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Publié par Saoudi Abdelaziz

Kateb Yacine. 2 août 1929-28 octobre 1989.

Kateb Yacine. 2 août 1929-28 octobre 1989.

En avril 2013, le Feuilleton du printemps littéraire sur El Watan a porté sur la création dramaturgique de Kateb Yacine. On sait que les pièces de théâtre du poète font désormais partie du patrimoine universel. Sans oser la formuler ainsi, la question du feuilleton c’est : « Les a-t-il écrit lui-même».  Témoignages, contre témoignage, mises aux point, commentaires de lecteurs. Watan a-t-il réussi son « coup » médiatique ? Zohra Djazouli la philologue qui fut très proche du poète et de son œuvre, résume son opinion : « Ce ne sont que « watanneries » sonnantes et trébuchantes »

Première mise en ligne  19 avril 2013

 

Nous rappelons ici d’autres épreuves racontées par lui, avec « un citron entre les dents » lancé à la face de La Muse vénale 

Par Zohra Djazouli, 18 avril 2013

 « Je fus mangé par le cœur, puis par la tête, cuit dans le vin, et enfumé pour être servi plus tard, délicieusement refroidi, dans les herbes sacrées, à des divinités qui venaient de fort loin. (…)

        L’œuvre en fragments page 226,

  

Extrait de Un long rêve et un coq rôti

 «  Mais son absence lui nuit / Car les autres poètes / Veulent lui voler sa peau / Sous prétexte de l’avoir perdu de vue »

[publié le 1er février 1965 dans Les Cahiers de l’Orient, Beyrouth. Kateb a 36 ans, l’Algérie entame la 3èmeannée de son indépendance

*  *  *

Mais… 

Y a-t-il un ‘cas’’ K.Naï..?

_ Quelle est sa Profession ?

_ Heu… Marchand de confusion.

_ C’est son affaire d’affairiste, 

_ Et peut-être celle du CRASC :

--- Ho ! Ho !... Les Conteurs sont à zéro

Et ne volent que sur Tapis chargés d’euros…

Par contre, il ne faut prendre les Enfants des Numides , Massyles ou Massaéssyles, pour des <<aveugles-sourds et muets>>, ni pour des mangeurs de lotos –amnésiques et sans la moindre archive depuis  La Guerre de 2000 ans, ni pour des << Yaouled : Ciré, M’sieur>>, ni pour des Zouaves :  « Pan, pan ! L’arbi ! Les chacals sont par ici ! » [chanson militaire à la française, XIXème siècle], ni pour des porteurs d’encens…

Aussi bien, prendre la parole pour éberluer un journaliste (peut-être de bonne foi ‘(J)’ et déblatérer sur la genèse de Mohammed, prends ta valise (son autre titre étant Le Pain amer, amèrement gagné en terre de France – bleu marine…), c’est s’embourber dans un lamentable, un ignoble mensonge : Gare à la Crue populaire, Mr Kaen (sans h bien sûr, ni accent compliqué ou complexe)

 

Reste le plus grave :

Vous êtes surtout obnubilé (et vous n’êtes pas le premier à souffrir  de cette méchante ‘’fièvre’’, depuis l’Automne 1989, année de la mort de Kateb) par le besoin de le ‘’salir’’…

 

__ Dans ce cas précis, vous crèverez à la tâche. Vous vous briserez les jarrets à l’aide de votre propre canne, et éventuellement celle –plus expérimenté ! du CRASC… 

 

Piètre et misérable entreprise d’entrepreneur en déroute, distillée au compte-gouttes et parfumée au laurier-rose… Nous en laissons la responsabilité aux Chiens du Douar*

       [*pièce inspirée au jeune Kateb, lecteur infatigable et « nomade dans le sang » du Temps et de l’Espace ],  lesquels chiens furent surpris en plein sommeil par d’autres Chiens assis sur leur natte, comme s’ils avaient oublié qu’autrefois ils avaient été Don Quichotte & Sancho Pança, assis comme des Gardiens de Nuit, et immortalisés par Cervantès dans l’une de ses Nouvelles exemplaires, la plus exemplaire de toutes :

 

« «    Le COLLOQUE DES CHIENS

       

Nouvelle et colloque  qui eut lieu entre Scipion et Berganza ,

        Chiens de l’hôpital

        De la résurrection,

   Qui est en la cité de Valladolid,

        Hors la porte du campo,

             Lesquels chiens

       Sont communément appelés

           « Chiens de Mahudes » 

     

 

