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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un programme de licenciement massif est poursuivi méthodiquement par ArcellorMittal après la pseudo "nationalisation" de 2013 qui a laissé les plein pouvoirs à la multinationale, avec en prime des centaines de millions de dollars algériens. Hier, l'activité était dorénavant paralysée dans toutes les unités de production du complexe de Annaba. Le syndicat UGTA d'entreprise semble approuver après coup la grève déclenché dans les ateliers. Daoud Kechichi son secrétaire général en dévoile la cause profonde. 

Le syndicaliste donne les chiffres :  «Rien qu'en 2013, le complexe a enregistré une perte de 500 emplois. Et si on fait le bilan de la période allant de 2009 jusqu'à 2014, les pertes dans ce domaine se chiffrent à 7.600 emploi". ArcellorMittal a-t-il eu l'aval de l'actionnaire public majoritaire pour poursuive cette compression d'effectifs? C'est la question principale. Le fameux "pacte de stabilité" parrainé par les représentants de l'Etat a été présenté une " garantie des droits des salariés. Il a été "vendu" par la centrale syndicale UGTA et sa sa fédération de la métallurgie, poussant le syndicat de l'entreprise à "faire confiance". Ce pacte inconsistant s'avère un paravent utilisé par l'employeur pour poursuivre l'hémorragie. Daoud Kechichi révèle que par l'intermédiaire de  sa DRH, la multinationale veut ramener "l'effectif global au sein du complexe à 2.800 salariés!"

Les ouvriers eux n'ont plus confiance, ils veulent stopper ce processus. Leurs  revendications immédiates: virer le DRH, mettre un terme à la surexploitation par abus des heures supplémentaires, stopper les licenciements abusifs, appliquer le nouvel organigramme.

 Le secrétaire général du syndicat d'entreprise confie à Abdelkrim Zerzouri, le correspondant du quotidien d'Oran, quasiment le seul journal à informer sur la grève: "Nous avons l'impression de vivre sous l'emprise d'une maffia qui semble avoir des appuis très solides. J'irai plus loin en qualifiant cela d'occupation ou colonisation. Car, le partenaire étranger continue à faire à sa tête, exploite les travailleurs dans des conditions pas trop loin de la servitude et prête peu ou aucune considération pour les nouvelles règles de partenariat fixées à 49/51, avec une majorité détenue par l'Etat».

 

En mai 2013, nous attirions l'attention sur cette pseudo-nationalisation qui ressemble à un marché de dupes.

 

 

Renationalisée El Hadjar reste dirigé par Lakchmi Mittal

Par Saoudi Abdelaziz, 28 mai 2013

Maghreb Emergent a obtenu une copie de « l’accord sur une feuille de route pour la réhabilitation du complexe sidérurgique de Annaba»: 51% des actifs sont désormais détenus par l'Etat algérien (46% des actifs au groupe SIDER et 5% des au Fonds national d'investissement) et 49% par le groupe ArcelorMittal. La Banque extérieure d'Algérie (BEA) apporte 700 millions de dollars au plan de développement du complexe. « Dans le cadre d'une utilisation économique des énormes fonds oisifs des institutions bancaires »,commente le journal.

Tout en annonçant que « La renationalisation du complexe est acquise », Maghreb Emergent précise que cette renationalisation ne remet pas en cause « le management d'ArcelorMittal ». La multinationale garde toujours les rênes. On va juste introduire« quelques aménagements » : le conseil d'administration sera présidé par un Algérien qui sera associé au choix des cadres dirigeants du complexe.

ArcelorMittal a-t-il obtenu le feu-vert pour les compressions d’effectifs qu’il projetait ? La réorganisation des modes de productions aura lieu sans licenciements assure, sans engagement ferme,  la « feuille de route » : «L'accroissement durable des capacités permettra une utilisation efficace du capital humain et n'engendre aucun départ forcé, au contraire un maintien et recrutement des effectifs pour permettre au complexe d'avoir une gestion performante de son capital humain». L’accord promet un «droit de regard des travailleurs sur les actes de gestion de la société »,en application de la loi 90 -11 sur les relations de travail. Arcelor-Mittal avait certes en face de lui des négociateurs algériens aguerris. Mais, les 51% ne peuvent pas garantir l’intérêt national. Le compromis pour être fécond doit être adossé à volonté nationale autonome de développement de nos capacités industrielles ?

Pour l’instant nous avons un compromis à forte charge médiatique consenti à un pouvoir indécis et instable, par un Lakshmi Mittal, en mal de liquidités. Qu'est-ce l'intérêt national algérien qui anime Lakchmi Mittal?  On offre au rusé Marwaride de puiser dans « nos énormes fonds oisifs ». Peut-on croire qu’il ne compte pas, en échange de concessions de forme, continuer à utiliser l'aubaine algérienne pour sa stratégie internationale branchée sur d'autres priorités? Dans Qu'est-ce qui fait courir Lakchmi Mittal nous reprenions le portrait que l'ethnologue Philippe Lukacs trace de ce milliardaire indien assez particulier, plus cupide que la moyenne. Sa conclusion: "Le bien commun, le respect des contrats n'est en aucune façon dans leur dharma. Pour information, la famille Tata, qui est à la tête du groupe homonyme, fait partie de la communauté des Parsi, qui ont d'autres codes de conduite, et la gouvernance de leurs entreprises est donc toute autre." 

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