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Publié par Saoudi Abdelaziz

Comment peut-on caractériser la situation actuelle ? Récits de quelques éditorialistes qui analysent la "crise" et point de vue du blogueur

Quels sont les origines de la crise au sommet? "A deux mois de l'élection présidentielle, la charge anti-DRS aussi inattendue que «radicale» d'Amar Saadani a été la manifestation «clinique» de l'exacerbation de cette crise" affirme K. Selim l'éditorialiste du Quotidien d'Oran. Dans le même quotidien, Kharoubi Habib propose un autre récit: "L'effet déclencheur" de cette crise au sommet " n'a pas été la charge lancée par Amar Saadani contre le DRS et son patron le général Mediene, mais la révélation intervenue bien avant faisant état de la restructuration de ce service décidée par le chef de l'Etat en sa qualité de chef suprême des armées et ministre de la Défense".

K. Selim conclut : "La crise cela veut dire le «moment ou jamais». Cette "opportunité", un autre membre du courant réformateur, Abed Charef la partage. Selon lui, l'appel de Mouloud Hamrouche "invite ceux qui ont le sort du pays entre leurs mains, c'est-à-dire le commandement de l'armée, à se concerter, à discuter, pour arriver à un nouveau compromis, en vue d'élaborer un nouveau consensus national".

Le patron de presse Omar Belhouchet, qui renoue solennement avec sa très ancienne fonction d'éditorialiste, donne aux décideurs militaires la clé de la sortie de crise:" Bouteflika apparaît comme l'un des principaux facteurs d'instabilité du pays". Rien de nouveau, car c'est la revendication de son journal depuis deux ans. Décryptant avec son assurance habituelle les "messages" contenus dans la déclaration de Hamrouche, Mohamed Benchicou écrit dans TSA: " Le deuxième message découle de source : le candidat de l’armée, même non déclaré, eh bien, c’est lui, Mouloud Hamrouche, lui dont il nous est arrivé d’écrire, ici, qu’il reste le meilleur atout des décideurs".

Et si, contrairement aux vœux de Benchicou, l'ANP avait une autre ordre du jour? Et si elle refusait de se conformer aux échéances de "factions" qui l'invitent à trancher dans le vif et à jouer les décideurs? Et si elle voulait en finir avec cette fiction du rôle de "décideurs" assigné aux officiers de l'ANP, alors que ce rôle se limite à faire avaliser par la hiérarchie les choix concoctés dans des cénacles obscurs pour mettre d'accord les oligarchies claniques?

Et si pour l'ANP les temps étaient venus, au diapason de la maturité citoyenne grandissante de la société, d'abandonner ce rôle qui lui a été assigné par les stratégies se revendiquant de l'héritage boussoufiste ?

Et si l'ANP était en train d'affirmer sa "verticalité stabilisatrice" propre? Non pas gardienne de consensus occultes entre groupe d'intérêts, ou force supplétive pour la fabrication de majorités électorales, mais facteur de cohésion institutionnelle au service d'un projet national.

Et si l'ANP avait choisi de se délester des tâches de basse police dont la fonction est de brider la créativité du peuple dans toutes ses composantes?

S. A., 20 février 2014

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