Ouah ! Ouah !... Nous aboyons semaine après semaine, à longueur de colonnes et de portraits (3 photos en Une, sans oublier la couleur des ré-vé-la-tions !!!  La photo de Kateb a par contraste été bien choisie [Photos ; D.R.] : visage pâle et fatigué de Sioux et Keblouti…) Certains aboiements deviennent répétitifs, comme s’il fallait atteindre les tympans coûte que coûte : nous, les Chiens, nous aboyons (telle est notre nature et notre condition de Chiens), mais La Caravane est sourde… Intolérable, car en matière d’aboiement(s), nous sommes les rois du Coffre et du coffre-fort planqué, (<<Oua-tannerie>> oblige !) dans de hideux sacs noirs qui sentent le laurier-rose –{Noms vernaculaires (8 !) : Defla, ilili, elal, thalilit, alidji, anidj, anini, ariri. // En 1808, durant la campagne d’Espagne sous Bonaparte, des soldats moururent après avoir fait rôtir des agneaux sur des broches de laurier-rose lors d’un bivouac. (…) Certains de ces soldats étaient alors dirigés par un troupier nommé Bugeaud. Et ce Bugeaud fut miraculeusement épargné, peu-être parce qu’il était occupé à terminer une Lettre*  à sa sœur, après le siège de Lerida, en Catalogne : -« un bon journaliste doit être en mesure de retrouver cette Lettre dans l’Œuvre de Charles-André Julien » }

 

Donc,… << Mais Où Est Donc Or Ni Car ?>>--- Re-devenons sérieux ! Cqr (c’est notre destin !), à Alger, nous sommes sérieux, pas comme à Paris – la ville la moins gaie du monde, disait l’Ami M’hamed Issiakhem dont la Charge d’humour noir étincelait même sous le soleil le plus noir, qu’il faisait parler à ses moments. Il voulait –sincèrement et smplement dire ; -« Nous sommes différents. Quant à nos Intentions, elles ont toujours été majestueuse, plus de deux millénaires le prouvent.

 

__ Kateb Yacine a-t-il besoin de <<thuriféraires>>* depuis le 1er novembre 1989, date de son enterrement ? -* Quel mot savant (tiré d’un latin pur et dur, puis d’un français à bout touchant, à la Molière, enfin d’une francophonie (aux mille piques et poignards brandis par les sempiternels Bourgeois sans culotte aujourd’hui nostalgiques d’un roi-soleil qui les aiderait à  régenter le Monde -Quart et Tiers, car l’art de vivre à la française n’a pas d’équivalent, ni au Brésil, ni en Russie, ni en Inde, ni en Chine, ni chez les Papous ni au Maccu Pitchu,  etc…. )

 

Kateb avait-il besoin de porteurs ou porteuses d’encensoir ?

 ABSOLUMENT PAS.

Son Oeuvre/Vie est à jamais incrustée dans l’âme et dans la Force de son peuple. Elle a pour nom Nedjma, l’Algérie pour laquelle il s’est coupé en quatre –{ Lakhdar/ Rachid/ Mourad Mustapha et tous leurs Sosies, ceux du combat immémorial}, son pays pour lequel il s’est sacrifié et battu jusqu’à son dernier souffle. Que voulait-il pour son pays « trop beau et trop grand pour qu’on le laisse être lui-même » ? Toute son Œuvre de Forçat de la vérité et de la mémoire est arc-boutée sur l’Histoire la plus profonde, la plus <<oubliée>>, la plus lointaine de son peuple, au moins sur 2000 ans…

 C’est en cela que Kateb // Oeuvre et Vie fait peur, à partir de sa tombe…

 A qui fait-il peur ? Et pourquoi ?...

 

Il fait peur à l’homme de peu, à l’hypocrite, au menteur, bref à celui (ou celle) qui dispose d’une panoplie de masques pour maquiller la réalité de  ses intentions.

 

Donc, la solution pour ses ennemis est toute trouvée : <<glosailler>> à sa place pour bon nombre de <<Thésards>> - perroquets ; ou bien –carrément- le diffamer au compte-gouttes auprès d’une jeunesse algérienne, née l’année de sa mort, et avide environ un quart de siècle après, de s’emparer de son Œuvre poétique, théâtrale, militante et journalistique.

 

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Nous le répétons avec force : que voulait Kateb pour son pays ?

