pour les familles d'émigrés, ont basculé à droite: Bobigny, chef lieu de la Seine-Saint-Denis, gérée par des élus communistes depuis 1919 et, dans le Val-de-Marne, Villejuif, "rouge" depuis 1925. Ce scrutin municipal ayant jugé l'austérité version parti socialiste, les communistes, qui ne sont pourtant pas au gouvernement, ont-ils payé le prix de leur politique locale d'alliance privilégiée  avec le parti au pouvoir, imposée par l'influent -mais coupé de la base- "appareil des élus", qui gère le choix des alliances?

 

En Turquie, "Erdogan et l'AKP renforcé par les municipales" titre Le Monde. Le correspondant rapportant l'adage turc "Qui remporte Istanbul conquiert la Turquie", annonce la victoire de l'AKP à Istanbul, "principal enjeu local de ces municipales". Mais c'est surtout par le score national que se mesure cette victoire pour Recep Tayyip Erdogan qui avait donné à ces municipales des allures de référendum".

La veille du vote, l'écrivain Nedim Gürsel, un des penseurs du "désir laïque d'Europe", publiait une tribune dans le même journal intitulée "En Turquie, le cauchemar Erdogan". Il concluait de manière prémonitoire : " J'appartiens à une génération dont certains se reconnaissaient, à tort bien sûr, dans le slogan : « Elections pièges à cons ! » Je pense aujourd'hui que, sans élections libres, il n'y a pas de démocratie, mais prétendre que les urnes peuvent tenir lieu de justice, c'est prendre les électeurs pour des cons. Et j'espère qu'en Turquie il y a encore un électorat digne de ce nom, qui saura dire non à une telle duperie et mettra fin à ce cauchemar".

Le taux de participation était en hausse hier, en Turquie. De deux choses l'une : ou ce sont les Turcs qui sont cons en plus grand nombre, ou c'est M. Gürsen. 

Dessin de Chimulus lors des élections municipales françaises de 2008.

Dessin de Chimulus lors des élections municipales françaises de 2008.

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