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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Dans un contexte de libération de la parole, favorisée par la crise au sommet, l'échéance présidentielle semble déjà susciter la levée des tabous politiques, à l'abri desquels se poursuit, jusqu'ici, l'exclusion du peuple algérien de l'exercice de sa souveraineté.

 

Par exemple, le tabou interdisant d'évoquer publiquement l'emprise des services secrets sur l'Etat algérien est déjà tombé. L'affaire est entrée dans le domaine public, malgré l'intense mobilisation médiatique d'arrière-garde pour noyer le poisson.

Ce matin, grâce à un candidat outsider à l'élection présidentielle, nous disposons d'un début de révélation sur un autre tabou protecteur, tout aussi aussi décisif : les mécanismes par lesquels les oligarchies-qui aspirent aujourd'hui à la direction ouverte du pays- avaient utilisé leurs points d'appui pour pomper frauduleusement les crédits dans les banques publiques.

Nous apprenons comment a été mise en échec la tentative du président Boudiaf de mettre fin à l'utilisation des banques publiques pour transferer massivement des fonds vers le privé. Ce transfert amorcé sous Chadli s'accélérera pendant la décennie noire, après l'assassinat de Mohamed Boudiaf. Ministre du budget du défunt président, Ali Benouari lève, dans le Temps d'Algérie, le voile sur un épisode de cette main mise de la "mafia politico-financière" sur les finances publiques.

C'était en 1991, l'Algérie asphyxiée financièrement avait besoin de crédits étrangers. Un consortium de banques américaines, mené par la Chase Investment Bank, s'était vigoureusement opposé, par le chantage, à la tentative du gouvernement de l'époque d'instaurer le contrôle de l'IGF, l'Inspection générale des finances, sur octroi suspects de crédits massifs par les banques publiques algériennes, dont les PDG ont été de ce fait limogés par le gouvernement Ghozali. Ce chantage étranger, qui sera relayé par la banque japonaise Mitsuibisti Tayo Kome Bank, comportait l'exigence de la réintégration de ces PDG...

Le dénouement, Ali Benouari le résume :"L'Algérie avait besoin de 1,5 milliard de dollars. C'est ainsi que l'Algérie a été obligée de céder au chantage. Ghozali m'a informé que conformément à la volonté de cette mafia locale, il est contraint de mettre fin à mes fonctions en tant que ministre du Budget".

 

Saïd Sadi lance "l'appel du 25 février"

Historiquement, c'est souvent dans des situations d'impasse que se révèle et s'affirme un leaderschip a du se dire Saïd Sadi qui affirme son refus de rejoindre la "meute" des pleureuses du 4ème mandat.

Par parenthèses, notons que ce n'est pas M. Sadi qui fera tomber les tabous du système. En effet, il esquive par une pirouette (en substance dit-il Toufik et Bouteflika c'est kif kif)  le débat gênant sur le rôle du DRS, dont il a été longtemps proche.

Said Sadi veut donc intervenir comme le thérapeute des secteurs de l'establishment politico-médiatique, qui se sentent lachés par les "décideurs" et ont perdu la boussole de l'officier traitant. Le politicien roublard leur offre un raccourci de sortie de crise. Pauvre mât de fortune pour médiatiques  affolés, cette solution miracle concrétise l'idée de son vieux compère Ali Yahia Abdenour. On doit organiser une "transition". Cela consiste à réunir un "collège de personnalités indépendantes", sans doute des anciens ayant passé l'âge d'aspirer au pouvoir. Ce collège de gens respectables sera chargé d'élaborer "un cahier des charges auquel doivent souscrire tous les compétiteurs.» En attendant, il faut "disqualifier" les prochaines élections. Comment? Les avis sont partagés dans la "camp démocrate". Ce matin, Maâmar Farah choisit l'abstention dans Le Soir d'Algérie, de préférence au vote blanc préconisé par la MDS. Il explique : "Un vote blanc massif serait une première et grande victoire pour le régime qui exhibera les scores de participation comme le signe de son triomphe sur les indécis et, pourquoi pas, les «ennemis» du pays!"

 

Le blogueur reste dubitatif

Pour l'instant, le blogueur, qui a sa carte d'électeur à jour sans l'avoir vraiment utilisé jusqu'ici, ne sait pas encore quoi faire le 17 avril. D'ici là, de toute façon, il y aura du grain à moudre pour contribuer, par delà la consigne de vote, à ce que l'Algérie avance dans la bonne direction. Une manière de participer.

L'honnêteté du scrutin? Il faudra sans doute attendre un peu pour être fixé sur les possibilités de faire progresser significativement la transparence. En ayant en vue que cela dépend de l'intervention des électeurs eux-même. Des secteurs politiques importants se se sont pas encore prononcés. Les candidats? J'ignore quasiment tout des intentions et programmes politiques réels concrets des uns et des autres, en dehors de généralités très honorables. De plus, la liste n'est pas encore bouclée. On attend le résultat de l'examen de conscience de l'homme au cigare. De son côté, Ali Benflis a publié sa déclaration de patrimoine et vient de déclarer "Je ne vais pas me retirer" en confiant à  Hamida Ayachi dans Algerie-News: «Je ne suis pas surpris de la déclaration de candidature de Bouteflika". Il estime que le 17 avril est "un rendez-vous qui intéresse les Algériens et l’avenir de l’Algérie». Comme dans ses précédentes déclarations, jusqu'ici, il n'y a pas de quoi fouetter un chat...

S. A., 26 février 2014

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