Très exactement ce à quoi aspirait son peuple. Et cette aspiration à être, à se réaliser sans usurpation, d’où qu’elle vienne, aspiration  bouleversée et « perdu.u.u.ue »  on la découvre en lisant :

 

« Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les Berbères** une seconde nature : leur empressement à s’acquérir des qualités louables, la noblesse d’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités, patience dans l’adversité ,  fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les  défauts d’autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement a soulager les infortunés, industrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l’oppression, valeur déployée  contre les empires qui les menaçaient, victoires remportées  sur les princes de la terre, dévouement à la cause de Dieu et de sa religion, ; voilà, pour les Berbères, une foule de titres à une haute illustration , titres hérités de leurs pères et dont l’exposition , mise par écrit, aurait pu servir d’exemple aux nations a venir .

Que l’on se rappelle seulement les belles qualités qui les portèrent au faîte de la gloire et les élevèrent jusqu’aux hauteurs de la domination, de sorte que le pays entier leur fut soumis et que leurs ordres rencontrèrent partout une prompte obéissance » » [Ibn Khaldoun, HISTOIRE DES BERBERES]  »

 

       

** Kateb Yacine lève les malentendus qui existent et perdurent  autour de ce mot de << berbère >> et de son origine : il s’en explique à plusieurs reprises dans Le Poète comme un boxeur (voir pages 101 à 120).

 

Cet Algérien et Keblouti nommé Kateb Yacine (comme d’autres poètes et penseurs en leur temps) dérange trop de <<beau monde>> LQue faire alors pour qu’il se tienne tranquille dans sa tombe ? Que faire et ne pas faire pour que la liberté d’être et de penser ne soit plus qu’une infernale amputation ?  

 

La Solution est la suivante :

Son Œuvre/Vie doit être bâillonnée. N’importe quel imposteur a le droit de parler à sa place. Pas lui…

Puisqu’il ne sait pas parler : -« Tais-toi et descends de cette Tribune ! », lui disait-on quelques mois avant sa mort…

Donc ses Ennemis de tout poil ( leur poil préféré étant celui de l’orang-outan, « …ressemble à l’homme par le corps plus qu’il ne ressemble aux autres singes ou à aucun autre animal » ), ses ennemis et détracteurs  s’acharnent…

 

Ce ne sont que <<watanneries >> sonnantes et trébuchantes

Ça leur permettra de <<têter les mouches >> Ici ou Ailleurs

Musique : Kateb-le-Rassembleur le savait bien : seule la musique peut un tant soit peu et en de rares moments adoucir les mœurs de l’orang-Otan. Fort de cette certitude lancée à la face des Chiens du Douar planétaire, il rêvait à la libre liberté des peuples, à leur paix tranquille et juste, il ne rêvait pas en écrivant ces vers :

_     « J’ai la douceur du peuple au fond du crâne »

- « J’ai la douceur effrayante des pauvres au fond du crâne. »

 

A part ça, il aimait particulièrement ce proverbe qu’il rappelle et traduit dans Le Poète comme un boxeur : « Ô toi qui brilles extérieurement ! Combien tu dois être sale qu dedans ! »

Nous rappelons ici d’autres épreuves racontées par lui, avec « un citron entre les dents » lancé à la face de La Muse vénale 

Par Zohra Djazouli, 18 avril 2013

(SUITE ET FIN)

 

C’est ainsi que « ce jeune poète au chant bouleversant soudainement émergé de l’Algérie profonde à l’avant-scène planétaire, a marqué de son « étoile de sang » toute la génération de l’après- Seconde Guerre mondiale. » ( écrit Jacqueline Arnaud**).

        ** voir sur INTERNET l’hommage de Kateb : « Jacqueline, ma sœur », écrit à la mort de celle-ci, début février 1987… Jacqueline Arnaud a consacré sa vie à l’œuvre de Kateb. Elle est l’auteur d’un Doctorat d’état sur son œuvre qu’aucun (ni aucune) Docteur d’état algérien ne fait connaître ou cite comme référence… Magistral, non ?!... Bon nombre de nos Patrons-chercheurs préfèrent –du haut de leur Estrade -déjà vermoulue- o r i e n t e r  les jeunes chercheurs vers la politique du « Coq rôti » à point : exemple : -« Les ruines de Tipaza, situées sur la côte algérienne… »  Au cœur de ces ruines, hurlent à jamais les brûlés vif d’Héliopolis et… avec eux tous les suppliciés de Sétif, Guelma et Kherrata, parce qu’en ce jour de Mai 45, la Seconde guerre mondiale était censée avoir pris Fin, après avoir exterminé environ 65 Millions   d’Hommes ? Femmes ? Enfants ?... Tout au plus un pauvre bétail... Un richissime << m é c h o u i >> pour futur (s) Prix Nobel. Jean Paul SARTRE le refuse. L’Inspecteur Maigret aussi. Celui qui l’arrachera est l’auteur de  La Peste. Au cœur des ruines de Tipaza, Kateb Yacine lui rafraîchit la mémoire,… c’est l’année 1957et le souvenir d’Alger républicain, journal dont Kateb claque la porteà la suite d’un conflit [ ] « Cher compatriote, etc… »

 

Mais revenons à nos moutons :

Comme ils sont beaux, nos « jolis moutons d’Algérie ! »

Stop. Ce matin, - matinée du 12 avril 2913, la tête un peu ‘’alourdie’’ par la soirée de la veille, et aussi l’Hommage rendu à M.S..Mentouri (trop compliqué pour moi), je me remets à re-lire, ligne après ligne, les 23 pages dans lesquelles Kateb résume Sa Vie dans ce qu’elle a eu de plus déterminant dans sa trajectoire d’Algérien. Toute cette re-lecture a été provoquée, et de façon impérieuse, par l’expression que j’avais mémorisée depuis fort longtemps,  relative « aux jolis moutons d’Algérie », expression que je voulais retrouver au fil de ces 23 pages [voir Le poète comme un boxeur, pages 13 à 35, juillet-août 1985, soit 4 années, seize saisons et un peu plus avant sa mort et sa maladie que certains ont qualifiée de « virus maghrébin »… ]

En page 20, il s’explique : « Il fallait que j’aille dans la gueule du loup, là où ça se passe. »

Stop. Arrêt sur souvenir : …   « J’ai amené les premières ébauches de Nedjma au Seuil et je me souviens de la réflexion du lecteur –je ne dirai pas son nom ! : « C’est trop compliqué, ça. En Algérie, vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas des moutons ? » C’est exactement ce qu’il m’a dit, le plus gentiment du monde. Et je leur ramenais toujours le même manuscrit, qui devenait de plus en plus compliqué… Sincèrement, je crois que s’il n’y avait pas eu la guerre d’Algérie, Nedjma n’aurait pas été publié de si tôt. On a commencé à parler des embuscades, France-soir, tout le monde en parlait, finalement, l’Algérie devenait commerciale, même sur le plan littéraire. »

Certes, oui.

De ‘’jolis moutons’’

D’Algérie…

Si jolis

Qu’ils mériteraient

Un visa pour les Îles, au Nord de l’Ecosse

Chez les plus libres de leurs pareils :

Les mouflons  « aux cornes de granit* »

- C’est le peuple le plus central, le plus sauvage et le plus généreux qui soit, nous disait-il, après avoir ramassé –enfin !  Fleur de poussière dans son Couffin : …       « c’est le sens même du combat des Algériens : ils ne sont pas morts pour tuer, ils sont morts pour vivre. »

  

  

Voici, parmi tant d’autres entretiens, celui de Jacques Berque avec Kateb [26 juin 1961,Tunis –Afrique Action ] :

 

     « « J. Berque :   - D’un bout à l’autre du monde méditerranéen, un motif ornemental revient avec une puissance presque obsédante. (l’Alhambra, la Mosquée du Barbier à Kairouan, stuc et boiseries) C’est une sorte de rosace d’un type particulier, ou mieux encore, car la rosace est un ornement concentrique fuyant autour d’un centre, tout au contraire d’un polygone pointant vers l’extérieur des angles offensifs. Le plus souvent il s’agit de la superposition de deux carrés, l’un de biais par rapport à l’autre, ce qui donne huit angles, mais il peut y avoir aussi des figures plus complexes. Ces angles, les architectes arabes les appelaient kunad, peut-être parce qu’ils font penser au sucre candi.(…)

 

-- Intervention de J. Duvigneaud (Joyce, Ulysse, le labyrinthe et le dédale)

 

J.Berque : -«  L’arabesque est elle-même un dédale, c’est la forme arabe du dédale, mais d’un dédale qui mène quelque part.

Kateb Yacine : -« Dans sa forme « impersonnelle et concrète », la Kasbah d’Alger n’est-elle pas un dédale ? C’est cette force usurpée qui se révèle à elle-même et transforme en exil toute tentative d’évasion, c’est cette force en souffrance qui fait agir  les militants à partir du cadre de leur enfance, et souvent pour défendre un réduit sans issue. Ali la Pointe et tous les condamnés à mort sont des enfants du polygone. Ils habitent une mort violente, comme j’écris dans une impasse. Et l’astre obssessionnel  qui hante les prisons, c’est un astre nocturne. Pour le condamné qui marche à la mort, cette nuit blanche qui crépite efface tout, recommence tout, à l’infini. C’est bien la plénitude inextricable du polygone, où le vide intérieur meurt comme un feu de camp : toutes les formes sont abolies. Paix à ses cendres. Mais on peut aussi habiter l’échafaud, sa tête sous le bras. C’est le sort du poète. On chante alors « le soleil noir de la mélancolie », et l’on erre en Orient comme Gérard de Nerval ! On peut aussi, comme Kafka, hanter un château ou arpenter un labyrinthe. On peut encore, comme Michaux, faire voler en éclats cet « espace du dedans » dont les clés sont perdues. Il n’y a plus alors d’Occident ni d’Orient. Le polygone reprend ses droits. Et si les rues de Dublin ont des échos à Alger, c’est que l’artiste créateur n’habite pas, il est habité par un certain vertige étoilé, d’autant plus étoilé qu’on est parti du plus obscur de sa ruelle. » »

 

*  *  *

_ « Nous ne sommes pas des artistes. Nous sommes des travailleurs. Nous travaillons à la tête et au cœur de tout un peuple. » [ 1979 ]

                         Kateb Yacine

_ « Chaque génération doit accomplir, dans une relative opacité, sa tâche. L’accomplir ou la trahir. »

                         Frantz FANON

 

 

       Signé : Groupe du 08 mai 1945.

 

*  *  *

Le samedi suivant,

       Au suivant…

Un de ces Roquets qui se surpassent à « téter les mouches » fait sa réapparition dans le supplément Arts & Lettres d’El Watan du 6 avril 2012.Force est de constater que, en matière de <<ouah-ouah tannerie(s)>>, le Roquet en question (et en Chef L) ne sait plus s’il faut aboyer vers le Nord-Ouest, le Nord tout court, ou bien un certain Est, car il es des moments où tous les aboiements s’entrechoquent, sans empêcher La Caravane de vagabonder vers le Sud, son chemin de croix préféré

Mais revenons à ce roquet qui, à partir d’Ex-en-province, se métamorphose en perroquet rose de la polémique et de la polémologie (science de la Guerre, de la Force et de la Violence à chaque fois que de besoin…)

Pourquoi cette insolite métamorphose ? Peut-être parce que Le Perroquet rose a des révélations  majeures à faire sur le cours de l’histoire et de son inséparable canne, la mémoire, notre seul et pauvre legs commun…

 

Perroquet rose, va !

 

Son portrait d’abord :

 

A   comme « ami de 30 ans » = Mensonge

 

Bio    comme biographe = voleur de peau et d’âme, jusqu’à l’indécence et la diffamation

 

Sso     comme sociologue de l’art (avec deux ss)

 

Phil         comme philosophe de l’art

 

His     comme historien de l’art, l’art de ressasser (en les imitant)  les lieux communs

         –{argument applicables à n’importe quel sujet, fût-il artiste-peintre ou poète d’origine indigène mais révélé à sa vocation grâce à la tragédie de la Grenade, pour Issiakhem, grâce au ‘’grandiose’’ massacre du 8 MAI 45 pour Kateb, et, plus encore, grâce à leur marâtre coloniale, la civilisation française, supérieure entre toutes par son art d’être et de vivre, sa langue ‘’aux mille couteaux’’, sa culture, son siècle des Lumières, sa Prise de La Bastille, bref…   }. Loci argumentorum : « En vain, pour attaquer » leur majestueuse naissance,// De tous les lieux communs vous prenez assistance. » … Déblatérer. Mentir. Malaxer à la hâte beaucoup de Faux d’avec le Vrai, dans le but de diffamer et de réduire les Têtes…

 

Ainsi va le perroquet rose

Englué malgré lui

Dans sa grotesque métempsycose :

L - Un roquet est un roquet, pardi !... « même élevé au milieu des lions. » Et Voltaire ajoute, le 22mai 1752 : « On ne peut guère fermer la gueule à ces roquets –là (la canaille littéraire), parce qu’ils jappent pour gagner un écu. »

 

Un écu dans le bec

Et… le moins guerrier des Arts martiaux

Pour lui boucler La Tronche :

Hors de ma vue, Abioss !...

Point de Tribune ici pour le Perroquet rose !...

ICI et bientôt AILLEURS… 

 

Donc, ça ne prend jamais fin, ces choses-là, car il faut de tout pour faire ou défaire un monde : Abiossophilhis

Ou Abioss (pour faire court).

Abioss est le ‘’jumeau’’ d’ARIAS.

Il faut et il suffit que 36 millions de lotophages se souviennent et repassent leur Leçon, à l’époque De l’historique C.E.P (Certificat d’Etudes Primaire), accompagné du coup de pied à l’Arabo-berbère, ce qui ne l’a pas empêché, en vrai pillard qu’il a toujours été, en son pays même ou déporté ailleurs, de Voler Son Education et de se realiser par soi-meme ou, au mieux, grace a quelque rencontre fortuite…. C’est à cette époque-là [date de publication ; mai 1961 ; réédition dans « Manière de voir n°86, le Maghreb colonial / Avril -Mai 2006  : ] que, discipliné mais vigilant, Kateb publie un texte magistral qui pourrait clouer tranquillement  le bec à bien des perroquets de la Sociologie et de la science humaine en général ;

« « De Jugurtha à Ferhat Abbas : tous les chemins mènent au Maghreb* » ».

              * Texte intégral en fin d’article.

Malheureusement pour nous, Abioss, le ‘’jumeau invétéré’’  d’Arias-qui-est-celui-qui-sait-tout-sur-tout (voir Les Caractères de La Bruyère, un de nos précieux Butins de Guerre) se prend pour un subtil polémiste qui puise ses arguments dans la polémologie à la  grecque : quelle Insulte pout Eschyle, !

Quels sont les Arguments d’Abioss ( adressés non pas au K. Naï.., à qui il fait semblant de répondre) mais à sa vraie Cible : la jeunesse algérienne.  Après bientôt un quart de siècle depuis sa mort, cette jeunesse, nous explique Abioss, a le devoir de remettre Kateb Yacine à Sa vraie Place : Kateb est un poète qui doit procurer de la joie à la jeunesse algérienne, comme il en procure du reste à Abioss qui  avoue que, à la fin des fins, Kateb doit redevenir un poète « qui procure la joie de le lire » et non plus ce qu’on croit qu’il est et qu’il ne doit plus être : un penseur, un pédagogue hors pair, un très Grand Nom de la poésie et du théâtre, un militant et journaliste, comme il se l’était promis dans sa jeunesse, après l’atroce 8 mai 45…

Les arguments d’Abioss pleuvent, il pleut des arguments, et cette pluie para-diluvienne est censée arroser les jeunes cerveaux de la jeunesse algérienne !

Mais Abioss est congénitalement impuissant à comprendre qu’un Keblouti, ça se nourrit dans l’épopée de son aïeul, Cheikh El Keblouti, pas de celle de Charlemagne ou Scipion ou César : courant Octobre 88, il me disait au téléphone ; -« Je viens de découvrir que Vercingétorix et Jugurtha sont morts dans la même prison, connue sous le nom de Fosse du Tullanium » Le premier s’était rendu à Jules C’sar, le second avait été trahi et livré par le roi Bocchus, Roi de l’Ouest de son époque…

  

Arrêt sur mémoire : … comme il y a bientôt 60 ans, aux temps de L’’Algérie en guerre contre le système colonial français (à croire que c’est son destin de Terre – vache à lait depuis l’horrible bataille de Zama [203 av. J-C] ), la critique s’habille de condescendance fort bienveillante paternaliste à souhait, comme si l’Algérie n’avait qu’une chose à faire : subir, subir, subir sa pétrification, à l’image d’Atlas, le portefaix qui ne peut plus contempler le ciel où « grouillent les étoiles ».

L’avenir tranchera :

Abioss n’est qu’un ‘’joyeux’’ mauvais augure qui n’a pas encore compris (et s’escrime à ne pas comprendre) que  Kateb a été et demeure toujours (pour la postérité J !) un Marcheur hors norme dans la mémoire et la vérité de son peuple et de tant de peuples dans le monde –{quel est le ‘’spécialiste’’ qui, à l’occasion d’un Colloque, a pris la peine de préparer une communication sur sa dernière pièce de théâtre : Le Bourgeois sans culotte ou Le Spectre du parc Monceau ?}

 

   Allez ! Allons donc !..

          *** Le troisième samedi (dans le riche, sonnant, trébuchant et <<indépendant>> A&L daté du 13 avril 2013), Acte III et FIN : une double réponse de M.Kali et K. Naï.. à M. Médiène, « le gardien du Temple L » !!!

Mais de duel Temple s’agit-il ?

Aidés de Molière et de Sa Langue, nous n’avons plus qu’à lancer nos deux langues –celle du peuple et celle des Ancêtres- aux Chiens du Douar

 

Mais, ça tombe comme ça tombe. Qu’ils s’appellent Mediène, Kali ou Naïmi, ils ne méritent aucune réponse <<personnalisée>> Pourquoi ?

 

-1)  Parce que Kateb –dans son Œuvre comme dans sa Vie- n’a jamais menti à qui que ce soit. Cependant, il a passé sa jeunesse « à tuer des serpents ». Volonté inébranlable de « clair assassin ». Sauf qu’il est des reptiles de bien des espèces, certains inoffensifs, d’autres prêts à danser sur ordre leur maître : ceux-là sont de l’espèce aliénus intellectualis, jamais en voie de Disparition. On les appelle aussi des ESCOBAR, « une sorte d’hypocrite qui résout adroitement et au mieux de ses intérêts les cas de conscience les plus délicats.>>

- 2) Kateb a laissé plus d’un TESTAMENT. Dont celui-ci que nous rappelons afin que notre jeunesse ne soit pas trompée par les aboiements de trois Chiens de garde qui ne savent plus dans quelle direction aboyer (c’est la preuve qu’ils ne sont sûrs de rien) :

 

« « Le seul tourment du juste à son heure dernière

C’est de voir en mourant la sombre et pâle envie

Distiller sur mon front l’opprobre et l’infamie,

De mourir pour le peuple et d’en être abhorré. » »

 

Quand au trio d’Escobars, ils mourront, eux aussi. Tôt ou très tard… Aussitôt morts, aussitôt dévorés par l’Oubli.

 

Kateb vivra et vit toujours.

        … aucun canon –fût-il idéologique- nr pourra plus désormais l’abattre.

    

Tenez, Mr Escobar ! ça ne vous dit rien, ces petits fragments ?....   « il y avait des déformations, des manières de noyer le poisson… Finalement, j’étais encore dans la  gueule du loup, le lien n’était pas tranché. Et ce n’était pas facile de le trancher, d’ailleurs je ne l’ai toujours pas fait. »  /// 1970 : naissance de l’ACT (Action Culturelle des Travailleurs  « Avec eux, je me suis rendu compte que je pouvais m’exprimer en arabe populaire. Le ggrand tournant. Parce que l’arabe, je le parlais bien sûr, mais enfin je n’étais pas sûr de pouvoir faire une pièce dans cette langue.

Pendant huit mois, on a travaillé ferme et on a fait une pièce, Mohamed, prends ta valise, qui a eu du succès en Algérie, et qu’on a jouée ici, en France, pour les immigrés, chez Renault, dans les entreprises, dans les cités. On a touché 70 000 spectateurs en 5 nois ! Il y a eu des choses formidables. A Nanterre, par exemple, on dansait dans la salle, on donnait le micro, tout le monde voulait le récupérer ! C’était comme si on avait apporté l’Algérie dans une valise

Evidemment, ce succès a fait qu’au Ministère du Travail un nous a donné un budget et, pendant cinq ans environ, nous avons parcouru toute l’Algérie. On a eu jusqu’à  10 000 personnes dans la salle. Il y a eu des moments terribles ; à Sétif, par exemple, à la fin de la représentation, les gens sont restés assis dans un silence total. Ils en voulaient encore. C’était comme un grand coup de tête, comme si on s’était télescopés avec le public, un public vierge ! (…) »

*  *  *

 

Quand deux serpents font mine de se disputailler (dans le plus vague des terrains des A&L en trois ‘’sept’’), le troisième redouble d’audace pour occuper le terrain et le ‘’transformare’’ en Halqa où le pauvre gladiateur est acculé a se mesurer avec le Roi de l’Afrique…

 

      Toute cette mémoire accumulée par Kateb / Homme de théâtre qui rêvait de jouer dans un Stade, toute cette mémoire accumulée doit, au nom d’un supplément titré Arts & Lettres, être balafrée par deux imposteurs de la culture qui en ont assez de ses ‘’couacs’’ et de ses Chants guerriers…

L’imposteur n°1, alias Abioss, prend donc la Relève et fait mine de rappeler à l’autre, l’ex –créateur n° 2 que :

-1°) <<Polémique en scène >> du samedi 30 mars 2013 va trop loin dans la façon de fourbir ses armes et de lancer des flèches empoisonnées : l’animal à abattre n’est pas Kateb Yacine, chers collègues du CRASC ! Mais plutôt l’ancienne troupe de Kateb, contre laquelle K. Naï.., riche de ses 69 ans, est en mesure de guerroyer à l’aide de chants bien plus guerriers que ceux de Kateb « et de ses 60 ans, au jour de son éloignement en 1989>> 

Son éloignement ?!... L’expression en elle-même mérite une ‘’ mise en examen ‘’abiossophilhique’’, car se trahir à l’aide de sa propre plume, c’est comme polémiquer avec sa propre conscience, si toutefois on en traîne une…

 

 

Quant à la mémoire qui ‘’s’estompe ou se fige’’, à la postérité, au legs, et bla, bla,bla,… Le Vautour nommé Ben-le-plein … de-Joie, Abioss pour l’opinion ‘’silencieuse’’ qui n’est dupe de personne et ne lâche rien, il se trouve que Kateb Yacine n’a plus d’âge, ni 60 ans ni vingt ni seize… Il a l’âge de ceux qui sont bien plus vivants que certains spécialistes de l’opprobre et de l’infamie qui ont l’illusion d’être vivants et de donner le LA !!!  

Musique

En hommage

A Hrikès

A sa guitare et à sa voix

… ….

Et…

Pour finir, mais rien ne finira, c’est garanti : 

La conclusion de l’Imposteur en 2 chapitres : … « plutôt que de jeter quelques pelletées de terre sur une tombe , depuis un quart de siècle fermée », apprenez à vous « donner la Joie de le lire, sans être maladif de la gloire. »

 

 

Rires à partir du Cimetière, tout près de la Cascade :

Abioss (avec deux ss) pense avoir donné le LA en matière de polémique et de polémologie : la jeunesse doit se résigner à lire non pas Kateb (presque introuvable) mais ceux qui lui volent sa peau depuis bientôt un quart de siècle ; elle  doit également apprendre à danser de Joie sur Sa Tombe depuis qu’il a rejoint « « les buveurs d’orage et de froid,…

Déjà ils sont en paix dans la secrète demeure

Où tout le temps s’est englouti

 Comme une pierre sans prix et sans mensonge

 Parmi les herbes de l’oubli. » »

… … …

       Abioss est un serpent aussi « déboussolonné » que la Statue de Sidi Ferruch (personne n’a pu empêcher la foule de s’en prendre à ce symbole de l’occupation de leur pays, « trop beau et trop grand pour qu’on le laisse être lui-même. » Nous en avons assez de ces mutants qui ne savent plus où donner de la mue ni où abandonner la vieille peau qui les étouffe. Ruiner l’Algérie (sous prétexte de la guider dans son dynamisme qui s’affirme envers et contre tout) est devenu leur vrai objectif. Briser son élan  est devenu leur profession de foi (puisée dans la mauvaise foi la plus ‘’guerrière’’)

Abioss et ses deux compères

Viennent de commettre une grave erreur

Qui n’a rien à voir

Ni avec la liberté de penser et d’être

Ni avec les Arts & Lettres

Ni avec la mémoire et l’histoire

Ni avec le Passé et le Présent…

 

Re-plonger la jeunesse algériennedans l’amnésie et le chaos culturel et identitaire, l’éloigner de son histoire et de sa mémoire, tel est l’objectif principal de ce reptile (Abioss) qui conseille (on ne sait pourquoi) à un autre reptile, au sujet du serpent nommé ‘’le cas’’  d’économiser la Réserve de poison…

 

Ça me rappelle une belle épigramme. Nous la devons à Candie le Terrible, plus connu sous le nom de Voltaire :

« « L’autre jour, hors la campagne d’Ex-en-province

Un serpent piqua Abioss qui se prenait  pour le nouveau prince

            (De la <<polémos>>, de  l’Estrade et du Fauteuil truffé de raquettes de cactus  –{« Descends de cette Tribune, tu es fatigué »,ordonnait-il à Kateb Yacine, à Oran, face au futur CRASC, comme le confirme la << Photo D.>>, choisie pour illustrer bien à propos << Polémique en scène >> et son infâme réponse datée du 6 avril 2013…)

Que croyez-vous qu’il arriva ?

Ce fut le serpent qui creva. »**

__** Texte original :

     « L’autre jour, au fond d’un vallon

       Un serpent piqua Fréron.

       Que croyez-vous qu’il arriva ?

       Ce fut le serpent qui creva. »

 

Repose en paix incommensurable, Kateb Yacine ! – Ton peuple te vénère, même s’il ne te lit pas !.... Quant à la jeunesse –toujours aussi exigeante et vigilante à l’endroit de ceux qui croient la berner,  elle apprend à te connaître à grands pas. Plus elle l’apprend, plus elle exige que nul ne puisse parler à ta place.

 

Texte additif :

De Jugurtha à Ferhat Abbas, tous les chemins mènent au Maghreb.

           

       (Article paru en mai 1961, réédité dans « Manière de voir n°86, le Maghreb colonial / Avril -Mai 2006 ».

 

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